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Résurrection des morts : les six formes dans la Amida

Pourquoi la deuxième bénédiction répète six fois la résurrection des morts, et ce que la vision d'Ézéchiel 37 éclaire.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Sainteté de Hachem et connaissance demandée dans la prière, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

La deuxième bénédiction, nous avons déjà commencé à parler de son contenu, qu'on appelle Gevourot. Gevourot, c'est Atta guibor. Il y a ici un sigour là-dessus. On sort de celui-là, mais peu importe. La plupart des Nousakhim, les textes des différents rites, sont très proches les uns des autres, finalement. Donc Atta guibor, cette deuxième bénédiction qu'on appelle Gevourot.

Qu'est-ce qu'il peut me donner ? Quelles sont…

Qu'est-ce que je suis en droit d'attendre de lui ? Ce qu'il peut me donner, ça s'appelle des Gevourot, ce sont des capacités. Quelle est la capacité du Créateur ? Qu'est-ce qu'il peut me donner ? Il peut me donner tout. Qu'est-ce qu'on appelle « tout » ? Il faut quelque chose qui illustre ce tout: c'est la résurrection des morts. C'est-à-dire que la résurrection des morts est une catégorie qui englobe toute autre capacité. Si on peut passer de la mort à la vie, alors tout le reste est réalisable, n'est-ce pas ?

Mais c'est les deux. Oui ? C'est-à-dire qu'on va apprendre de quelle résurrection des morts nous parlons ici. Nous allons voir que le terme de résurrection des morts apparaît dans notre dérara cinq fois, de manière différente. C'est un peu énorme: c'est de la répétition. Je vais vous lire le texte, par exemple.

Rav léhoshia, tu es puissant pour sauver. Machiv haroua oumorid hagachem, tu fais souffler le vent et tomber la pluie. Ensuite, mekhalkel hayim bé'hessed, tu donnes la vie avec bonté. Mekhayé metim, tu fais ressusciter les morts… tu en as déjà dit ? Berahamim rabim, avec une grande miséricorde. Somekh noflim, verofé holim, oumatir assourim, tu soutiens ceux qui tombent, tu guéris les malades, tu libères les prisonniers.

Et tu accomplis ta parole envers ceux qui dorment dans la poussière. C'est donc à nouveau la résurrection des morts, trois fois. « Qui est comme toi, puissant, qui te ressemble ? Roi qui fait mourir et qui fait vivre. » Quatrième fois: résurrection des morts. « Qui fait germer le salut. » Tu es fidèle pour ressusciter les morts. Qu'est-ce qu'on dit là, Jacques ?

Cinq fois. Baroukh Ata Hachem, mé'hayé hametim, béni sois-Tu, Hachem, qui fais revivre les morts: ça fait six fois. C'est-à-dire que six fois, dans la même bénédiction, on dit la même chose. Cela veut donc dire qu'il y a des catégories différentes de la résurrection des morts. Oui, c'est vrai, exactement. Mais, malgré tout, on parle six fois de la même chose.

Enfin, c'est ce qui semble. Bien sûr que ça a une signification. D'ailleurs, il est évident que si l'on a parlé six fois de la résurrection des morts, il ne s'agit pas de la même chose. D'accord ? C'est pour cela que nous sommes là, pour étudier. Bon. Je reprends le texte dès son origine: Atta guibor, tu es puissant. Guibor, puissant, vaillant, héroïque.

Il y a différentes manières de traduire ce mot. Il y a une définition du guibor. On a déjà vu cela à propos de la première bénédiction, El hagadol, guibor vénora. Que veut dire le mot ? Qu'est-ce que le traité de Massekhet Avot définit comme étant le guibor, le vaillant ? Celui qui se contrôle, d'accord ? Eizehou guibor hakovèche et yitzro, qui est le vaillant ? Celui qui domine ses instincts, ses passions. D'accord ? C'est-à-dire celui qui est capable d'aller contre

les pulsions de la nature: c'est lui le guibor. Mais alors, le problème: en quoi le Saint béni soit-Il est-Il guibor ? Oui ? C'est-à-dire qu'Il se retient de détruire le monde. Mais comment ? Pourquoi détruirait-Il le monde ? Parce qu'Il est l'absolu. Parce qu'Il est l'absolu. C'est-à-dire que face à l'absolu, il n'y a pas de place pour un autre, pour du relatif.

Il doit se limiter. Donc l'existence du monde est quelque chose de paradoxal, qui contredit l'être de Dieu. Et pourtant le monde existe. C'est que Dieu se retient, d'accord ? C'est-à-dire qu'Il empêche le ciel de tomber sur la tête. Et quand on a cette crainte, à Yerouchalaïm, c'est qu'on a peur d'une seule chose: que le ciel nous tombe sur la tête. Et là il y a euh…

Ouais, mais enfin, ce n'est pas pour demain la veille. Il y a donc, je pourrais dire, cette bienveillance du Créateur qui permet à un autre d'exister, d'accord ? C'est ça, le guibor. Et comme Il est guibor, alors tout est possible. C'est-à-dire que tout a un sens. Vous savez, quand on fait la liste des principes du judaïsme, Maïmonide nous en donne treize, n'est-ce pas ? Treize articles d'émouna, c'est pour cela qu'on appelle ça ainsi.

Le premier, c'est que Dieu existe, et le treizième, c'est la résurrection des morts. Pourquoi dans cet ordre-là ? Tout simplement parce que, pour ressusciter, il faut bien qu'il y ait un Dieu qui le fasse. Si Dieu n'existe pas, la résurrection des morts n'a pas de sens. Il faut donc placer, sur le plan logique, d'abord l'existence de Dieu, ensuite le fait qu'Il se révèle, qu'Il se manifeste, qu'Il a une Torah, une Providence et tout le reste.

Il faut dire également qu'Il veut rétribuer le bien et le mal, et qu'en fin de compte on arrive à la résurrection des morts, d'accord ? Ça, si vous voulez, c'est du point de vue du plan logique. Mais, par exemple, quand on lit dans le traité de Sanhédrin la Michna qui nous parle de ceux qui ont part au Olam Haba et de ceux qui n'y ont pas part, d'accord ? Il y a là une liste de ceux qui n'ont pas de part au monde à venir: ce sont des méchants, des hérétiques. Le premier de la liste,

c'est celui qui nie la résurrection des morts. Vient ensuite celui qui nie la révélation de la Torah, et en dernier lieu l'apikoros, c'est-à-dire l'athée, celui qui nie l'existence de Dieu. Vous voyez que c'est dans le sens inverse de Maïmonide: on commence par la résurrection des morts, on passe ensuite à la Torah, puis à l'existence de Dieu. On vous dit: c'est le contraire de croire ? À moins que cela veuille dire aussi que ce qu'il est le plus important de croire, c'est d'abord la résurrection des morts, et accessoirement

la Torah, et accessoirement l'existence de Dieu. Parce qu'on peut dire, d'une certaine manière: à quoi me sert un Dieu qui existe s'il n'est pas capable de ressusciter les morts ? C'est-à-dire que le point de départ de la émouna dans le judaïsme, ce n'est pas la métaphysique. Le point de départ, c'est la morale. Or la morale exige qu'il n'y ait rien de tragique, qu'il n'y ait pas de perte irréparable.

Il faut donc que même la mort soit rachetable. Imaginez qu'il n'y ait pas de résurrection des morts: cela voudrait dire que tout ce qu'on fait dans la vie n'a finalement pas de sens, parce que la mort finit par gagner. Cela voudrait dire que, dans le monde de Dieu, il y a un butoir sur lequel on bute, et qu'il y a finalement un échec si la mort l'emporte. Donc il faut d'abord être …

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