Manitou, la parole retrouvée : présentation du film et débat
Le réalisateur et les intervenants expliquent pourquoi ils ont voulu faire ce film et ce qu'il doit transmettre.
Manitou
Ensuite : Les origines du conflit israélo-arabe, de 1870 à 1950, 1 h 36
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Merci beaucoup, Dikla. Je suis désolé, je ne parle pas hébreu, ce qui, à Jérusalem, est quand même un petit problème, surtout quand on se revendique élève de Manitou. C'est sûr que c'est un peu problématique.
Je sais qu'il y a beaucoup d'entre vous qui m'ont demandé pourquoi nous n'avions pas fait l'avant-première à Jérusalem la première fois, et que nous l'avons faite en réalité à Paris. C'est vrai. On aurait pu. C'est une bonne question, on s'est posé cette question avec Mickaël plusieurs fois. Il y avait plusieurs raisons qui auraient pu la justifier: le site Manitou en hébreu, qui diffuse les enseignements et la pensée de Manitou essentiellement en France; le fait qu'il fallait ajouter le sous-titre en hébreu. Mais ce ne sont pas des raisons suffisantes. Peut-être qu'on aurait dû commencer par Jérusalem.
La seule chose qu'on pourrait expliquer, pour dire qu'on a commencé à Paris, c'est qu'on va essayer d'améliorer ce qui n'a pas tout à fait réussi là-bas. Il y a certaines choses qui n'ont pas tout à fait réussi, même si la projection a été un beau succès et que les gens ont apprécié.
Maintenant, je vous laisse juger la façon dont vous verrez ce film. Les personnes m'ont beaucoup dit à Paris que j'aurais dû dire pourquoi j'ai voulu faire ce film, et c'est vrai que je ne l'ai pas fait à Paris. Je pense qu'il est important que je le fasse ici, avant la diffusion du film. Je sais qu'en Israël, il ne faut pas être trop long avant de diffuser le film, donc je vais essayer d'aller très vite.
Je voudrais quand même dire pourquoi j'ai absolument souhaité que ce film se fasse. Il y a d'innombrables raisons, évidemment, mais la plus importante, c'est que je voulais remercier Manitou. Je voulais lui adresser un témoignage de reconnaissance pour tout ce qu'il m'a apporté. Il a changé mon identité. Il m'a mis sur le chemin. Et je pense que c'est le chemin sur lequel on doit tous aller, qui est celui d'essayer de résorber le décalage qu'il y a entre celui qu'on est et celui qu'on devrait être, pour que l'identité humaine soit authentique, réalisée en nous.
Ceux qui ont étudié avec Manitou, et je crois qu'on est nombreux dans la salle, comprendront ce que je dis: l'étude avec Manitou n'est pas simplement un travail intellectuel. Ce n'est pas simplement un approfondissement des connaissances et des savoirs, même si chez Manitou c'était abyssal, infini. C'est avant tout et surtout un travail au bout duquel l'être va devenir, et l'identité va se dévoiler pour prendre sa place dans l'identité collective.
Donc si j'ai voulu faire ce film, c'est beaucoup pour remercier Manitou, essentiellement pour le remercier de tout ce qu'il m'a apporté. Il y a une deuxième chose, peut-être: à partir de là, on a tous un devoir, une injonction, qui est de transmettre, de faire en sorte que ces enseignements se transmettent de génération en génération. Comme le dit Eliezer Cherki dans le film, je ne dévoile pas plus que ça, la Torah de Manitou, ce n'est pas la Torah de Manitou, c'est la Torah, celle qui s'est transmise et reçue de génération en génération.
Voilà pourquoi j'ai voulu faire ce film. Il y a deux raisons essentielles: la première, c'est remercier Manitou; la deuxième, c'est essayer d'apporter, à mon niveau, une contribution pour que ces enseignements puissent se poursuivre. Merci beaucoup.
Alors, excusez-moi, c'est sous le coup de l'émotion, mais je crois que je dois présenter Mickaël, qui…
Bonsoir à tous, merci d'être venus. J'ai un peu l'impression de fêter ma bar mitsva, là. Je vois des amis, de la famille, le temps passe. Alors merci à Olivier d'avoir pris l'initiative de me demander de faire ce film.
Je vais vous raconter une petite anecdote que j'ai écrite et que j'ai racontée hier encore, dans une interview, et que je répète. Je m'excuse d'avance pour ceux qui la connaissent déjà. Il se trouve que j'ai un tout petit peu connu Manitou. Disons que je l'ai vu quand j'étais gamin, à Paris. Ensuite, lorsque j'ai fait mon alliyah, j'ai assisté à une série de cours sur le livre de Bereshit. Des cours passionnants, comme vous vous en doutez.
Le dernier cours de cette série, c'était en 1995 ou 1996. Oui, 1995. Le dernier cours était consacré aux questions, parce que pendant la série, on n'avait pas le droit de poser des questions. Manitou nous demandait donc de réfléchir à tous ces enseignements et de préparer des questions. À l'époque, j'étais déjà un jeune homme curieux, et j'avais préparé une ou deux questions. Manitou m'a envoyé balader. Il m'a dit: « Mais tu es aveugle ? Tu n'as rien compris ? » ou quelque chose comme ça.
Il était comme ça parfois, Manitou. Lorsque quelque chose ne lui plaisait pas, il le disait franchement, et c'est aussi ce qu'on aimait chez lui: il n'y avait pas de langue de bois chez Manitou.
Mais sa secrétaire m'a contacté par la suite pour me demander de revoir Manitou, qui souhaitait me parler. « C'est qui, le petit jeune homme qui a posé des questions idiotes ? » J'ai pris rendez-vous avec Manitou. Le rendez-vous a été annulé parce que Manitou était malade. On a reporté une première fois, une deuxième fois, une troisième fois. Finalement, le rendez-vous n'a jamais eu lieu, et il est mort quelques mois plus tard.
Je suis donc resté avec cette frustration, cette interrogation: qu'est-ce que Manitou voulait me dire ? Et je pense que la réponse se trouve quelque part dans les milliers d'heures de cours de Manitou, dans les enseignements de ses élèves. J'ai beaucoup appris avec le Rav Cherki, ici présent, qui diffuse souvent la pensée de Manitou. Jusqu'à aujourd'hui, je crois que j'ai fait ce film aussi pour ça: essayer de comprendre ce que Manitou avait à dire.
Mais c'est extrêmement ambitieux, parce que, comme le dit Olivier, comme le dit Eliezer Cherki dans le film, Manitou parlait de Torah, et la Torah, c'est à fort bas, à fort bas des colas bas. Il faut creuser, creuser, il y a tout. Je crois que je ne suis pas près d'avoir ma réponse, mais voilà. J'essaie. J'espère que le film vous plaira. Et surtout, Olivier et moi, on aimerait bien recevoir toutes les critiques, même les plus dures. Soyez comme Manitou, n'hésitez pas à nous dire ce que vous pensez. Merci beaucoup.
— Bonsoir tout le monde. J'imagine que ça doit être très émouvant pour Mickaël et pour Olivier. J'ai participé au film, et de voir le résultat final… C'est un travail qui a demandé beaucoup d'énergie, beaucoup d'idées. Un sujet pareil, c'est un …
— Merci, parce que moi personnellement j'ai raté mon rendez-vous, et je venais justement d'Algérie. Donc moi je dis toujours: quand on voit des Juifs d'Algérie en Israël, on pense tout de suite: ah, tu vas voir des Juifs orthodoxes, des Haredis. On parle comme ça des Juifs. On est en Israël, et j'ai dit: j'ai raté Manitou. Donc il s'est énervé aussi, beaucoup. Culture moderne, parce …
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