Sortir de la confusion mentale selon la pensée juive
Le bilboul, le kafakela, et comment les crises deviennent des étapes de croissance intérieure.
Dr. Michael Aboulafia
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, on va continuer l'étude de la pensée pour mieux se comprendre. Le but, c'est de mieux se comprendre, donc de progresser. On va essayer de comprendre comment on sort de la confusion, la confusion mentale. Quand on est confus, quand on est mevoulbal, on dit en hébreu. C'est quoi le bilboul ? Le bilboul, c'est la situation dans laquelle tu ne sais pas quoi choisir. Tu ne sais pas si tu vas à droite, si tu restes à la yechiva, si tu vas travailler, si tu vas te marier avec Géraldine, avec Chava, ou je ne sais pas qui.
Tu hésites, tu hésites beaucoup. Cette hésitation-là, les Chakhamim l'ont appelée Kafakela. Kafakela, c'est d'abord une description très, très dure de la personne après la mort, mais ce n'est pas ça, le Kafakela pour nous ici.
Kafakela, c'est dans la vie même. Des fois, tu es dans le Kafakela, c'est-à-dire que tu es dans cette espèce de dimension de la vie dans laquelle tu as l'impression d'être ballotté à droite et à gauche, et tu ne sais pas quoi faire. Tu vas jusqu'au bout de la position à droite, tu as l'impression que c'est une catastrophe, tu te dis: je vais aller à gauche, ça a l'air pareil, tu ne sais pas quoi faire. Tu te dis: je vais aller vivre à Tel Aviv, et tu te dis: non, non, je vais aller vivre à Jérusalem; après tu dis: non, non, je vais aller vivre là, je vais aller vivre là. Tu es complètement tiraillé, et tu ne sais pas quoi choisir.
Ce que nous devons comprendre, ken, c'est que toute obscurité vient nous éclairer d'une certaine lumière. C'est-à-dire que quand tu rencontres un problème dans ta vie, c'est ce qui va t'aider à progresser et à voir plus profondément, ken, les profondeurs de ton âme. C'est parce que tu dois te voir de l'intérieur, plus profondément, que parfois tu chutes. En hébreu, il n'y a pas un mot qui parle de chute et qui ne vienne pas te raconter une histoire de surmontement, de devenir plus fort.
Par exemple, le mot majber, qui est la crise. En hébreu, ça veut dire accouchement. Quand la femme est sur le majber, on dit: c'est un accouchement. C'est-à-dire que quand tu es en crise, tu vas accoucher de quelque chose, tu vas faire sortir quelque chose de toi-même. La nisayon, l'épreuve, en hébreu, vient du mot nes. Nes, c'est le miracle, c'est au-dessus du naturel. Le mot kishalon, l'échec: il n'y a pas de kishalon. Pourquoi ? Parce que le kishalon, l'échec en hébreu, vient du mot lehitchalel. Lehitchalel, en hébreu, veut dire que tu vas te construire. Il y a le mot qui veut dire chuter, la pile, d'accord ? L'épaule, la pile. En hébreu, ça veut dire la file, ça vient te donner un dynamisme.
Comment dit David HaMelekh ? Kinafaltikamti. Parce que je suis tombé, je me suis redressé. C'est seulement une étape vers le rétablissement. Et même plus que ça: la cause de la chute, c'est de pouvoir te relever. Donc, d'abord, tu n'as pas peur. Tu n'as plus peur. Et tu comprends que le monde a été créé de cette façon-là: Béréchit bara Elokim et hachamayim véet haaretz. Au début, Hachem a créé le ciel et la terre. Et tout commence par une crise: véhaaretz haïta tohou vavohou, vé'hochekh 'al penei tehom.
Les Chakhamim disent qu'il y a eu ici quatre crises, quatre galouyot. Tohou, bohou, 'hochekh, tehom. Il y en a eu quatre. C'est-à-dire que la Torah aurait pu commencer par le premier mois, le deuxième: Hachodech hazé lakhem, par les mitsvot. Elle a décidé de nous raconter des histoires de kfira, des histoires d'Ismaël, d'Essav, de vanarami, et de…
Ah, c'est quoi, ça ? On pensait étudier la Torah, et on étudie un livre avec plein de mauvais, de mal. Mais en fait, la Torah veut nous dire quelque chose ici, bien sûr. Tohou, tohou vient de chémamon. Tohou, tu as l'impression que tu es dans le désert, tu es dans la destruction. Bohou, Reqanout, c'est le vide.
Ce sont des dimensions comme ça de la néfèch, dans lesquelles tu es. Par exemple, quelqu'un qui perd un proche parent est dans une période où il passe par tohou et vavohou. Dans ces étapes-là, tu vas essayer de voir plus de l'intérieur, de comprendre les choses plus de l'intérieur, en vérité, et de comprendre que la véritable vision de la réalité est une vision du paradoxe, dans laquelle tu vois une chose et son contraire. Reqanout, c'est le vide, pardon.
Cette dimension-là, la personne qui s'assoit pendant sept jours parce qu'elle a perdu un proche parent, lo lehanhig, c'est une personne qui va apprendre à voir les choses de façon plus complexe. En fait, elle va grandir. Pourquoi va-t-elle grandir ? Parce qu'elle va apprendre, par exemple, à intérioriser les midot, les dimensions morales de la personne qui est partie. Parce qu'elle va apprendre à se débrouiller sans cette personne-là. Elle va apprendre à vivre avec ce manque-là.
De façon générale, quand on apprend à vivre avec un manque, on est plus grand que quand on apprend à vivre sans manque. Le premier s'appelle un enfant gâté. Le deuxième s'appelle un enfant mûr. Le bébé, au début, quand il reçoit un biberon, il est content. Après, il pleure parce qu'il n'a pas de biberon, il a faim. Et la mère dit: « Attends ! Qu'est-ce que tu m'ennuies là ? Qu'est-ce que tu m'embêtes ? J'arrive. » Et quand elle dit « j'arrive », le bébé va créer des dimensions intérieures qui sont, en fait, quoi ? La possibilité de dessiner le biberon en lui. Et petit à petit, il va être capable de supporter le manque.
La capacité de supporter le manque vient du fait que tu rencontres le manque. Tu vis ce manque. Maintenant, qu'est-ce que tu fais quand tu es dans cette étape-là ? Dans ces étapes-là, tu vas voir un conseiller, quelqu'un qui va t'aider. Tu dis: je ne sais pas quoi choisir, je ne sais pas quoi faire, je suis déboussolé, je suis embêté. Qu'est-ce que fait le yo'etz ? On dit: mi-ma'amakim qeratikha Hachem. L'homme crie vers Dieu quand il est dans les profondeurs, d'accord ? Min hametsar qeratikha Ya: quand je suis dans le metsar. Metsar, c'est comme Mitsraïm, comme l'Égypte. Metsar, c'est Enge en yiddish.
Quand tu sens que tu ne sais pas ce qui va se passer, alors tu dis: Min hametsar qeratikha Ya, tu appelles: Ya, anani bamerhav Ya. D'abord, tu es dans le metsar, tu vas voir le yo'etz. Tu es dans le tsar, tu es dans les trois dimensions de la pensée. Le yo'etz va t'apprendre à élargir la pensée. C'est ça, le travail du yo'etz. Le yo'etz, c'est le conseiller, pardon. Oui.
Ça peut être aussi un manque d'information. En général, l'état que je décris, le Kafakela, est une étape où la personne est déchirée, elle est hors d'elle, comme quelqu'un qui vient de perdre un …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Cours de psychologie juive : s'aimer, le père et la mère intérieurs, la joie, la confusion.
- 4
Le travail sur soi à partir de Lekh LekhaComment découvrir sa propre volonté, préserver le plaisir de vivre et relier la réalité à la Torah. - 5
La joie, sortir de l'enfoncement par le rireLe rire comme force : comment la joie fait sortir du cercle fermé de la tristesse et monter vers l'espoir. - 6
Le père et la mère intérieurs selon le Rav AboulafiaComment construire en soi le père et la mère, puis les relier à l'émouna. - 7
La violence émotionnelle selon la psychologie juiveComment reconnaître la violence muette des mots et des regards, et la réparer par la parole et la techouva. - 8
Sortir de la confusion mentale selon la pensée juiveLe bilboul, le kafakela, et comment les crises deviennent des étapes de croissance intérieure.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav