Comprendre la Kashrut
Rav Yossef David
Ensuite : La Téchouva (22/09/14), 58 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Dans cette première partie, nous allons expliquer les différentes lois de la cacheroute, en essayant de donner des explications que l'on peut comprendre. Dans le dernier cours, on avait dit qu'il y a deux sortes de mitsvot dans la Torah: il y a les mitsvot qu'on appelle chukim, et les lois qu'on appelle mishpatim. Les mishpatim, ce sont les lois que tout le monde peut comprendre: ne pas tuer, ne pas voler, tout le monde peut comprendre. Les chukim sont des lois dont l'explication est plus difficile.
Pour parler de l'explication des mitsvot, les Hakhamim n'ont jamais employé ce qu'on appelle « Parchan » et les mitsvot; ils n'ont jamais donné l'explication. Ils ont toujours employé un autre terme, qui est taâmé hamitsvot. Taâm, ça veut dire aussi la raison, mais le taâm signifie quelque chose de plus léger. C'est-à-dire que quand on vient donner un taâm, ça peut être une raison, ce n'est pas la raison. Quand on vient donner la vraie raison des mitsvot, même des mishpatim, elle est dans le ciel. Donc ce que nous allons voir ensemble aujourd'hui, c'est le taâmé hamitsvot, c'est-à-dire un goût de la mitsva.
Quand on a un goût de la mitsva, si vous voulez, pour utiliser le mot hébreu, on ne va pas expliquer toute la mitsva. Mais le fait qu'on ait un goût, on est capable de s'y lier, de mieux la comprendre. Donc c'est ce qu'on va voir ensemble. Pour la cacheroute, j'aimerais faire une introduction importante. On va manger.
Pour nous, les Occidentaux, manger, c'est quelque chose d'absolument trivial. On ne réfléchit pas quand on mange. On mange parce qu'on a faim. Si c'est bon, c'est encore mieux. Maintenant, si on essaie de réfléchir un petit peu sur le concept de manger: manger, c'est l'opération la plus violente qu'un homme puisse faire sur terre. C'est quoi, manger ? C'est prendre quelque chose, le mâcher, le détruire, en faire des bouchées. Après, on va le digérer, le décomposer dans tous les sucs gastriques, et si ce n'était pas tout, on va le transformer en nous.
Vous voyez là, ce petit bout là-bas, ce sont les frites que j'ai mangées hier. On imagine bien que prendre une partie du monde, quelque chose dans le monde, et le transformer en moi, c'est une opération d'une très grande violence. Pour nous, en ce moment, manger paraît quelque chose de logique, on ne se pose jamais de questions, mais si on réfléchit, manger est quelque chose de très grand, au niveau de ce qu'on va changer dans le monde. Un poisson ou une vache, tout d'un coup, ça devient un homme. Ça devient un juif. Évidemment, ce n'est pas… Quand on commence à comprendre ça, on comprend qu'effectivement, on ne peut pas manger n'importe quand. Si on sait déjà que cette chose que je vais manger va venir en moi, alors je ne vais pas prendre n'importe quoi comme chose qui va venir en moi. D'ailleurs, on peut comprendre la raison pour laquelle on a besoin d'une cacheroute.
Ça va être le fil conducteur qui va nous aider à comprendre les différentes halakhot de la cacheroute annoncées dans la Torah. Encore une fois, c'est la partie des halakhot qu'on aurait eu du mal à deviner tout seul. C'est-à-dire que si Hakadoch Baroukh Hou avait dit: « Bon, allez, maintenant devinez tout seul ce qu'il y a dans la Torah », on aurait eu du mal à trouver la cacheroute. On aurait trouvé plein de choses, mais celle-là, on aurait eu du mal. Donc, c'est encore pour vous dire: bon, khaba. On explique donc les règles de la cacheroute en introduction. Bon, on n'avait pas eu le temps la semaine dernière.
On avait dit que manger, en fait, c'est transformer le monde en soi-même. Cette opération de manger, on a dit, est d'une grande violence, et c'est une opération que les animaux font aussi. Donc, à la base, vous imaginez qu'un animal prédateur, qui va manger d'autres animaux, qui va les tuer, eh bien, c'est un animal que nous ne mangerons pas. Tous les animaux qu'on va manger, ce sont des animaux végétariens. À la base. Même les oiseaux: il y a des oiseaux qui se nourrissent de viande, des faucons,
des aigles, et eux non plus ne feront pas partie des oiseaux autorisés. Ça veut dire que, je termine la phrase: le fait de manger a transformé le monde en moi. Moi, je suis juif, j'ai l'intention d'être proche d'Hachem, donc je ne peux pas apprendre n'importe quoi pour devenir moi. Donc, déjà, les animaux que je vais choisir sont des animaux qui vont être très doux dans leur comportement. D'où l'expression populaire: « manger du lion ».
Qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui ? T'as mangé du lion ? C'est-à-dire que dans la sagesse populaire, on sait quelque part que si t'as mangé du lion, ça va te changer. Ce n'est pas seulement que t'as pris un bout de viande: ce bout de viande a une origine, c'est quelqu'un, c'est quelque chose. Toi, tu voulais poser une question ?
— Oui, il n'y a pas beaucoup de haïout dans les vers de terre. Il n'y a pas beaucoup de vitalité dans les vers de terre. Où est-ce qu'on passe la frontière de la vie ?
Oui, dans le poulet, il y a de la vitalité. On peut le manger, on peut manger le poulet. Mais les poulets qu'on va manger… [05:04] Maintenant, si vous trouvez un ver de terre, ce n'est pas celui-là qui se mange. Je ne connais pas bien les poulets, tu connais mieux que moi. Ce n'est pas obligé. Mais à la base, on va manger des animaux qui ne vont pas être prédateurs. Moi aussi, j'ai mangé un ver de terre, je ne vais pas le dire, bon appétit… Non, pas forcément. Peut-être que c'est exagéré, parce que je sais déjà qu'on a le contraire avec les poissons, qui mangent des poissons. Les poissons mangent des plus petits poissons. Les poissons, quand on en parlait tout à l'heure, c'est un peu différent de la règle de la cacheroute. On va expliquer pourquoi.
Ils ont une vitalité, mais ce n'est pas une vitalité trop grande, puisque eux-mêmes ne sont pas prédateurs. C'est-à-dire qu'eux-mêmes ne mangent pas du vivant. Ils mangent du végétal. Ils mangent un mouton. Quoi ? Ah, il y a d'autres raisons. Enfin, non. Pour le moment, je donne une introduction pour expliquer ce qu'on mange. Maintenant, on va voir qu'il y a des subdivisions et d'autres halakhot qui font que même certains animaux tout à fait gentils, pour la même raison qu'on a dit tout au début, ne seront pas mangés. Mais ce n'est pas cette raison-là: ça, c'est déjà la deuxième.
On a dit que l'attitude des animaux qu'on va manger est, comme introduction, je répète: manger est la chose la plus violente qu'on puisse faire par rapport au monde. Les animaux qu'on va manger sont généralement des animaux dont l'approche face au monde est une approche douce. Je vais vous donner l'approche la plus douce qu'on trouve chez les animaux. …
Cours de Machon Meir
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