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Le père et la mère intérieurs selon le Rav Aboulafia

Comment construire en soi le père et la mère, puis les relier à l'émouna.

27 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : La violence émotionnelle selon la psychologie juive, 41 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom uvracha. Ça va ? On va essayer de récapituler un peu les choses qu'on a vues depuis maintenant. Ce qu'on a dit, en fait, c'est que ce qu'on n'a pas reçu de la maison, on peut le créer de nous-mêmes, en nous-mêmes, avec nous-mêmes. On a dans le nefesh, dans l'âme, deux forces qui s'opposent et qui se complètent: l'une s'appelle la mère, et l'autre s'appelle le père. On a beaucoup parlé jusqu'à maintenant du père.

Le monde du père intérieur, c'est surtout le monde spirituel. C'est l'hémisphère droit, celui qui s'occupe de la créativité, celui qui s'occupe de voir de l'intérieur. Ce sont les yeux du cerveau, c'est le regard spirituel qu'on a sur la réalité. Donc tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, c'est comment réparer cette force-là, cette force de voir, encore une fois, différemment. C'est ce qu'on fait quand on arrive en Israël. Pendant 2000 ans, ce qu'on n'a pas eu, c'est un père.

On a été séparés du père. Donc la mère juive a pris toute l'ampleur, toute la place, et le père était assis comme ça, sur le côté, et on ne lui donnait pas tellement le droit de parler. C'est un peu le modèle caricatural de la galout. Aujourd'hui, qu'on est revenus en Erets Israël, on est capables de ramener le père au centre. Et ce père-là, c'est surtout une présence. Dans une famille, on peut fermer la porte, le père, c'est surtout une présence.

C'est surtout une forme d'être, une façon de se comporter que l'enfant va pouvoir recevoir par le simple fait qu'il vit avec cette personne-là. Mais s'il n'y a pas le père, il peut y avoir le Rav. C'est-à-dire que le Rav, en vérité, c'est l'identité mythique, comme Moshé Rabbénou était au Ham Israël: c'est cette identité extérieure qui vient et prend finalement un rôle dans l'image du père intérieur. Le père que je n'ai pas reçu de ma maison, je vais pouvoir le recevoir d'un père extérieur, parce que c'est quelqu'un qui est Meir Panim, qui a le visage éclairé, qui parle des choses intéressantes et profondes, et que ça me parle, ça me construit, et ça me crée des forces que je n'ai peut-être pas eues de ma maison.

Mais le problème maintenant, c'est quoi ? On va devoir aussi construire la mère intérieure. C'est quoi, la mère intérieure ? C'est cette partie gauche, qui est en fait quoi ? Le sechel, donc la pensée, et le regech, le sentiment. Quel est le problème de la mère ? Quelle est la maturité de la mère ? C'est quand elle arrive à faire une intégration entre sa façon de penser et sa façon de ressentir. De façon plus simple: quand une mère n'est pas mûre, elle pense de façon dure, elle est critique, elle est ken, elle crie, elle est dure dans sa façon de penser. Et elle s'émeut facilement. Par exemple, tu vas voir un film, tu t'émeus quand même, tu pleures, tu sors du film, et tu as oublié ce qui s'est passé. Ou bien tu lis un livre, très sérieusement, très séparé de la neshama, et tu ne travailles qu'avec ton sechel.

Quel est le travail de la mère, de créer cette mère intérieure ? C'est créer une intégration, quand tu arrives à penser avec amour. D'accord ? Par exemple, ton fils tombe dans la maison, il marche, et il tombe. « Qu'est-ce qui s'est passé, mon chéri, ça va ? Je suis sûr que tu vas réussir à te sortir de ça. » Tu es capable à la fois de le renforcer, à la fois d'être empathique, d'accord ? De te relier à sa douleur. Donc cette force-là, de pouvoir être empathique, un peu les deux, c'est en fait notre travail spirituel.

Qu'est-ce qu'on doit faire en nous-mêmes ? On doit prendre notre sechel, c'est-à-dire notre pensée, et notre regech, notre sentiment, et les rattacher au papa. C'est quoi, le papa ? L'émouna. Que le sechel et le regech ne soient pas pour eux-mêmes. On ne les a pas reçus pour simplement les vivre entre eux, avec eux-mêmes. On les a reçus pour pouvoir apprendre à se relier à l'essence. C'est pour ça qu'on a reçu. Ça s'appelle, dans la Chassidout: Chifra kiterech guevirtah. Hachfachot, les servantes se prennent pour la reine. Quand tu vis une vie de pensée, ou une vie de regech, tu vis une vie dans laquelle ces deux forces, qui normalement devraient être subordonnées au roi principal, sont au contraire… C'est ce qu'on dit que la femme doit faire: la volonté de son mari. Ishah kesherah, une femme kesherah. Enfin, c'est quoi, ça ? Ce n'est pas un film d'horreur.

Ça veut dire que dans le nefesh, les forces de la pensée et les forces du regech, du sentiment, doivent être subordonnées à leur fonction principale, qui est d'être mahamin, d'être reliées à l'essence. Et ça, ce n'est pas simplement entre l'homme et la femme à l'extérieur, c'est aussi entre l'homme et la femme à l'intérieur, en chacun de nous-mêmes.

Après, il y a ce qu'on appelle Vayada Adam et Rava Ishto, la Daat. La Daat, c'est quoi ? Connaître, quand même, la conscience. Ça vient de toute cette conscience-là. C'est un lien entre la vision spirituelle et la vision du Regach et du Seren, quand même, de la Binah. Ça s'appelle Roch Ma, ça s'appelle Binah. Roch Ma, Kohar Ma, la capacité d'être en Ma, d'être en Tsimtsoum. Comment vous traduisez Tsimtsoum ?

Un retrait, pour donner de la place à l'autre, ken. Et après, Binah, l'empathie, la possibilité d'aimer, de se relier, ken, à l'autre, de lui donner. Et en fait, on vit avec ces deux forces-là en parallèle. On vit entre ces deux forces-là, en même temps, et c'est ce qui nous permet d'être des gens en bonne santé.

Le verset dans Yeshayahou, 6, 10, dit: Hachmen lev haam hazeh. Le début de la chute de l'homme, c'est quoi ? C'est quand le cœur devient chamen, devient gros, gras, ken ? L'homme perd de sa possibilité de se relier à ses propres sentiments. Ça vient de quoi ? Ça vient d'une maman qui était trop méfanéket, trop couveuse. Merci. Trop couveuse, qui m'a trop donné et qui n'a pas su me donner de l'espace pour moi-même. Donc j'ai mangé, j'ai mangé, j'ai mangé, mon cœur s'est rempli de graisse, et je ne sais plus ce que je ressens.

Qu'est-ce que je dois faire, moi ? Je dois faire mon travail, puisque c'est le début de la chute. Ce que je dois faire, c'est apprendre, d'abord, à manger moins. Concrètement, à manger moins. On mange trois fois ce dont on a besoin. On mange beaucoup trop. Pourquoi ? Parce que notre mère nous a dit: « Mange, mon fils, mange, mon fils, tu vas être malade. Mange, mon fils, c'est pas bien, tu es pâle, qu'est-ce que tu as, tu es fatigué. » Qu'est-ce qu'on a appris, finalement, à faire ? On a appris à trop s'occuper de cette dimension-là. On essaie de recréer un bien-être qu'on n'a pas reçu, par le manger, et c'est une erreur. Le …

Cours de Machon Meir

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