Pourquoi Roch Hachana, le premier jour du septième mois ?
Une fête juive naît d'un événement historique vécu par le peuple, non d'une réflexion métaphysique ; le Shofar couronne Hachem.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Roch Hachana des nations, Roch Hachana d'Hachem, 6 min
En bref
Ce cours part de la question « pourquoi Roch Hachana ? » et montre qu'une fête juive doit se rattacher à un événement historique ayant touché Klal Israël, ce qui écarte la création du monde ou la Akedat Yitzhak comme raisons de la fête. Le Rav en déduit que Roch Hachana commémore la libération individuelle de l'esclavage en Égypte, avant la sortie d'Égypte proprement dite. Il explique ensuite la fonction des trois séries de sonneries du Shofar : libérer, couronner Hachem comme roi, et rappeler la promesse faite à Avraham.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tov ! Eh bien les amis, Boker Tov ! Boker Tov ! Et ça y est ! Cette journée d'études ne pouvait pas mieux commencer, puisqu'on peut dire que tout Israël est ensemble. Ça veut dire quoi ? Eh bien ça y est, les Ashkénazim se sont mis aux slichot eux aussi. Donc comme ça, on est tous fatigués, et c'est très bien. Au moins, on ne pourra pas avoir d'excuses. Donc voilà, on est dans la dernière ligne droite de Roch Hachana.
Dans une semaine, dimanche soir prochain, c'est Roch Hachana. Il va donc falloir qu'on se pose un petit peu sur la signification de cette fête. Et non, aujourd'hui nous n'allons pas parler, j'allais dire, de mystique. Aujourd'hui, nous allons parler de tachlès.
Peut-être qu'après, on arrivera à quelque chose de plus important, mais on va d'abord parler du tachlès. Parce que c'est ce qui manque tellement à la majorité d'entre nous: savoir tout simplement répondre à la question « Mais pourquoi ? ». Voilà ce qu'on va essayer de faire aujourd'hui, répondre à la question « Mais pourquoi Roch Hachana ? ». Pourquoi je vous fais cette introduction ? Eh bien tout simplement parce qu'il faut être très conscient et très honnête: on a tendance…
Et plus on est religieux, plus on a cette tendance à balayer d'un revers de la main les questions qui fâchent. Oui, on a tellement de connaissances, on a tellement d'habitudes, que lorsqu'on est face à quelqu'un qui ne connaît pas, ou quelqu'un qui s'interroge, on a du mal à lui répondre. C'est quand même tellement illogique d'appeler cette fête Roch Hachana, alors qu'elle s'appelle dans la Torah « le premier jour du septième mois ». Moi, j'étais au gan.
Avant même le CP, avant l'Akita Aleph, on m'a appris qu'on commençait à compter par un et pas par sept. Comment est-ce que quelque chose qui est appelé « le septième », tu dis que c'est le début ? C'est un problème. Comment est-ce qu'on peut honnêtement parler de Roch Hachana comme étant le jour de la création du monde, de l'homme, alors que dans les Tefilot et dans le Kiddouch de Roch Hachana, on dit en souvenir de la sortie d'Égypte: Zecher Litziat Mitzrayim.
Vous allez me dire: un revers de la main. Oui, mais on dit ça pour toutes les fêtes. Non, c'est pas vrai. À Hanouka, on ne dit pas « en souvenir de la sortie d'Égypte ». On ne peut pas balayer les choses d'un revers de la main. La Torah, c'est sérieux. Les textes sont sérieux. Ils veulent dire quelque chose. Et donc, la question que j'aimerais ouvrir pour notre étude, c'est…
Qu'est-ce qu'on fait, Ribono shel Olam, à Roch Hachana ? Je sais que vous avez déjà plein de réponses à me donner. Et je sais que ces réponses vont tourner autour de la création du monde, et autour d'Abraham Avinou et de la Akédat Yitzhak. Mais ce sont des réponses qui sont irrecevables. Pourquoi ? Eh bien parce qu'il n'existe pas de fête dans le judaïsme qui soit basée sur un événement métaphysique, ou sur un événement qui touche l'un de nos patriarches.
Voire même les trois. Une fête juive, c'est un événement historique qui a touché Klal Israël. S'il n'y a pas d'événement historique qui a touché Klal Israël, il n'y a pas de fête juive. Prenons la fête de Tou BiChvat, que j'adore. Et moi, j'en fais tout un plat à Tou BiChvat. Tout un plat de fruits. Et les Mekoubalim et le Rav Ben Arosh nous ont fait des chiourim extraordinaires sur la puissance de Tou BiChvat.
Mais ceci étant, si quelqu'un ne veut pas manger de fruits à Tou BiChvat, et ne veut rien faire de particulier à Tou BiChvat, moutar, il n'a rien transgressé du tout. Ce n'est pas du tout obligatoire de faire Tou BiChvat. Parce que même si nous savons, et que la Kabbale nous enseigne à quel point c'est un jour important, tant qu'il n'y a pas eu un événement historique, mesurable, qui a touché le peuple juif, eh bien ce n'est pas une fête.
Je vais vous donner un autre exemple, avant de passer aux questions. D'année en année, il y a de plus en plus de gens qui participent à des soirées pour le 19 Kislev, Yod Tet Kislev, nos amis Habad, si vous nous entendez, le jour où l'Admor HaZaken est sorti de prison. Pourquoi pas ? C'est un jour très important, mais c'est un événement qui n'a pas touché Klal Israël. Donc Yod Tet Kislev, c'est sympathique,
mais ce n'est pas une fête obligatoire. À l'inverse, lorsque vous regardez dans le livre Kol HaTor, de Rabbi Israël et Rabbi Hillel de Shklov, les élèves du Gaon de Vilna, qui en fait tiennent un journal de ce qu'ils font lorsqu'ils arrivent en Israël, ils racontent que le Gaon de Vilna leur a demandé de reconstruire la synagogue de la Hourva, mais attention, l'inauguration
doit être le 5 du mois d'Iyar. Pourquoi ? Parce que le Gaon de Vilna, par son étude profonde de la Kabbale, a dit que c'était le jour de la Gueoula. Alors ils l'ont fait. Et ils écrivent qu'ils ont ressenti quelque chose de très fort. Mais l'année suivante, peut-être qu'ils ont marqué le coup, mais ce n'est pas devenu un jour de fête. Le 5 Iyar est resté le 5 Iyar. Certains l'ont commémoré, d'autres pas.
Il va falloir attendre deux cent cinquante ans pour que le 5 Iyar devienne le jour de la création de l'indépendance de l'État d'Israël. Et, suite à cet événement historique qui touche Israël, le grand rabbinat d'Israël va décréter Yom HaAtzmaout comme étant une fête. Il y a eu un événement historique, donc il y a une fête. D'accord ? Et donc, lorsqu'on regarde les choses ainsi, chaque fête du peuple juif doit être rattachée à un événement.
Lorsqu'on parle de Pessa'h, l'événement est clair: nous fêtons la sortie du peuple juif d'Égypte. Lorsqu'on parle de Chavouot, qu'est-ce qu'on fait ? On a l'habitude de dire le don de la Torah. Mais vous savez bien que non. On n'a pas reçu la Torah à Chavouot, Rabotai. Le jour de Chavouot, on n'a reçu aucune Torah dans la main. Qu'est-ce qu'on fait à Chavouot ? Eh bien, on fête le dévoilement divin au peuple juif, au mont Sinaï. Ah, c'est énorme !
C'est énorme. C'est un événement incroyable. Dieu nous a parlé. C'est fantastique. Qu'est-ce qu'on fête à Hanouka ? On fête la victoire contre les Grecs. Qu'est-ce qu'on fête à Pourim ? Le fait que nous ne nous sommes pas laissé faire, et que nous avons réussi à battre nos ennemis. Qu'est-ce qu'on fête à Souccot ? Hein, qu'est-ce qu'on fête à Souccot, Rabotai ? Non, parce que c'est dans pas très longtemps. La fête des cabanes. Mais quel rapport avec les cabanes ?
Ceux qui vont, qui sont en train de me répondre avec leurs micros fermés, disent: ce sont les Ananei HaKavod. Je te dis, mais attends, mon ami, les Ananei HaKavod, on les a reçus dès qu'on est sortis d'Égypte ? À Pessa'h …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Cent cours sur Roch Hachana, réunis pour la première fois en un seul parcours. De Manitou au Rav Fiszon, du Rav Cherki au Rav Akerman, quatorze Ravs abordent le même jour sous des angles différents.
- 42
Roch Hachana, les quatre sonneries du shofarLibération, royauté de Dieu, lien à Israël et Gueoula : ce que signifient les quatre séries de sonneries. - 43
Les trois chofars du Rav Kook en septembre 1933Le Rav Kook compare chofar gadol, benoni et katan, de la halakha à la Gueoula, en septembre 1933. - 44
Roch Hachana, jugement ou couronnement de DieuPourquoi Roch Hachana n'est pas un simple tribunal : l'acceptation de la royauté divine précède le jugement. - 45
Pas d'événement, pas de fête : la règle du calendrierUne fête juive naît d'un événement historique officiel, et non d'un souvenir personnel ; le cours examine où tracer la frontière. - 46
Pourquoi Roch Hachana, le premier jour du septième mois ?Une fête juive naît d'un événement historique vécu par le peuple, non d'une réflexion métaphysique ; le Shofar couronne Hachem. - 47
Roch Hachana des nations, Roch Hachana d'HachemPourquoi Tichri est le Roch Hachana des nations, et pourquoi c'est en réalité la fête de la royauté d'Hachem. - 48
Les haftarot de Roch Hachana et la compassion de HachemPourquoi la haftara lit l'histoire de Hanna et le rahamim divin dans les Nevi'im. - 49
Mizmor 81 et 130 : Roch Hachana et KippourLe mizmor 81 lu à Roch Hachana, le mizmor 130 à Kippour, et ce qu'ils disent de la langue et du cri. - 50
Le baal téchouva et le tsadik, selon le Rav ChouraquiPourquoi Rabbi Avou place le baal téchouva au-dessus du tsadik, et ce que l'effet Mpemba éclaire. - 51
Roch Hachana, la naissance commence par la têtePourquoi la pensée ouvre l'année, puis le cœur à Kippour et l'action à Souccot.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav