Psychologie juive : apprendre à se réconcilier avec soi
Le verset d'Ichayahou 6:10 : voir, écouter, comprendre, puis guérir, selon le Rav Aboulafia.
Dr. Michael Aboulafia
Ensuite : Le retour du père selon Malachie et la Akédat Yitzhak, 29 min
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Ok, très bien. Alors, ce qu'on va faire pendant cette année, ce que je vous propose pendant une demi-heure comme ça, c'est d'essayer de parler ensemble de psychologie juive. Vous avez entendu parler de ce sujet-là ? Psychologie juive. Comment est-ce qu'on fait pour aider la personne à se sentir mieux, à être plus réconciliée avec soi-même ? Comment est-ce qu'on fait pour que la personne fasse techouva, mais pas une techouva religieuse, une techouva avec les sentiments ? OK ?
Comment est-ce qu'on fait pour se sentir mieux finalement, pour aller mieux en harmonie avec soi-même ? Vous avez une idée, peut-être ? Qu'est-ce qui fait que, en fait, quelle est la force motrice qui fait que la personne va se sentir mieux, va aller mieux, va aller de l'avant ? D'abord, qu'elle apprenne qu'elle a des qualités, très bien. La première chose qu'on fait dans la première rencontre, moi je suis psychiatre pour enfants, OK ?
Et la première chose qu'on fait des fois dans la première rencontre de traitement, c'est: « Donne-moi la liste de cinquante choses positives qu'il y a en toi. » Cinquante choses positives. Mais rien du tout. « Une chose, j'ai du mal à trouver, tu me dis cinquante choses. » Et oui, il y a cinquante points positifs qu'il y a en toi. Et on commence à s'asseoir avec lui: « Est-ce que tu as un bon cœur ? » « Oui, j'ai un bon cœur. » Bon cœur. « Est-ce que tu es prêt à toujours aider tes copains ? » « Toujours, je suis prêt. Il y a un problème au copain, je vais toujours l'aider. » « Est-ce que tu es intelligent ? Tu lis beaucoup de livres ? » « Oui. »
« Est-ce que tu es sportif ? Est-ce que tu es… » Petit à petit, la personne commence d'abord à avoir… elle prend du poids, OK ? Alors, d'un côté, c'est bien ce que tu as dit, mais de l'autre, ça peut être un grand problème. C'est ce que dit Yeshayahou Navi, OK ? Hachmen lev ha'am hazeh, le Saint béni soit-Il, dans Yeshayahou Navi au chapitre 6, verset 10. Il dit:
Il veut punir Israël, et il dit: Hachmen lev ha'am hazeh. Pour le punir, ce qu'il faut faire, c'est, quand même, on va faire grossir son cœur. Hachmen lev, ça veut dire: donne-lui du ego. C'est quoi le ego ? Ego, c'est en français, ego ? Ego. C'est-à-dire: donne-lui un peu du truc qui croit en lui. C'est la chose la pire. Pourtant, c'est ce que tu as dit, et tu as raison, et c'est ce que j'ai dit, c'est ce qu'on fait. Mais c'est une chose, c'est simplement une étape préparatoire pour pouvoir après aider la personne à passer à l'autre étape qu'on va décrire.
Mais regardez le verset, il est très bon. Hachmen lev ha'am hazeh, ve'oznav hakhbed: ses oreilles, tu vas les rendre lourdes, comme ça il ne va plus pouvoir écouter rien du tout. C'est très bien, comme ça il va être encore plus loin. Ve'einav hasha: et ses yeux, il va les recouvrir. Pen: pourquoi c'est bien ce qu'il va faire ? Parce qu'il va être malade. Alors, qu'est-ce qu'il va faire ? Qu'il va être en bonne santé ? Pen yir'e be'einav: de peur qu'il voie par ses yeux.
Donc, la première étape de la médecine, de la guérison, c'est d'apprendre à voir. On va reprendre chaque étape. La deuxième étape: ube'oznav yishma, et il écoutera par ses oreilles. Et après: ulevavo yavin, et après, son cœur va comprendre. Vechav verafa lo, il va faire techouva, il va guérir. Alors on reprend les étapes. C'est quoi la guérison finalement ? Comment est-ce qu'on apprend à se sentir bien ? D'abord, on apprend à voir.
Qu'est-ce qu'on dit dans le Talmud de Yerouchalmi ? Tahazé. Regardez: deux lignes. Tahazé, tahazé. Dans le Talmud de Bavli, qui est en dehors d'Israël, on dit tichma, écoute. Parce qu'en dehors d'Israël, on peut écouter. Mais en Israël, on peut voir. Pourquoi est-ce qu'on peut voir ici ? Parce qu'il y a quelque chose dans l'air, je ne sais pas si vous vous en rendez compte, qui est beaucoup plus pur. Vous vous en rendez sûrement compte. Qui est beaucoup plus pur. Et donc il y a la possibilité de voir réellement les choses de l'intérieur.
Quand on est dans une ambiance qui est plus tamé, plus impure, il y a le danger que ce que tu crois avoir vu, ce ne soit pas vraiment ce que tu as vu. Mais quand tu es ici, tu es capable de voir que ce que tu as vu, c'est vraiment ce qui est. Donc on peut ici travailler avec le medamé. C'est quoi le medamé ? L'imagination. Pourquoi est-ce qu'on est capable de travailler avec l'imagination ? C'est la force du regard. La force du regard, les yeux intérieurs, s'appellent einayim de la chokhma, adam tahir panav, les yeux intérieurs. C'est la force de pouvoir voir le dessin de la réalité. Tu vois une réalité, tu vois le dessein intérieur qui porte la réalité.
Donc cette capacité de voir, en hébreu, ça s'appelle Ir'a: c'est ce qu'on appelle yir'at Hachem. C'est quoi yir'at Hachem ? C'est quoi voir Hachem ? Aux craintes du ciel. C'est Astérix avec les boucliers ? Ce n'est pas ça. Et là, il y a beaucoup de choses. Les Sages disaient que le christianisme nous a imprégnés jusque sous les ongles. On a grandi sans le savoir avec des tas de compréhensions. Par exemple, la crainte du ciel, ce n'est pas une crainte de « je vis dans un aquarium, j'ai peur que le maître de l'aquarium mette sa main et me prenne ». Ce n'est pas ça. Yir'at Hachem, ça veut dire « je vois Dieu ». On n'est pas des prophètes, non. Mais je suis capable au moins de comprendre qu'à l'intérieur de chaque réalité, il y a une vérité. C'est ce que Eliyahou HaNavi dit.
Quand il dit Hachem ou Elokim ? C'est quoi Hachem ou Elokim ? Il y a deux noms d'Hachem. Il y en a un qui s'appelle Hachem, les quatre lettres, Yod, Kaf, Vav, Hé. Il y en a un qui s'appelle Elokim. C'est quoi Elokim ? Béréchit bara Elokim: le Dieu créateur, hachamayim ve'et ha'aretz. Il y a une possibilité de voir Hachem ou Elokim. Il y a un verset dans Tehillim qui dit: Chemech umagen Hachem Elokim. C'est-à-dire que la réalité, en fait, cache la vérité. Je suis capable de voir au-delà de la réalité, à travers, comme on dit en anglais, « through », en travers, OK ? En travers de la réalité, et de voir que tout est en fait un, une providence divine, je ne sais pas comment on appelle ça, une présence divine.
On est capable de voir qu'en fait cette réalité-là est simplement un masque de quelque chose de très profond. C'est pour ça que le monde s'appelle olam, olam lashon he'elem. OK ? C'est quoi olam ? C'est quoi …
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