Les rêves selon la Torah, et Hanouka
Rav Aviner distingue les rêves prophétiques des rêves vains, puis explique pourquoi Hanouka tient à la victoire militaire.
Rav Shlomo Aviner
Ensuite : Paracha Mikets (30/11/10), 1 h 10
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous et bienvenue sur Haroud Smeyer, pour de nouveau cette émission sur la paracha. Shalom à Rav Chlomo Aviner. Shalom. Alors cette semaine, paracha Miketz et bonne fête de Hanouka, Rav Aviner, bonne fête de Hanouka à tous nos auditeurs. Et Miketz, on commence: elle est célèbre pour les rêves, l'homme des rêves, Yosef. Alors, quelle importance donner aux rêves ? C'est la question qu'on se pose toujours.
— Vous avez raison. Il y a des rêves de valeur, comme les rêves de Pharaon, plus tard, et les rêves de Yosef, qui s'avèrent être des rêves vrais. Et il y a parfois des rêves qui sont de pures élucubrations, sans aucune signification. Nos sages ont déjà dit: il y a un rêve qui est le fait d'un malach, d'un ange, et il y a le rêve qui est le fait d'un shed, un démon.
Évidemment, il faut démystifier ce terme de démon. Un démon, cela veut dire, d'après le Rav Kook, un ébranlement de l'imagination. Une imagination faussée et maladive. Alors parfois, c'est une étincelle de vérité qui apparaît dans le rêve, et parfois, ce sont de simples promenades bizarres de l'imagination, sans aucune signification.
— D'accord. Mais par rapport à ce qu'on a étudié quand on était jeune, Freud: y a-t-il une différence avec l'interprétation des rêves de Freud selon la Torah ?
— En effet, Freud prétend que dans les rêves apparaît le subconscient. Le subconscient qui est parfois coincé, qui n'apparaît pas, et surtout les pulsions basses de l'Id, de l'instinct du mal, ce que nous appelons...
...qui sont coincées à cause de la conduite morale de l'être humain, et, dans le rêve, elles apparaissent. C'est donc la clé d'or du subconscient. Mais Freud n'a pas lu la Torah.
— Non, malheureusement. Mais Maïmonide, dans le Guide des égarés, nous dit: c'est vrai, cela peut être une ouverture sur le subconscient, mais dans le subconscient, il n'y a pas seulement l'instinct du mal.
Il y a aussi l'instinct du bien. Et nous avons une âme divine. Et cette âme divine, nous n'arrivons pas, au jour le jour, à lui donner une possibilité d'éclairer. C'est pourquoi elle apparaît dans le rêve. Ce n'est donc pas le Id qui apparaît dans le rêve, mais ce qu'on appelle le surmoi, le moi supérieur, qui apparaît dans le rêve. Par exemple, Yaakov Avinou.
— Et alors, où est la prophétie dans ce rêve ? À quel moment peut-on dire qu'un rêve est prophétique ?
— Et qu'elles le font rêver. C'est ça, le problème. Surtout que les décisionnaires de ces dernières générations ont dit que nos rêves, en général, à presque 100 %, sont le résultat de nos pensées pendant la journée. Pendant la journée, nous sommes bombardés de tellement d'événements que nos rêves n'y font rien. Cela veut dire, en hébreu: « elle m'arrive la dame et la miroiré les beaux ».
On ne montre en rêve à la personne humaine que les pensées qui l'ont importunée pendant la journée. Le Talmud nous raconte que l'empereur de Rome a dit à un sage: on dit que vous êtes intelligents, vous, les Juifs. Alors, de quoi vais-je rêver cette nuit ?
Et bien, vous allez rêver que vous êtes en guerre contre le roi des Perses. Vous êtes fait prisonnier et vous faites travailler à une meule en or. Alors il a pensé à ça toute la journée, évidemment il en a rêvé, et le matin il lui a dit: vous êtes quelqu'un de très intelligent. Or, jadis, la vie était tranquille, on vivait dans un petit village où il ne se passait rien, et si tout à coup vous rêvez de quelque chose d'extraordinaire, il y a quelque chose derrière.
Mais de nos jours, on écoute la radio, la télévision, l'internet, tellement de choses nous accablent, alors on en rêve. C'est pourquoi disent les sages de ces cent dernières années: les rêves, cela ne veut plus rien dire.
— Autrement dit, si vous rêvez, vous devez...
— Qu'est-ce qu'il faut faire, justement ? Il faut aller voir un Talmud, Hachem. Alors, savoir si c'est un vrai rêve ou une élucubration, cela dépend de son contenu. Autrement dit...
Si vous rêvez que vous devez vous marier avec... Non, vous êtes déjà mariés, ce sont des bêtises. Si vous rêvez que vous avez trouvé un trésor dans votre pot à fleurs... Ça, c'est possible. Non, vraisemblablement non. Mais si vous rêvez que vous étudiez la Torah, qu'il faut vous perfectionner en droiture et en vertu, ça, c'est un bon rêve. Le rêve doit être jugé par son contenu.
— D'accord, mais...
— On dit que les rêves du matin, du matin de bonheur, ou les rêves du matin de Chabbat, sont plus importants.
— Vous avez raison. Cela, comme nous l'avons dit, c'était jadis, lorsqu'on avait une vie tranquille. Je vais me permettre de vous raconter une histoire à propos d'un homme, en Russie, qui traversait avec son fiacre le fleuve glacé, et tout à coup...
...la glace craquait. Il s'engouffrait dans les flots et mourait étouffé. Il s'est réveillé le matin à moitié fou. Il a couru chez Rabbi Haïm de Volojin, le célèbre disciple du Gaon de Vilna, qui lui a dit: « Hakhalomot, Chavier d'Ameron. Les rêves n'ont aucune signification. Vous pouvez partir. » Alors il n'est quand même pas parti, il a eu peur.
Et la nuit suivante, il a fait encore une fois le même rêve. Alors, cette fois, il a couru chez son maître, complètement désorganisé mentalement. Son maître lui a dit: les rêves, cela ne veut rien dire. *Ha-halomot lo..., partez. Il a pris sa voiture à chevaux, il est parti, il a traversé le fleuve glacé, la glace a craqué, il a sombré dans les flots, il est mort étouffé.
Et sa famille est venue chez Rabbi Haïm de Volojin avec une protestation terrible. Il leur a répondu: aucun rapport avec le rêve, cela arrive souvent, c'est pourquoi il en a rêvé, aucun rapport. Si maintenant quelqu'un venait avec le même rêve, je lui dirais: partez. Donc il ne faut pas, de nos jours, trop nous préoccuper, nous formaliser et nous scandaliser des rêves.
Mais dans le Talmud, il y a trois solutions. La solution la plus difficile, c'est Taanit halom, le jeûne du rêve: jeûner et faire techouva. Deuxième solution, Hatavat halom, la bonification du rêve en face de trois personnes. Vous rassemblez trois personnes, trois amis, trois parents, et vous dites le texte, qui a beaucoup de sidourim: « J'ai rêvé un rêve. » Et vous n'avez pas besoin de le raconter, de préciser quel était le rêve. Et ils vous répondent: tout sera pour le meilleur. Il y a également des paroles qu'on peut prononcer pendant Birkat Kohanim, la bénédiction sacerdotale. En résumé, il ne faut pas être préoccupé. Si on est préoccupé, faites Hatavat halom, en face de trois amis, ou si c'est une femme, trois amis, eux.
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