La joie, sortir de l'enfoncement par le rire
Le rire comme force : comment la joie fait sortir du cercle fermé de la tristesse et monter vers l'espoir.
Dr. Michael Aboulafia
Ensuite : Le père et la mère intérieurs selon le Rav Aboulafia, 27 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors on va parler aujourd'hui de la force du rire. Le rire, de la joie, hein, comme source vraiment de traitement et même de travail intérieur. On ne peut faire aucun travail. C'est un des problèmes de la France, d'ailleurs: chaque galout a un problème. Chaque galout vient avec son problème et aussi avec sa force. On dit: « Kizé leomadzeh assa Elokim ».
Toujours le manque de la personne, du peuple, vient contre sa grandeur. C'est un petit peu le travail qu'on doit faire ici: rencontrer quelle est la chose dont on vient. En fait, une chose qu'il y a en France, c'est surtout la tristesse. C'est pour ça que c'est le pays du carnaval, c'est le pays des grandes folies, parce que c'est quelque chose de triste. Les rabbanim l'ont vu déjà quand ils ont créé les mouvements de jeunesse en France.
On dit qu'il fallait absolument créer des mouvements de jeunesse, filles et garçons mélangés, parce qu'ils ne viendront pas s'il n'y a que des garçons ou que des filles. C'est un peuple triste. C'est donc un peuple qui a besoin, sans arrêt, d'irouhim, de quelque chose d'extérieur qui soit joyeux. C'est peut-être une des choses sur lesquelles on va devoir travailler le plus, quand on vient en Israël: la joie. OK ? On va être joyeux. Et la joie, c'est d'abord un mouvement.
Spontané, de décider qu'on est joyeux. Moi, je vois des gens qui vivent parfois des choses très difficiles dans leur vie et ils sont très joyeux. Et je vois des gens qui vivent des choses pas tellement difficiles et qui sont sans arrêt en train de se plaindre: « Je suis en colère après mes parents, je suis en colère après pourquoi il m'a fait ça, et je n'arrive pas à dormir la nuit parce qu'ils sont vraiment très tristes et très en colère. » Tout ça, ce sont des énergies négatives qui viennent simplement d'un manque de compréhension de la vie, de ce qu'est la vie. On va raconter une histoire d'abord, et puis après on va essayer de l'analyser et de la comprendre.
Alors, on raconte qu'il y avait un rav, un rebbe, avec ses hassidim, qui sont allés faire le tachlit sur les bords du fleuve. Ils sont sortis tous, avec beaucoup d'enthousiasme. Jusqu'au moment où il y en a un qui est tombé dans le fleuve. Alors tous les hassidim ont crié, ils ont essayé de le sauver, et ils ont crié au rebbe: « Rebbe, Rebbe, aide-le, sauve-le ! »
Et le rebbe a répondu: « Dites-lui qu'ils disent bonjour aux grands léviathan quand ils arrivent au ciel. » Une sorte de 'hach qui dit shalom aux grands léviathan. Et le hassid qui était dans l'eau est mort de rire. Il a tellement ri que ça lui a donné des forces incroyables et il a réussi à sortir du fleuve. Ils sont allés voir le rebbe, ils lui ont dit: « Qu'est-ce que c'est que ça, il sort d'une blague et il s'en sort ? » Et c'est Ken katouv: bessimha ha-tsaon.
On dit dans les Tehilim que « dans la joie, on sortira ». Alors c'est quoi, « dans la joie on sortira » ? Par la joie, on peut sortir de la tviya, quand on s'enfonce dans l'eau, quand on coule. Tviya en hébreu vient du mot teva. Teva, c'est la nature. Le mot tiv'at, on va faire un petit peu d'ulpan là: tiv'at, c'est le monde qui est rond. Quand tout est rond. Agol, agol, quand tout est rond. Egel haz'av.
Vaudor. C'est pour ça que quand on traduit la Torah, sachez-le, on étudie le christianisme. On ne peut pas étudier la Torah si on ne parle pas dans les mots de l'hébreu, c'est impossible. Igoul, c'est donc des, des, des… C'est le cercle, c'est une vision de cercle, en fait. C'est voir le monde comme des cercles, c'est-à-dire, en fait, un monde de désespoir. Un monde qui est fermé sur lui-même. Un monde dans lequel il n'y a aucune possibilité d'émerger.
Pour nous, le travail va être, au contraire, sans arrêt, de créer un monde de tikva. En hébreu, tikva, kol 'ot balev, tikva, c'est l'espoir. Ça vient du mot kav. C'est l'inverse de higoul. Le monde a été créé avec des ronds, avec des droites. Et tout ce qui va nous permettre de monter ces higoulim, c'est comme la spirale. La spirale tourne, mais en fait elle monte. C'est comme les chants et les danses dans les mariages: on fait des tours, mais à chaque tour on est un petit peu plus haut. On s'élève, jusqu'au moment où on sent que, vraiment, on se sent de plus en plus élevé. C'est ça, en vérité, la joie.
Tsrokh en hébreu: tsehok. La possibilité de sortir du monde de la nature, du monde des lois de la nature. Et la possibilité de sortir du monde de la nature, c'est-à-dire en faire comprendre… et c'est surtout marqué dans les Tehilim: shira maalot.
Bechou, Vachem, etchiv, etzion, ainu kekholmim. Ken, shira maalot ? « Quand on reviendra à Tsion, on était comme des rêveurs. Az yimalé tsehok pinu oulechon rinna. » Alors on va commencer tous à rigoler et à chanter, et nos bouches seront pleines de chants. Ken ? C'est ce qu'on dit avant le birkat hamazon le Chabbat. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire que az, c'est maintenant. Az, c'est la guématria, la valeur numérique de az, c'est 8: aleph, 1; zayin, 7. Le 8, c'est ce qu'il y a au-dessus de la nature, au-delà de la nature. Il y a une possibilité pour l'homme, sans arrêt, de s'élever au-delà de la nature.
Alors à ce moment-là, tsehok. Az yimalé tsehok pinu: quand est-ce que ça se passe ? C'est quand il y a une rencontre entre toi et une réalité qui est au-dessus de toi. OK ? C'est-à-dire que tu viens avec ton kli, tu viens avec ton toi, à toi. C'est comme vous, maintenant, vous montez en Israël, et tout d'un coup tu vois une réalité qui est complètement miraculeuse. Tu n'arrives pas à comprendre ce qui se passe. Six millions de Juifs sont montés en Israël. Ils sont là. Ils sont près de toi. C'est incroyable.
Dans les années 45, il y avait le désespoir total, total. On ne croyait plus en rien. On ne croyait plus en Dieu. Il y avait des gens qui ne croyaient plus en Dieu, en rien du tout. En 48, une grande lumière, jusqu'au moment où ça aveugle.
Alors, des fois, les gens se plaignent: « Mais il y a beaucoup de morts en Israël, il y a beaucoup de problèmes. » Bien sûr. Environ 6 000 personnes, dans les chiffres, ont été tuées depuis le début de la création de cet État. C'est le nombre de personnes qui mouraient tous les jours à Auschwitz. Alors, ce n'est pas bien. Chaque personne a une très, très grande …
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