pourquoi la famille traverse-t-elle une crise
Divorce, célibat et individualisme moderne : le cours part de la crise du couple et de ses causes.
Rav Binyamin David
Ensuite : La rencontre entre un homme et une femme : hasard ou destin, 46 min
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Chalom aleikhem. Nous allons commencer une série de cours sur le sujet de la famille dans le judaïsme. On va parler de la famille, du couple, de l'éducation des enfants et de l'intimité dans le couple. La première question à laquelle on doit répondre est: est-ce qu'il y a vraiment besoin de donner des cours sur ce sujet ?
C'est un sujet qui a l'air tout à fait banal. La famille, le couple, le fait de se marier, cela paraît une chose tout à fait naturelle. Même les animaux se rencontrent et forment un couple. Il paraît donc bizarre de donner un cours de Torah sur ce sujet, puisque le fait de se marier n'est pas quelque chose de spécifique au peuple juif, au judaïsme. Cela paraît être quelque chose de tout à fait naturel, dont on n'a pas besoin d'étudier ni de parler, de la même manière qu'on n'a pas besoin de donner un cours sur l'importance de respirer, de boire ou de manger.
Pourtant, il est clair pour nous que le fait qu'un homme et une femme se rencontrent est tout à fait différent du fait qu'un chien et une chienne se rencontrent et décident de vivre leur vie ensemble. On ne parle pas simplement d'un processus biologique, mais d'un processus beaucoup plus profond que la rencontre de deux êtres biologiques.
De plus, si on doit étudier aujourd'hui ce sujet, le sujet de la famille et du couple, c'est parce qu'en fin de compte, personne ne l'a jamais étudié nulle part. À l'école, on apprend plein de sujets très intéressants: qu'un homme doit être intelligent, connaître la médecine, la biologie, les mathématiques, l'anglais, l'histoire, etc. Il n'existe pour l'instant aucune école où l'on apprend à être un bon père et un bon mari, une bonne mère et une bonne femme, une bonne épouse. Il y a donc un besoin d'étudier le sujet et d'y réfléchir.
Si l'on regarde bien, dans la société dans laquelle on vit, la famille et le couple sont en crise. On le voit très bien à travers deux phénomènes.
Le premier, malheureusement très douloureux, est le divorce. Aujourd'hui, dans les sociétés occidentales, on parle d'un tiers des couples qui divorcent. Pour certaines sociétés, on parle de la moitié des couples. À tel point que certains décident qu'il est peut-être préférable de ne pas se marier, puisque d'une autre manière, on devra divorcer à la fin.
Un deuxième phénomène montre qu'il y a une crise dans ce domaine: le célibat. Des gens décident de ne pas se marier, non pas parce qu'ils ont peur de divorcer, mais parce qu'ils ne voient aucune utilité à se marier. Au contraire, ils considèrent que c'est quelque chose de tout à fait inutile, puisque cela les bloquerait dans leur liberté personnelle. Ils décident donc de rester célibataires, peut-être d'avoir un enfant tout seuls, comme le dit la chanson, de se faire un enfant toute seule.
Ce phénomène s'étend de plus en plus, et malheureusement, ces deux phénomènes s'étendent aussi de plus en plus dans la société dite religieuse, que ce soit en Israël ou dans le monde entier, chez les juifs qui sont aussi religieux. Jusqu'à présent, c'était quelque chose d'assez rare dans notre société. Il va falloir réfléchir à la raison de ce changement et à ce qu'on peut faire pour éviter d'arriver dans ces situations, qui sont bien sûr difficiles.
J'aimerais d'abord ouvrir sur le fait que ces phénomènes, dans la société moderne, sont dus à un changement au niveau de la pensée de l'homme. Je vais m'expliquer.
Dans la société moderne occidentale, l'homme, l'individu, est au centre de la pensée des hommes, au centre de leur manière de réfléchir. Cela a tout à fait changé dans la philosophie également, par rapport à ce qu'il y avait au Moyen Âge, qu'on considère en général comme une époque noire et douteuse. Pour nous, c'est une époque extraordinaire pour l'expansion du judaïsme. On y trouve les plus grands rabbins, le Rambam, Rachi et tous nos rabbanim.
Lorsqu'on lit la philosophie de ces livres, on voit que l'homme n'est pas au centre de la réflexion, mais HaKadosh Baroukh Hou, Dieu, et aussi le monde. Dans les livres de philosophie de cette époque, du Moyen Âge et encore avant, dans le Talmud, les questions posées sont: pourquoi HaKadosh Baroukh Hou a-t-il créé le monde ? Quelles sont les relations entre HaKadosh Baroukh Hou et les hommes ? Comment fonctionne la providence divine ? Y a-t-il une providence divine individuelle ou collective ? Quelles sont les relations entre l'homme et HaKadosh Baroukh Hou ? Quelle obligation l'homme doit-il remplir envers Dieu ?
On parle ensuite de l'homme par rapport à l'humanité. Quelles sont les relations entre l'individu et sa famille, entre l'individu et son peuple, entre le peuple et l'humanité ? Voilà les questions qui se posaient à l'époque, et qui se posent encore aujourd'hui. L'homme y réfléchissait du matin au soir.
Avec le réveil de la société moderne, de nouvelles questions sont apparues tout d'un coup. Qui suis-je, moi, l'homme ? Quels sont mes droits, et non plus mes devoirs ? On parle maintenant des droits de l'homme, des droits de la famille, des droits de chacun. L'homme se demande: qu'est-ce que le bonheur personnel ? Comment est-ce qu'un homme se réalise ? Comment arrive-t-il au bonheur ultime ?
Dans ce monde, l'homme pose des questions sur lui-même. Jusqu'à présent, il posait des questions sur l'humanité, sur HaKadosh Baroukh Hou, sur sa famille, sur son peuple. Maintenant, l'homme fait une introspection, il se regarde à l'intérieur et se pose des questions sur lui-même. Les réponses données sont elles-mêmes tournées vers soi. L'homme répond que le bonheur, c'est réaliser ce que je veux, moi. Quel est mon but ? Mon but est que, personnellement, j'arrive à réaliser mes rêves. Mon but est de faire ce qui me plaît, et ce sera cela, le bonheur. C'est-à-dire le plaisir par rapport au personnel, pas simplement un plaisir corporel, pas simplement matériel. Cela peut être aussi un plaisir spirituel, mais c'est d'abord un plaisir.
À partir du moment où l'homme est au centre, toutes les autres choses, tous les autres phénomènes qui existent dans la société sont là pour le servir. Si je me marie, c'est parce que j'ai un besoin personnel: je me sens seul, j'ai besoin de ne plus être seul. Alors je me marie. J'ai besoin de m'occuper des autres pour sentir que j'ai un but dans la vie. Alors j'amène des enfants au monde. Un ou deux, cela suffit pour avoir le sentiment extraordinaire de faire du bien. Je ne fais pas du bien parce qu'il faut faire du bien. Je fais du bien parce que je ressens le besoin.
Cela fait aussi partie du bien que l'homme fait par rapport aux réalisations divines. Le chien et le chat, c'est aussi une réalisation de Dieu.
Mais si, au bout d'un moment, je me sens malheureux par rapport à mes plaisirs personnels, mes devoirs personnels, mes ambitions personnelles, je pourrais dire au revoir à ma femme et à mes enfants, et décider de me créer une autre vie.
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