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La violence émotionnelle selon la psychologie juive

Comment reconnaître la violence muette des mots et des regards, et la réparer par la parole et la techouva.

41 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Sortir de la confusion mentale selon la pensée juive, 30 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, on va parler de la violence morale. Je ne connais pas le mot en français: rikshit. Violence émotionnelle, en tout cas. Je connais le mot « émotionnel », mais je ne sais pas si on dit ça en français.

C'est une violence dans laquelle on ne parle pas à quelqu'un pendant trois jours. On est froid. On le regarde avec un regard qui fait mal. On lui donne le dos. On lui dit « Passe-moi le sel ». Elle dit: « Mais pourquoi tu es en colère ? » Je lui dis: « Mais pourquoi je t'ai demandé le sel ? Je suis en colère. » C'est une façon de faire passer l'amertume, mais de façon cachée.

Des fois, on repousse l'autre. On l'isole. Des fois, on le repousse, des fois on l'isole, des fois on affalade terror. On est terroriste, des fois, vis-à-vis de l'autre. On lui donne un sentiment d'être un sacrifice, un korban, d'être quelqu'un de mauvais. On lui renvoie des énergies négatives.

Et sans se rendre compte, parce que c'est sans violence, sans donner de coups, on est des fois plus violent qu'avec des coups. Ce sont les mots qui font mal, les mots qui tuent.

Des fois, ce sont simplement des mots. Dire un mot, ça peut faire plus de mal que donner un coup. On est encore une fois occupé avec l'hémisphère gauche et la personnalité. L'hémisphère gauche, vous vous rappelez, c'est l'endroit où la pensée, la parole, les sentiments viennent. À droite, on a vu plutôt le monde de la spiritualité, de l'imaginaire.

Voilà, c'est tout.

C'est quoi, « violence » en hébreu ? C'est alimout. D'où vient le mot alimout ? Illem, c'est quoi ? C'est quand tu n'arrives pas à parler. C'est le muet. La violence vient d'être muet. C'est quand tu te sens frustré, en fait.

Il y a des livres entiers qui ont été écrits là-dessus, sur la violence sentimentale, la violence des mots. Mais il n'y a pratiquement pas, dans ces livres-là, de lignes écrites sur la solution. On te met dans une ambiance terrible: tu sens que toi-même, des fois, tu n'es pas très bien avec l'autre, tu n'es pas très gentil, et des fois même tu souffres de l'autre. Tu sors de ces livres-là, tu as envie je ne sais pas de quoi faire, tu es très énervé. Mais en tout cas, tu n'as aucune solution.

Pourquoi ? Parce que c'est marqué, c'est en fait une mitsva, vous savez, dans la Torah: Lo tonou ish et amito. Mitsvat ona'a, une mitsva de ne pas faire de ona'a. Ona'a, c'est faire du mal. Tu ne feras pas de mal à ton prochain. Et qu'est-ce qui est marqué après ? « Tu craindras ton Dieu. » Pourquoi est-ce marqué « tu craindras ton Dieu » ? En fait, on touche tout de suite au centre du problème.

6 % des enfants souffrent de violences cachées, de violences qui ne sont pas dites. Cette violence-là est la source de tous les problèmes de chévra, de sociabilité de l'enfant, de confiance en lui.

Alors, encore une fois, c'est la solution de ce qui s'est passé en Galout. Pendant 2000 ans, on était avec une mère, et il n'y avait pas de père. Spirituellement, la mère juive, c'est-à-dire le monde de la pensée, mais il n'y avait pas le père. On a dit: le père, c'est quoi ? Le père, c'est l'éclairage spirituel. Donc on est resté avec une mère. Et la mère, qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle s'est installée dans le nefesh de l'enfant. Elle ne lui a pas donné la possibilité d'être lui-même.

Donc le travail est un travail de traiter le problème à la source. Parce que le verset dit quoi ? Veyareta mi-Elokha. Parce que ce sont des choses qui sont cachées. C'est la personne qui doit travailler entre elle et elle-même.

C'est quoi, Yirat Hachem ? C'est quoi, Yirat Hachem ? Yirat Shamayim, c'est la crainte du ciel, d'accord ? On a peur que le ciel nous tombe sur la tête, partout, à tout moment. Mais c'est quoi, la crainte du ciel, en vérité, en hébreu ? Yirat Shamayim. Vous savez que le christianisme nous a bousillés: 90 % de toutes nos compréhensions sont mensongères, parce qu'on les traduit en français. Je ne veux faire du mal à personne.

Il y a yira et yirat Shamayim. C'est comme tu as dit, la crainte du ciel, c'est-à-dire… Tu vis dans un aquarium, et tout d'un coup, il y en a un comme ça, le maître de l'aquarium qui va donner une tape au poisson: « Waaaah ! » C'est ça, la crainte du ciel ? Ce n'est pas ça.

Yirat Shamayim, c'est Re'iyat HaShamayim en hébreu: voir le ciel. Voir que tout est ici, en fait, une réalité de ciel. Tu crois que c'est une réalité terrestre; en vérité, c'est une réalité de ciel.

Veyaretam me'Elokhekha ki Ani Hachem Elokhekhem. Quelle est cette répétition ? Veyaretam me'Elokhekha ki Ani Hachem Elokhekhem.

Lutter contre cette personne-là, cette personne qui est froide, cette personne qui ne sait pas regarder, cette personne qui, sans arrêt, sans que tu te rendes compte, t'enlève ta possibilité de vouloir, de ressentir, qui te repousse, qui t'empêche. Des parents qui empêchent leurs enfants de voir leurs amis. Tu ne peux pas te défendre. Des fois, tu as 40, 50 ans, et tu commences simplement à comprendre le film. Parce que ce sont des dimensions qui sont données à la personne elle-même à traiter. Ça s'appelle Yirat Shamayim.

C'est pour ça que les livres n'en parlent pas. On ne parle pas de Yirat Shamayim dans les livres de psychologie. Alors qu'est-ce qu'on fait ?

Voilà, c'est ça. Si tu es énervé, c'est bien. Si tu comprends que maintenant il faut trouver une solution, c'est bien. Il y a trois étapes pour lutter contre toutes ces choses-là, toujours. On va revoir ça à chaque fois. Ça s'appelle, en Chassidout, Hachna'a, Avdala, Amtaka. Regardez bien mes mains: Hachna'a, Avdala, Amtaka.

Hachna'a, en hébreu, c'est savoir se taire, savoir être calme. Hachna'a, c'est s'annuler. Hachna'a, c'est comme Eretz Kena'an. Pourquoi ça s'appelle Eretz Kena'an ici ? Parce que c'est la terre de la Hachna'a, devant Hachem. Hachna'a, hé, kaf, noun, ayin, hé.

Hachna'a, Melachon, Eretz Kena'an. C'est quoi, cette terre de Kena'an ? C'est la terre de « Allah Ouakbar », « Ken ? Elohim Gadol ». La première dimension, c'est Elohim. Tu es devant Elohim, le maître des forces de la nature. Tu te dis: « Ouais, ouais, ouais, qu'est-ce que c'est grand, cette chose-là ! » Et toi, tu te sens petit. Donc cette dimension-là de te sentir petit, c'est le début. C'est le début du travail.

Si tu ne te sens pas petit, si tu ne sais pas prier, par exemple, tu ne sais pas te sentir petit. Tu sens: « Moi, c'est moi qui décide, tout, en vérité. Qui es-tu, toi, Bichlan ? Tu m'as donné la vie, b'sed. » Alors, tu as un problème de manque de Hachna'a. Et …

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