Vekone Akol : la Gueoula, un événement pour les pères
Pourquoi la libération d'Israël tient à la nécessité historique et non à la conduite des juifs, selon la deuxième partie de la Amida.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Résurrection des morts : les six formes dans la Amida, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## La première bénédiction
Je pense que ça vaut la peine de continuer le texte. Vous avez devant vous des sidourim. Ouvrez à la page 77: c'est la prière appelée Chmoné Esré, la Amida. Nous avons commencé à étudier la signification des termes, et nous arrivons jusqu'à Vekone Akol, je crois, n'est-ce pas ?
Vous aurez Zokhér Avot, vous l'avez vu aussi. Oui. Ça se trouve dans la toute première bénédiction, et nous sommes à la fin de cette bénédiction: « Il amène un sauveur aux fils de leurs fils, en faveur de Son nom, par amour. » De quoi s'agit-il ? Vous vous rappelez quel est le but de la première bénédiction ?
À qui la prière est-elle adressée ? La première bénédiction répond à la question: qui est celui à qui la prière est adressée ? La réponse, c'est qu'elle est adressée à Celui qui est le Dieu de nos pères, notre Dieu est le Dieu de nos pères, d'Abraham, d'Itshak, de Yaakov, etc. Et cela implique également qu'Il est sauveur, qu'Il est libérateur. Le Dieu d'Israël est un Dieu libérateur.
Comme disait le Rav Tsvi Yehouda Kook, l'Israël véritable, le peuple d'Israël véritable, c'est quand il est l'Israël libéré. Tant que nous ne sommes pas libérés, nous ne sommes pas vraiment encore nous-mêmes. D'accord ? Cela implique donc toute une progression historique, qui s'achève, ou plus précisément qui se parachève.
Lorsqu'il y a un événement tel que, par exemple, la Gueoula, la libération d'Israël, cet événement ne concerne pas ceux qui le vivent. Nous sommes les acteurs d'un événement, mais cet événement n'est pas pour nous. Il est pour nos ancêtres, pour Abraham, Itshak et Yaakov, et comme nous sommes leurs descendants, nous vivons cet événement. C'est comme si c'était pour eux que c'était fait.
Contrairement, par exemple, au comportement au jour le jour du Juif dans la galout, où son comportement le concerne lui. Je mange kasher, je fais Chabbat, je mets les tefilin: c'est pour moi. Tandis que lorsque je reviens en Erets Israël, que je fonde l'État d'Israël, etc., ce n'est pas pour moi, c'est pour mes ancêtres. Pas n'importe lesquels: précisément ces trois-là, Abraham, Itshak et Yaakov. D'accord ?
Ouvo'é lé-Tsion goël, livné vehem. Il envoie donc un sauveur, parce qu'ils sont les enfants de leurs enfants. On ne dit pas « qui nous amène à nous un goël », un sauveur, mais parce que nous sommes les enfants des enfants des Patriarches. Cela explique la suite de la phrase: le'ma'an Chemo, en faveur de Son nom, be'ahava, par amour.
C'est-à-dire que la Gueoula ne vient pas à cause du bon comportement des Juifs, mais parce que c'est une nécessité de l'histoire. On pourrait dire, par exemple: la pluie tombe. Pourquoi la pluie est-elle tombée ? Parce que nous nous sommes bien comportés. Si nous nous comportons mal, la pluie ne tombe pas. D'accord ? C'est ce que dit la Torah en beaucoup d'endroits.
Par contre, le retour d'Israël sur sa terre n'a absolument rien à voir avec cela. Quel que soit le comportement des Hébreux, qu'il soit bon ou, à Dieu ne plaise, mauvais, il y a une nécessité historique du retour. Quoi qu'il en soit, l'histoire doit réussir. Cela peut aller bien, cela peut aller mal, mais l'histoire doit réussir coûte que coûte.
C'est un peu ce qui est dit ici: le'ma'an Chemo, en faveur de Son nom. Qu'est-ce que « en faveur de Son nom » ? Il suffit, pour cela, de voir ce que dit le prophète Ézéchiel.
Dans le livre d'Ézéchiel, au chapitre 37 — non, excusez-moi, au chapitre 36. Grave erreur. Bien que ce soit une erreur, il faut se rappeler que cette division en chapitres est assez tardive. Elle date du XIIe siècle; c'est un moine anglais qui a divisé le Tanakh en chapitres. Nous ne sommes donc pas tellement engagés. Rabbi Akiva ne se serait jamais trompé là-dessus, parce qu'il ne connaissait pas les numéros des chapitres. D'accord.
Je reviens au texte. Dans Ézéchiel, chapitre 36, verset 16: « Vayehi davar Hachem elai lémor », et la parole de Dieu me fut adressée en ces termes. « Ben Adam », fils de l'homme. Qui est le fils de l'homme ? C'est le prophète, c'est Ézéchiel. « Beit Yisraël yoshevim al admatam », la maison d'Israël est installée sur sa terre. « Teme'ou otah », ils l'ont souillée, « be darkam uv'alilotam », par leur comportement et leurs manigances. « K'tum'at ha-nidda hayta darkam lefanai », leur impureté était comme celle de la femme en règle.
C'est-à-dire que Dieu est virulent. Il accuse le peuple juif d'avoir rendu la terre impure. « Va'eshpokh hamati alehem », je déversai ma colère sur eux, « al haddam asher shafkhu al ha'arets », à cause du sang qu'ils ont versé sur la terre, « u've gilloulehem timme'um », qu'ils ont rendue impure par leurs idoles. On connaît ça: les prophètes nous disent toujours des choses pareilles. Vous faites le mal, il ira mal. C'est ce que disent les prophètes.
« Va'afizzotam ba'goyim, va'izzarou ba'aratzot », je les ai dispersés parmi les nations, ils furent disséminés dans les pays. « Kederekhem u'ch'alilotam shafatim », je les ai jugés selon leurs comportements et leurs manigances. Tout cela, c'est du prophétisme classique. On est encore dans le bon cadre: vous faites le mal, vous aurez le mal; vous faites le bien, vous aurez le bien.
« Va'yavo'u el hagoyim asher ba'u sham », ils arrivèrent chez les nations où ils sont allés. Et alors ? « Va'yehal'lu et shemi hakadosh », ils ont alors profané Mon saint Nom. C'est-à-dire qu'après être arrivés parmi les nations, ils ont profané le Nom de Dieu. Tant qu'ils étaient sur la terre, ils ont commis des péchés, mais le péché n'est pas encore une profanation du Nom de Dieu, puisque cela se faisait chez eux, entre eux et Lui.
Une fois arrivés chez les nations, cela est devenu plus grave: il y a une profanation du Nom de Dieu. Pourquoi ? « Be'omram lahem », parce qu'on disait d'eux: « Am Hachem eleh », ils sont le peuple de Dieu, « ve'mē'artzo yatzu », et ils sont sortis de Son pays. C'est-à-dire qu'il y a une profanation du Nom de Dieu, un chilloul Hachem, comme on dit en hébreu, du fait que le peuple de Dieu est en dehors du pays de Dieu.
Vous avez compris ce que dit le prophète. Et cela, indépendamment du comportement des Hébreux. Ils peuvent être des tsadikim ou, à Dieu ne plaise, des resha'im: quoi qu'il en soit, c'est une profanation du Nom de Dieu. D'après le prophète, un bon Juif, qui met ses tefilin tous les jours, qui envoie ses enfants à l'école juive, qui mange de la viande kasher, qui fait tout ce qu'il faut, mais qui est là-bas, profane le Nom.
Que dit le prophète ? Ils ont profané Mon nom, parce que les goyim disent d'eux: ils sont le peuple de Dieu et sont sortis de Son pays. Je n'ai pas besoin …
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