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Psychologie juive et travail sur soi selon la Torah

Michael Aboulafia présente la conscience juive du monde, les dix sifirot et le travail intérieur de la Torah.

23 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Le travail sur soi à partir de Lekh Lekha, 31 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

OK, alors, d'accord, enchanté. Je m'appelle Michael Aboulafia, je suis docteur en médecine et psychiatre pour enfants. Tout le travail que je fais aujourd'hui relève de la psychologie juive, c'est-à-dire de la volonté de lier le judaïsme, ce qu'on apprend dans le judaïsme, au travail de psychothérapie.

La psychothérapie donne des kelim, des instruments de travail, mais elle ne donne pas de contenu au travail. Or ce que la Torah a donné, c'est un contenu. Qu'a donné la Torah ? Elle nous a donné la conscience du monde, une conscience qui est née depuis le don de la Torah, il y a 3 500 ans. Depuis qu'il y a une parole, on ne peut pas faire sans la Torah. Ceux qui s'occupent de psychologie doivent particulièrement s'occuper du sujet de la parole, de la pensée, de la conscience.

Le travail que nous allons faire ensemble cette année est d'abord un travail sur nous-mêmes: savoir comment fonctionnent ces choses-là. Par exemple, la psychologie juive offre une description très précise de l'endroit où se trouvent les forces du néfaste et les forces de l'âme. Freud a décrit le moi, le surmoi et le ça, la partie la plus bestiale, très primaire. C'est vrai, mais on a beaucoup plus que cela.

Chez nous, il existe un système appelé en hébreu sefirot. Qu'est-ce que les sefirot ? On sait que HaKadosh Baroukh Hou, Dieu, nous a créés et qu'il nous a faits à sa propre image. On sait donc qu'en nous il y a dix forces, les dix forces de direction du monde. Comme Hachem dirige son monde à travers dix forces, l'homme est en fait le produit de ces dix forces. Il y a en l'homme une capacité d'agir d'après ces forces qui lui ont été réservées.

Il y a ensuite un travail qu'il faut savoir faire, et d'abord l'apprentissage. Par exemple, toute la Torah qu'on apprend, on ne l'apprend pas simplement pour savoir davantage de Torah. Ce n'est pas un livre extérieur, c'est un livre intérieur. On prend la Torah, toute la Torah, c'est le nom d'HaKadosh Baroukh, et tous ces noms sont des noms d'Hachem. Ce que l'on fait en apprenant la Torah, c'est apprendre à se relier à cette essence-là.

Par exemple, les sept montées de la Torah. On commence par les 52 parachiot de la Torah, qui reviennent en fait à 50, car c'est 3, 2, 2. Ces cinquante parachiot correspondent aux cinquante portes de la sagesse. Les sept montées de la Torah correspondent aux sept forces de la nefesh. La première correspond par exemple à la générosité, la deuxième à la rigueur. Vous connaissez un peu cela ? Quand on étudie la Torah, on se rencontre sans arrêt soi-même, son monde intérieur. C'est une Torah intérieure, pas une Torah extérieure.

C'est une Torah qui est en nous. On l'a apprise lorsqu'on était dans le ventre de sa mère. Et quand on est sorti du ventre, un ange est venu nous frapper et nous a fait oublier toute cette Torah. Tout notre travail consiste donc à la retrouver. Le mot kenéguèd en hébreu signifie équivalent. « Contre » n'est pas ici une lutte: c'est « égal à », « face à ».

Ce que nous allons essayer de faire, c'est progresser chaque semaine dans la paracha, et voir par exemple ce que dit la paracha Noa'h. Dans la paracha Noa'h, il y a un monde dans lequel, au départ, l'homme était immense. Si l'on regarde, par exemple, la neurophysiologie, faisons un peu de neurophysiologie du cerveau.

On voit que du côté gauche se trouvent le centre de la pensée et de la parole, et du côté droit le centre de l'imagination et de la créativité. Si la gauche est très cartésienne, très rationnelle, la droite est très philosophique, très abstraite.

On voit aussi selon les âges. Jusqu'à l'âge de la bar-mitsva, jusqu'à 13 ans, nous recevons finalement les parties supérieures de notre être par nos parents. À partir de la bar-mitsva, on reçoit ce qu'on appelle la bina, la compréhension: cette partie que j'ai décrite comme l'hémisphère gauche, qui devient propre à la personne. Elle n'est plus celle de maman. Elle est la mienne.

Et à partir de 18 ans, on reçoit l'hémisphère, la possibilité de voir de l'intérieur. On a alors la capacité, en grandissant, de relier ces deux parties, papa et maman, maman et papa, et cette possibilité d'être dara. Qu'est-ce que dara en hébreu ? C'est se relier. Adam, le premier homme, s'est relié à sa part. Comment appelle-t-on cela ? Daat. Le daat, ce n'est pas seulement le savoir en hébreu. C'est un savoir au sens où il se tient entre deux forces opposées.

Ces deux forces opposées sont l'une, la bina, l'intelligence, le rationnel; l'autre, Ima, la mère, qui est le monde des images intérieures, le monde spirituel. Tout notre travail consiste à relier ces deux-là. Aujourd'hui, la moitié des couples divorcent. Parmi l'autre moitié, dans 80 % des cas, s'ils pouvaient ne pas se marier avec leur conjoint, ils ne se marieraient pas, ils changeraient de conjoint. Cela peut être un divorce émotionnel: ils vivent ensemble, mais ils ne sont plus en accord.

La nourriture spirituelle de l'enfant vient d'abord de la grandeur de Papa et de Maman, de l'union entre le père et la mère. S'il n'y a pas d'union entre le père et la mère, on est dans un monde où chacun doit se débrouiller seul. Tu vas faire ton chemin par toi-même, tu as la responsabilité. À partir de l'âge de la bar-mitsva, tu as un yetser ha-tov, un bon penchant, qui te pousse vers la prière. Avant la bar-mitsva, il y a le yetser ha-ra, le penchant mauvais.

Un enfant, jusqu'à l'âge de 13 ans, ne travaille que pour être vu, pour être aimé, pour qu'on lui trouve de l'intérêt au regard des parents. Après l'âge de la bar-mitsva, c'est un premier yetser qui se met en place. Puis à 18 ans, on en reçoit un deuxième, et cela fait que tu peux devenir quelqu'un de grand. Être grand est donc un processus.

Je comprends: à l'époque de Noé, qu'y avait-il ? Il y avait beaucoup, beaucoup de forces, des forces infinies. Il n'y avait pas d'intelligence, pas de possibilité de la montrer dans le comportement. Même si pendant 120 ans Noé construisait son arche, et qu'à chaque fois on lui demandait: « Qu'est-ce que tu fais ? », il répondait: « Le monde va se détruire, eh bien, on va continuer encore. » Pourquoi continuaient-ils à se conduire ainsi ? Parce qu'ils n'avaient pas cette intuition.

Et qu'est-ce que faire l'arche, tévah en hébreu ? L'arche de Noé, tévah, veut dire le mot. Il a créé donc un mot, il a créé un mot dans lequel il y avait une tsohar. La tsohar, vous savez, c'est la pierre précieuse, la lumière, ou la fenêtre, selon les traductions. C'est la partie qui éclairait.

Le Baal Shem Tov écrit dans un texte qui s'appelle Amoud Hatefila, le pilier de la prière, que tout le travail de Noé est d'apprendre à prier. Qu'est-ce qu'apprendre à prier …

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