Le couple juif face à la globalisation et au peuple
Pourquoi le devoir envers le peuple et l'humanité doit guider le mariage et la naissance des enfants.
Rav Binyamin David
Ensuite : pourquoi la famille traverse-t-elle une crise, 16 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom, shalom. Hier nous avons parlé de l'individu, de l'homme dans la société moderne, et des changements de son entendement, de sa manière de réfléchir. Le centre de sa réflexion n'est plus aujourd'hui ses relations avec Dieu, ses relations avec les hommes, ses relations avec l'humanité.
Le centre de sa réflexion, c'est lui-même, son individu. La définition de son plaisir, de son bonheur, d'être heureux, c'est bien sûr la réalisation de ses rêves, la réalisation de son plaisir personnel, que ce soit un plaisir corporel, sentimental ou humain.
À partir du moment où c'est ça le centre de sa réflexion, il prendra des décisions sur sa vie personnelle par rapport à ses sentiments personnels, justement. Il décidera de se marier lorsqu'il sentira qu'il est mûr pour se marier, que c'est le moment où il va réaliser le mieux sa personnalité dans le mariage. Il décidera d'avoir des enfants avec sa femme, où ils décideront ensemble que les deux sont arrivés au moment le plus propice pour réaliser ce rêve d'avoir un enfant, qui est aussi une réalisation d'eux-mêmes.
Il est possible aussi qu'ils décident de ne pas avoir d'enfant, ou d'en avoir un seul. Cela leur suffira pour réaliser leur rêve. Ils décideront peut-être de repousser le mariage dans 10 ans, dans 15 ans, et de rester célibataires, puisque pour l'instant, pour réaliser leurs rêves personnels, leurs plaisirs personnels, ils n'ont pas besoin de se marier. Et donc, ce changement de réflexion de l'individu a une implication directe sur la notion de famille, la notion de couple, la notion de mariage, la notion d'enfant.
Aujourd'hui, j'aimerais discuter d'un autre point de la société moderne, qui a aussi une influence sur notre manière de voir les choses, une influence directe sur la famille: la globalisation, ce qu'on appelle la globalisation de nos jours. Je ne parlerai pas d'une globalisation au point de vue économique, je parlerai d'une globalisation mondiale au niveau de l'entendement humain.
Ça se comprend peut-être: après la Deuxième Guerre mondiale, le mot nationalisme est devenu un mot vulgaire, d'une certaine manière. Les hommes parlent d'une humanité où tous les hommes sont égaux, où tous les hommes sont frères. Et bien sûr, ces notions-là ont leur source dans le judaïsme.
Aujourd'hui, on ne parle plus de pays européens, on parle d'une Europe. Bientôt, les pays européens ne seront peut-être que des confédérations. On parlera d'une Europe globale. L'entendement, la manière de réfléchir de l'Européen va changer. Il ne sera plus Français ou Italien, il sera d'abord Européen, avec un passeport européen, avec une monnaie européenne. Il fera partir d'une partie de l'Europe.
Il en est de même pour certains qui pensent qu'ils font partie du monde. Cette manière de réfléchir a bien sûr une influence directe sur la notion de famille, de couple, parce que l'homme qui va se marier aujourd'hui n'a pas le sentiment qu'il a une obligation par rapport à un peuple, à son peuple, à sa communauté.
Lorsqu'un homme va se marier, il n'a pas le sentiment qu'il est en train de construire quelque chose pour le peuple juif. Il n'est pas obligé de construire quelque chose pour le peuple juif. Il est d'abord, comme je l'ai dit, obligé par rapport à lui-même, à ses besoins personnels. Il ne prend pas comme paramètre, par exemple, le fait que le peuple juif, un petit peuple dans le monde, un tout petit peuple dans le monde après la Shoah, a besoin d'essayer de recréer sa population.
Et l'homme ne prend pas en considération la démographie, par exemple. On voit les choses d'une manière claire: il y a certains pays dans le monde où il y a plus de personnes qui meurent que de personnes qui naissent. Il y a un vieillissement de la population, comme par exemple en Allemagne, en Italie, dans les pays nordiques. Personne n'a essayé de faire une campagne en décidant de dire aux gens: faites des enfants, ayez des enfants. Pourquoi ? Parce que le peuple en a besoin, parce que le pays en a besoin, parce que c'est un besoin national. Non.
Les gens considèrent encore une fois que le fait d'avoir des enfants ou le fait de se marier, c'est une considération personnelle. S'il y a besoin d'avoir des gens dans notre pays, on amènera des travailleurs immigrés, on amènera d'autres populations, on ouvrira nos portes à des ingénieurs qui viennent d'autres pays du monde, on fera venir des gens du monde entier. Mais on n'a pas le sentiment, au point de vue national, au point de vue du peuple, qui a un besoin personnel de donner, je dirais, d'une certaine manière, de faire un effort personnel pour pouvoir repeupler son peuple.
Cette différence d'entendement de l'homme par rapport à sa relation avec son peuple a bien sûr une relation directe avec le fait de décider à quel âge il va se marier, combien d'enfants il va avoir, etc. Et comme je l'ai dit hier, la différence entre cette manière de réfléchir et la manière dont doit réfléchir un juif, selon ma manière de voir les choses, c'est ce qu'on a vu hier avec le Ramchal. L'homme juif, quand il se lève le matin, avant de se poser la question « quels sont mes droits au point de vue personnel », doit d'abord poser la question « quels sont mes devoirs par rapport à mon prochain, par rapport à ma famille, par rapport à mon peuple, par rapport à l'humanité ». Cela passe bien sûr par la famille, le peuple et l'humanité.
Ça ne s'arrête pas simplement à: quels sont mes devoirs par rapport à mes copains, parce que si je fais du bien à mes amis, j'aurai du bien en retour ? C'est-à-dire, encore une fois, une manière de voir les choses qui consiste à se dire: je fais du bien aux autres, en fin de compte, pour me faire du bien à moi-même. Non. Là, on parle d'un bien, je dirais, d'un altruisme: on fait du bien parce que c'est d'abord du bien, et pour le peuple juif, pour l'humanité entière.
Et pour ce que HaKadosh Baroukh Hou a décidé de créer dans ce monde: HaKadosh Baroukh Hou a décidé de créer un monde, et il nous a demandé de peupler le monde, c'est ce que nous dit le prophète. Comme il est écrit dans les premiers versets du Sefer Béréchit: « Perourvou, oumilouataretvekivchoua », « Multipliez-vous, croissez et remplissez la terre, et il faut la conquérir ». On ne parle pas simplement de la terre d'Israël, on parle du globe terrestre entier.
C'est un besoin, c'est un Soikha Joukhou qui attend de l'homme. Et un homme, une famille juive, un couple juif qui décide d'avoir des enfants, ils ne décident pas simplement d'avoir des enfants pour eux-mêmes, bien sûr, mais d'abord pour le peuple juif. Et le peuple juif existe pour l'humanité entière.
On voit très bien cette notion dans l'histoire du Sefer Chemouel, qui parle de Chana, une femme malheureuse parce qu'elle n'avait pas d'enfant. Elle prie dans le Beit Hamikdash, dans le Mishkan de l'époque, pour avoir un enfant, et elle promet que, lorsqu'elle l'aura, …
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