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La destruction du Temple et la perte de l'idée divine et nationale

Comment l'exil a séparé l'idée divine de l'idée nationale, et les conséquences sur le monde chrétien et l'État moderne.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le sionisme, réunion de l'idée nationale et de l'idée divine, 37 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Alors, vous pouvez passer directement à la page Kouf Yud Gimel, à laquelle nous sommes arrivés la dernière fois. Nous sommes donc en plein dans le texte appelé Mahalakh HaIdeot de Israël, c'est-à-dire le cheminement des idées en Israël. Nous en sommes à la page Kouf Yud Gimel.

C'est donc la page de gauche sur la photocopie. Il est absolument impossible que ce soit la page que tu es en train de regarder, si je peux me permettre. — Allô ? Je te cause. Nous sommes à la page Kouf Yud Gimel. Voilà, c'est très bien, sur la gauche. Nous parlions de l'état de la vie religieuse, pour ainsi dire, la vie spirituelle du monde pendant le temps de l'exil.

Pendant le temps de l'exil, qui a été un temps assez long, puisque d'après le Rav Kook, cela commence avec la destruction du Premier Temple, et ne finit qu'aujourd'hui. L'époque du Deuxième Temple, du point de vue du Rav, c'est une parenthèse. Il y a une seule Galout, qui commence avec la destruction du Premier Temple, et cela entraîne énormément de remous dans l'histoire.

La destruction du Premier Temple a entraîné, tout d'abord, la dissociation des deux idées. Ce qu'on appelle l'idée éloïde et l'idée léouïde, c'est-à-dire l'idée divine et l'idée nationale, se sont séparées l'une de l'autre. L'idée divine ne se manifeste donc plus dans le monde. Le résultat est que la connaissance de Dieu est une connaissance amoindrie. Et, à plus forte raison, la vie nationale d'Israël cesse. Nous cessons d'agir comme une nation, comme un État, comme une réalité politique. Et nous devenons une religion. D'accord ?

Qu'est-ce qui vient donc à la place de l'union antique entre l'idée divine et l'idée nationale ? Ce qui vient à la place, c'est ce qu'on appelle une troisième idée, Ha'idea Hadatit, l'idée religieuse. L'idée religieuse donne un petit peu de lueur spirituelle, un petit peu de lueur divine dans les âmes individuelles. C'est ça qui devient l'alimentation spirituelle du monde, aussi bien des Juifs que des Goyim. Le monde vit donc au diapason de la religion. La politique est évacuée du Kodesh. La Chekhina, le divin absolu, ne se manifeste pas dans la vie.

Il reste alors un petit quelque chose, un souvenir. On pourrait dire que ce qu'on appelle la religion, c'est une trace, un résidu, quelque chose qui reste d'une autre chose qui était beaucoup plus grande, qui était vivante, et qui aujourd'hui est presque morte. Et c'est ça qui a permis à certains Goyim de dire que Dieu est mort. Par exemple, Nietzsche a affirmé que Dieu est mort. Cela veut dire que l'idée de la divinité cesse d'être up to date, elle n'est plus pertinente, comme on dit, dans notre monde.

Cela a entraîné différentes choses. Il y a eu plusieurs résultats. Un des résultats, ce sont les idées d'Olam Aba et de Tikoun HaNefesh, c'est-à-dire que le salut individuel de l'âme a commencé à devenir quelque chose d'important. De plus, ont commencé à apparaître des alternatives au judaïsme: le christianisme, l'islam. Autre chose encore s'est manifestée: la philosophie, qui a donné un remplissage intellectuel aux âmes individuelles. Il y a eu également une recherche du sens de la vie.

Rechercher le sens de la vie, d'après le Rav Kook, c'est une chute. Quand la vie n'est pas évidente, quand la joie de vivre n'est pas pleine, alors on se pose des questions, on se demande pourquoi vivre. D'accord ? La joie de vivre a disparu, un dégoût de la vie est apparu, et donc les gens, les hommes, ont commencé à se poser des questions: à quoi sert la vie ?

Différentes options ont été données. Une des options possibles, c'est la barbarie. Par exemple, dans la société idolâtre, il y a le sentiment d'une diversité des valeurs qui fait qu'il n'y a pas de joie. Il y a eu aussi, à un moment, un développement moral qui a entraîné la fuite, la fuite dans un refuge. Le refuge du bouddhisme. Le bouddhisme est un refus du monde, une recherche de l'anéantissement de l'âme.

Tout cela, d'après le Rav Kook, ce sont des conséquences de la destruction du Premier Temple. C'est ce qu'on avait vu jusqu'à présent. Maintenant, nous allons continuer. Oumitoh HaArkava. Je suis à la page Kouf Yud Gimel, qui est à gauche de la deuxième photocopie. Là. Très bien. Oumitoh HaArkava Meshuna Hazot.

Et à partir de ce mélange bizarre, de ce mélange de ces deux fondements, de ces deux éléments originels, ce mélange de judaïsme et de paganisme, de la vie pratique, dans la vie concrète, de l'idée nationale d'Israël qui s'est séparée de l'idée divine, qui était sa source de vie, Mithorah, à cause de cela, ba'a ota hadatiyout, est arrivée cette religiosité, HaMetsouya ata ba'olam bichlal, que l'on trouve en général dans le monde.

Che Elohim sar mimena, que Dieu a quitté. C'est alors qu'il est très critique envers l'esprit religieux. Il dit que l'esprit religieux est absent de Dieu, ou plutôt que Dieu est absent de la religiosité. Che Elohim sar mimena. Aperu d'Aze, Che laha ideot be Yisraël, la séparation des idées en Israël, garam p'gam k'lali, entraîne un défaut général. Adem

Che gam ka'et lotu khala dayinay noushiyyouta mefouta khatarbe, de sorte que même aujourd'hui, l'humanité bien développée ne peut pas likro b'shem maleh tarayona Elohi, invoquer pleinement l'idée divine, kede lehashpi hamimeno ala rayona chevrati, afin d'influencer l'idée sociale, b'signouno alioumi, dans son style…

Ce que dit le Rav Kook ici, c'est que l'idée de divinité n'alimente pas le social. Par exemple, il y avait un Juif du nom de Karl Marx qui a affirmé que la religion est ce qu'on appelle l'opium des peuples. Aujourd'hui c'est un peu différent: c'est l'opium qui est devenu la religion des peuples.

Qu'a voulu dire Karl Marx quand il disait que la religion est l'opium des peuples ? Que la religion empêche la réussite de la vie économique. Les religions proposent quelque chose dans l'au-delà pour ne pas régler les problèmes concrets qu'il y a sur Terre, et les problèmes concrets, ce sont les problèmes socio-économiques. Si vous voulez, le marxisme se présente comme une réaction violente au catholicisme, parce que le catholicisme a enseigné que ce qui était important, c'est le paradis, et donc que la vie terrestre n'est pas vraiment importante. Marx dit: oui, mais la vie terrestre, alors ? Et donc l'âme va être considérée comme un ennemi.

Il y a eu, par exemple, dans les kolkhozes en Union soviétique, on disait: les âmes ont été supprimées. Comme on dit qu'il n'y a pas d'arrivage de tomates aujourd'hui, il n'y a pas de tomates, eh bien il n'y a pas d'âme aujourd'hui. Vous vous débrouillez maintenant sans âme. C'est ça ? Bon.

Ce que dit ici le Rav Kook aussi, c'est que l'idée religieuse ne peut pas effectivement alimenter la vie sociale ou la vie nationale. Elle en est incapable. Mais à partir de ce moment-là, l'humanité a commencé à marcher sur ses jambes, dans un mensonge qui n'a pas …

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