Sainteté de Hachem et connaissance demandée dans la prière
Pourquoi la troisième bénédiction de la Amida explique que Hachem répond à nos prières : parce qu'il est saint, et ce que signifie « Dea, Binah, Ve'askel ».
Rav Oury Cherki
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, Chalom à vous. Nous continuons notre étude sur le texte de la Tefila. Nous avons vu que les trois premières bénédictions du Chmoné Essré ont une signification particulière. Ce sont, si vous voulez, une introduction à la prière. Ce sont des bénédictions qui viennent répondre à des questions. La première répond à la question « Qui ? », la deuxième à la question « Quoi ? », et la troisième à la question « Pourquoi ? »
Dans la première bénédiction, ce qu'on appelle les Avot, on explique à qui la prière est adressée: elle est adressée au Dieu des Avot. Nous avons vu tout ce que cela signifie au niveau de l'identité de celui qui prie et de celui à qui la prière est adressée.
La deuxième bénédiction répond à la question « Quoi ? », c'est-à-dire: qu'est-ce qu'il peut me donner ? La réponse, ce sont les Gvourot, c'est-à-dire la capacité. Qu'est-ce que je peux attendre ? Qu'est-ce que je suis en droit d'attendre de celui à qui je m'adresse ? La réponse, c'est la résurrection des morts. La résurrection des morts, c'est la capacité absolue: tout est inclus là-dedans.
La troisième bénédiction explique le pourquoi. Quelle est la raison pour laquelle ma prière est exaucée ? Pourquoi le Créateur du monde s'intéresse-t-il à mes paroles ? La réponse, c'est parce qu'il est saint.
C'est ce que nous allons voir maintenant. Ata Kadoch, tu es saint. Véchimkha Kadoch, et ton nom est saint. Vé'kédochim békhol yom yehalloukha sela, et c'est pourquoi les saints vont te louer tous les jours, éternellement. Baroukh Ata Hachem, HaEl HaKadoch, tu es source de bénédiction, miséricordieux, qui se manifeste comme Dieu saint.
Alors, c'est quoi cette histoire de sainteté ? Là, ça a besoin d'être expliqué. C'est supposé être compris par le priant, mais nous, qui sommes des étudiants de ce texte, nous n'avons pas encore compris ce que c'est que la sainteté.
— Oui, tu voulais dire quelque chose ?
Bon, si j'ai bien compris ta question, tu demandes: pourquoi est-ce qu'à la fin de chaque bénédiction il y a écrit Baroukh Ata Hachem ? Je pense que toutes les questions que tu as posées sont la même. N'est-ce pas ? Bon.
Tu demandes ce que signifie le fait qu'à la fin de chaque bénédiction on dise Baroukh Ata Hachem, untel. N'est-ce pas ? Je crois avoir compris la question. Ou est-ce que je me trompe ? Tu demandes pourquoi il y a écrit Baroukh Ata Hachem, telle chose. C'est ça ? D'accord. J'avais compris la question. La réponse est en fait très simple.
Quand on dit, par exemple, Baroukh Ata Hachem Chonen Ada'at, tu es celui qui accorde la connaissance, cela veut dire que, même avant ma prière, la volonté de Dieu était de me donner telle ou telle chose. Seulement, ma propre volonté n'avait pas encore atteint le sommet de la volonté de Dieu. Par exemple, je demande une guérison: même avant ma prière, Dieu veut me guérir, mais moi, je ne le voulais pas assez.
Alors je dis Réfaénou, guérissez-nous, et tout ce qui s'ensuit. Ainsi, j'accède au même niveau de volonté que le Créateur, qui, de toute façon, le voulait déjà. C'est cela que l'on dit dans le Baroukh Ata Hachem à la fin de chaque bénédiction. D'accord ?
Une fois que tout cela est bien dit, nous pouvons revenir à HaKadoch. Nous voyons que le pourquoi de la prière, pourquoi HaKadoch Baroukh répond à mes prières, pourquoi il s'intéresse à ce que je lui dis, c'est parce qu'il est saint et que son nom est saint. Que veut dire « il est saint et son nom est saint » ? Pour cela, il faut se référer à ce que dit la Torah à propos de la sainteté, dans le livre de Vayikra, au chapitre 19. Qu'est-ce qu'il dit là-bas ? C'est très simple.
Il parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël en leur disant: Kédochim tihyou, vous serez saints, ki kadoch ani, car je suis saint, Hachem Elohékhem, moi, l'Éternel, votre Dieu. Sans comprendre encore très bien ce que signifie la sainteté, parce que c'est une notion assez nébuleuse, assez floue, il y a une chose qui est très claire: le Créateur nous demande d'être saints parce que lui-même l'est.
C'est bizarre. Cela voudrait dire que, Dieu n'ayant pas de corps, il faudrait que nous non plus n'ayons pas de corps. Pourquoi, parce qu'il est saint, devrais-je devenir saint ? Quand on analyse la phrase de manière naïve, c'est comme si le Créateur disait: pour l'instant, je suis le seul à être saint, et donc je m'ennuie un peu. Soyez saints, nous pourrons jouer ensemble. En réalité, la sainteté est la condition qui nous permet d'entrer en relation directe avec le Créateur.
Il y a bien sûr des conditions de la sainteté. Par exemple, les mitsvot: Hacher kidéchanou bémitsvotav, qui nous a sanctifiés par ses commandements, vétsivanou, et qui nous a attachés à lui. Le mot vétsivanou est à rapprocher du mot tsevet, qui veut dire une équipe: nous sommes ensemble. Il y a comme une volonté du Créateur d'avoir un entretien avec sa créature.
C'est pour cela qu'il est intéressé à mes prières: cela ouvre un canal, un canal de relation directe, de dialogue entre moi et le Créateur. Je lui demande de combler mes besoins, et il me donne ce dont j'ai besoin. C'est donc le sens de Ata Kadoch, tu es saint, et de Véchimkha Kadoch, et ton nom est saint.
Qu'est-ce que le nom ? C'est la manière dont tu es appelé. Le mot Chem, qu'on traduit en français par « nom », signifie aussi, en hébreu, le but. Par exemple, dans l'expression lé'ma, dans quel but ? Le but du Créateur, c'est que sa sainteté se manifeste. C'est la raison pour laquelle Kédochim béchéliom yehalloukha sela, les saints, c'est-à-dire Israël, te louent tous les jours, éternellement. D'accord ?
Le terme de Kadoch implique donc, tout d'abord, une solitude du Créateur, mais cette solitude, il en sort, pour rencontrer sa créature. C'est la raison pour laquelle il s'intéresse à nos prières. D'accord ? C'est extrêmement osé, car sur le plan philosophique, cela pose énormément de problèmes. Cela voudrait dire que Dieu a besoin de quelque chose. Or Dieu, par définition, est l'être parfait, il n'a besoin de personne. Alors comment dire qu'il aurait besoin de quelqu'un ? Vous avez compris le problème ?
La réponse, si l'on veut une réponse d'ordre philosophique, c'est que Dieu n'a effectivement besoin de personne, mais il a voulu avoir besoin. C'est pour nous qu'il a voulu avoir besoin de nous. Il y a un intérêt du Créateur en faveur de sa créature: avoir besoin de la créature. Il nous fait, si vous voulez, une fleur: il nous donne la relation avec lui. Hachem HaKadoch, tu es saint, et ton nom est saint, et c'est la raison pour laquelle les saints te louent tous les jours.
— Je n'ai pas compris.
Donc, la kedoucha a pour but d'introduire une relation sans intermédiaire, immédiate, entre l'homme et Dieu. C'est cela, la kedoucha. Il …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
3 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Amida, Émouna, Pensée juive, Prière, Gueoula.
- 1
Vekone Akol : la Gueoula, un événement pour les pèresPourquoi la libération d'Israël tient à la nécessité historique et non à la conduite des juifs, selon la deuxième partie de la Amida. - 2
Résurrection des morts : les six formes dans la AmidaPourquoi la deuxième bénédiction répète six fois la résurrection des morts, et ce que la vision d'Ézéchiel 37 éclaire. - 3
Sainteté de Hachem et connaissance demandée dans la prièrePourquoi la troisième bénédiction de la Amida explique que Hachem répond à nos prières : parce qu'il est saint, et ce que signifie « Dea, Binah, Ve'askel ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav