Le travail sur soi à partir de Lekh Lekha
Comment découvrir sa propre volonté, préserver le plaisir de vivre et relier la réalité à la Torah.
Dr. Michael Aboulafia
Ensuite : La joie, sortir de l'enfoncement par le rire, 28 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, on va continuer le travail sur nous-mêmes. C'est en fait la source de notre travail en tant que père de famille ou mari d'une femme. C'est un travail sur nous-mêmes. On va toujours se porter sur la paracha, la paracha de la semaine, et essayer d'en apprendre quelque chose. Alors, on peut fermer la porte peut-être ?
En fait, ce qu'on va essayer de voir, c'est ce que c'est que cette épreuve de sortir. Lekh lekha. Avraham a reçu l'ordre de sortir: Lekh lekha mé-artsekha — sortir de sa terre, ça, on l'a déjà fait — oumi-moladetekha — de ta patrie — oumi-betavicha. Qu'est-ce que c'est que betavicha ? Cela veut dire qu'on a comme un ordre, une mitsva, de sortir des habitudes de la maison. On vient d'une maison avec plein d'habitudes, et tout en respectant bien sûr les parents, on a ici un appel: savoir ce que je veux vraiment.
C'est-à-dire que le travail n'est pas un lavage de cerveau de l'extérieur. Le travail, c'est que la personne se pose elle-même la question: quelle est ma source, quelle est ma véritable volonté ? Des fois, on voit des gens qui se marient, qui mènent une famille, et on les voit à l'âge de 60 ans, et ils ne savent pas ce qu'ils veulent. Ils n'ont pas encore appris à savoir ce qu'ils voulaient vraiment. Donc on doit se poser la question: quel est le secret ? Qu'est-ce qui nous permet de véritablement découvrir notre vraie volonté ?
Et pour ça, Avraham Avinou nous a déjà donné une direction. Quand le Saint, béni soit-Il, lui dit Lekh lekha, Rachi explique: lehanatekha oulitovatekha. C'est pour ton plaisir. Quel est ce plaisir ? Le plaisir de savoir que, malgré que tu vas avoir beaucoup de choses à faire dans ta vie, et que tu vas être obligé de faire plein de choses, n'oublie jamais ta propre voie. N'oublie jamais de prendre du temps, d'avoir du plaisir à vivre.
On vit dans un système qui est parfois un petit peu obsessionnel, dans le sens où on a pris sur nous beaucoup de mitsvot, beaucoup de prières, beaucoup de Torah. C'est formidable, et ça, c'est 90 %, 95 % de notre journée, puisqu'on est là. Mais à part ça, il y a quand même le moment de s'asseoir, de prendre un verre d'eau et de dire Baroukh Hatta Adonaï. Et de boire: quel plaisir de boire, et de se relier à cette eau que tu viens de boire. Et de prendre un fruit, et de ne pas oublier, quand tu fais la bénédiction et que tu le manges.
De prendre plaisir. Tu as un fruit dans les mains que tu peux manger. Ne pas oublier ce simple plaisir. Parfois, quand il y a un père qui rentre à la maison, qu'il mette de la musique et danse avec ses enfants. Et parfois, qu'il emmène sa femme au restaurant. Pourquoi ? Parce que notre monde est composé de trois mondes. Il y a trois sous-mondes dans le monde. Il y a le monde des mitsvot, de la prière et de la Torah. C'est le monde de ce qu'on est obligé de faire.
Il y a aussi un deuxième compartiment, qui s'appelle Mandé Averot, les choses qu'il est interdit de faire. Ça, c'est clair: ce que tu dois faire, ce que tu ne dois pas faire, ce qui t'est interdit de faire. Mais le plus important, on peut dire, c'est le troisième compartiment. Ça s'appelle, en hébreu, Olam HaReshout, le domaine de la permission, le domaine ouvert, dans lequel tu emmènes ta femme au restaurant.
Est-ce une mitsva ? Non, ce n'est pas une mitsva. Est-ce une avéra ? Ce n'est pas une avéra. C'est kasher, tsadoua. Ça peut être une mitsva, tu vas dire. Ce n'est pas une mitsva, mais tu le fais pour toi. Il y a une dimension de notre vie qui consiste à faire les choses gratuitement. Ça s'appelle en hébreu ahava tsrifa. Tu aimes ta femme comme ça. Tu t'aimes comme ça. Tu ne t'aimes pas parce que tu réussis. Tu t'aimes parce que tu t'aimes. Tu apprends à t'aimer pour ce que tu es.
Cette dimension-là, dit le Rav Kook, c'est ce qui va te permettre un jour de te rapprocher du Saint, béni soit-Il. Il dit le Rav Kook, comme ça, dans Orot HaTechouva: Keshé-shakhakh et ma'out neshama atzmit. Quand on oublie l'essence de la neshama, l'essence de l'âme. Keshé-mesi'ah khim — quand on a oublié de regarder
Dans l'intériorité de la vie intérieure de soi-même. J'ai oublié de me regarder de l'intérieur, moi. Je suis tellement tsadik, je m'occupe seulement des autres. J'ai oublié de me regarder, moi. Je veux tellement me rapprocher d'Hachem que, qu'est-ce que c'est important ? J'ai envie, je n'ai pas envie. Le principe, c'est de faire les choses seulement pour Lui. Et je me suis oublié, moi. Tout va devenir compliqué.
Et plein de doutes. Pourquoi ? Parce que tu fais tellement les choses sans souplesse d'esprit, avec une rigidité d'esprit, que tu risques de toujours rentrer dans le monde des doutes. Qu'est-ce que le monde des doutes ? C'est le monde où tu vas sans arrêt te dire: est-ce que je fais ça, est-ce que je fais ça, est-ce que je fais comme ça, est-ce que je fais comme ça ? Parce que, sans t'en rendre compte, tu t'es détaché de ton naturel.
Pourquoi est-ce qu'on étudie la Torah ? Pourquoi est-ce qu'on prie ? Pourquoi est-ce qu'on fait les mitsvot ? Parce qu'on se rapproche de notre naturel juif. Qu'est-ce que notre naturel juif ? C'est notre neshama. Donc tout le but, c'est de redevenir des gens normaux. C'est ça, le but: redevenir des gens naturels. Et le naturel, il est bien sûr spirituel aussi. Il est aussi savoir-vivre. Savoir-vivre, cela veut dire que, bien que tu dois maintenant — parce qu'on vient d'un monde qui est très, très abîmé — deux mille ans de galout. Deux mille ans de séparation de notre racine.
Pensez à un arbre qu'on a détaché de sa racine pendant deux mille ans, qu'on a mis comme ça en l'air. Et maintenant, on essaie de recoller les deux morceaux. Ça prend du temps, ce n'est pas facile. Donc on doit bien sûr se débarrasser d'énormément de choses qui nous ont beaucoup, beaucoup empêchés de nous relier à notre naturel. Mais maintenant qu'on est là, quel est le but, au Mer à Kouzari ? Dit le Kouzari, quel est le but de toute cette démarche, de faire sa Aliyah ? C'est d'être prophète. Ah bon ? Où est la prophétie ? Elle n'est pas encore là. Mais on doit quand même commencer ce travail-là: apprendre à savoir vivre. Parce que si on ne sait pas vivre, si on ne sait pas se comporter, d'accord ?
Alors, dit le Rav Kook: HaTechouva ha-'Elyona, la techouva essentielle, she-me'irah amar, shachim miyad, qui éclaire directement les obscurités. Ichi yachouva adam el asmo — que l'homme revienne d'abord à lui-même. Apprends à t'aimer, apprends …
Cours de Machon Meir
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