Pas d'événement, pas de fête : la règle du calendrier
Une fête juive naît d'un événement historique officiel, et non d'un souvenir personnel ; le cours examine où tracer la frontière.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Pourquoi Roch Hachana, le premier jour du septième mois ?, 58 min
En bref
Le cours part d'une règle simple : une fête juive commémore un événement historique qui a touché le peuple juif, et sans un tel événement il n'y a pas de fête. Le Rav Eytan Fiszon applique ce critère à Roch Hachana, en montrant qu'elle n'est ni le début de l'année (Nissan est le premier mois de l'année pour la Torah), ni la fête de la création du monde (déjà rappelée chaque Chabbat, et sujet de désaccord entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua). Il s'appuie sur le texte de la Torah, sur la Guemara de Roch Hachana et sur la halakha pour distinguer ce qui relève réellement de la fête de ce qui ne l'est pas.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Une année à Kokhav Yaakov
Chalom à tout le monde. Je m'appelle Eytan Fiszon et j'étais à votre place il y a à peu près 21 ans. J'étais ici à Ohel Eliyahou, à Kokhav Yaakov. C'était absolument pas comme maintenant. C'était un autre concept. D'abord, toutes ces salles, toutes ces classes, ça n'existait pas. On venait d'inaugurer le nouveau Beit Hamikdash, mais en version plus petite. On n'était pas du tout dans le grand Beit Hamikdash qu'on a aujourd'hui. C'était un petit Beit Hamikdash. L'Apnémia venait de commencer. Il y avait encore des gens qui dormaient dans des caravanes en haut. C'était une ambiance.
Il y avait encore le Rav Shaoul David. Et il y avait encore le Rav Moshe, le père du Rav Shaoul David.
Après, je suis rentré à l'armée, dans Saïret Givatik. J'ai donc dû arrêter. J'étais six mois, en fait, ici. Après, je suis revenu après l'armée. Je suis resté encore un peu. Non, j'étais un an au Makhon Meir. Ensuite, je suis venu ici, ensuite je suis rentré à l'armée, et après l'armée, je suis revenu ici un petit peu. Voilà. On est mieux à Kokhav. À l'époque, à Kokhav, c'était vraiment le début de l'aventure. C'est une ambiance de se dire que tu participes à la construction de quelque chose. C'était très sympa.
Après, je suis passé par Its Hakotel pendant un an, et je suis parti ensuite au Merkaz HaRav pendant neuf ans. Et voilà. C'est l'ambiance. Et le Rosh Yeshiva m'a demandé de venir faire cours cette année. Donc, Bézrat Hachem, je vais avoir l'honneur de venir vous faire cours cette année, a priori le lundi soir.
Avant les fêtes, je n'en ai pas encore parlé avec la Nala, mais normalement on donne cours à 18h30, et après les fêtes, il faudra que ça passe un peu plus tard, à 20h30, je crois. Non ? Il y a un truc ? Tu as quoi à 20h30 ? Ah, c'est bon alors. C'est pas grave, on est chauds. C'est-à-dire que tu feras le foot avant. Au lieu de faire le foot après, tu feras le foot avant. C'est ça ? D'ailleurs, je peux aussi venir pour le foot, parce que j'ai vu votre niveau. Il va falloir qu'on élève un petit peu le niveau.
Parce que je viens d'arriver, la première chose que je vois, c'est un tir totalement pas cadré. À un moment donné, c'est pas possible. Celui qui sait pas tirer au foot, il saura pas tirer à l'armée non plus. Il faut faire très attention, c'est très important.
Alors, regardez. De quoi on va parler ? On n'a pas de thème en particulier pour toute l'année. Au fur et à mesure, on va apprendre à se connaître. Si vous avez des thèmes que vous voulez aborder et que vous n'osez pas aborder avec les autres rabbanim, parce que les autres rabbanim sont plus « normaux » que moi, vous me direz. Là, en l'occurrence, j'imagine que vous allez avoir des cours sur les fêtes et tout ça, mais on va essayer de les aborder sous un angle que, à mon avis, à Kokhav, on n'aborde pas. C'est-à-dire ?
Donc aujourd'hui, on va commencer un cours sur Roch Hachana. Je ne sais pas combien de temps ça va nous prendre. Soit on termine aujourd'hui, soit on terminera la semaine prochaine. Ensuite, on a trois cours avant les fêtes: deux cours avant Roch Hachana, et ensuite un cours, j'imagine, juste avant Kippour. On va essayer de parler un petit peu de ce qu'on peut parler. Ok ? Ça marche ? Yallah ! Tov !
Ce que je ne vous ai pas dit, et que vous ne savez pas, et qu'il est très important que vous compreniez pour comprendre dans quel état d'esprit je suis: avant la yeshiva, avant le Makhon Meir, et donc avant Kokhav Yaakov, dites-vous bien que deux mois avant de venir à la yeshiva, je ne faisais pas Chabbat, je ne mangeais pas casher, et je n'ai pas grandi dans une famille religieuse. Je viens de France.
## Une enfance à Metz
J'ai grandi à Metz. Tu connais Metz ? C'est là-bas, dans le nord-est de la France. — Ton quoi ? — Un pote ? — C'est à côté du Luxembourg ? — D'accord.
Les gars, je vous promets, vous n'êtes pas obligés d'être avec les portables. Ceux qui ont des portables, vous allez survivre une heure sans les portables. Je vous en prie. Parole d'honneur. Même toi, je te promets.
Alors, comment je suis revenu à la Torah ? D'abord, que tu saches, je viens d'une famille pas religieuse, mais on allait à la synagogue tous les Chabbat. On y allait en voiture, on revenait en voiture aussi. On faisait kidouch tous les Chabbat. On baissait un peu le son de la télé pour faire kidouch, et ensuite on faisait kidouch. C'est comme ça que j'ai grandi. Je ne me suis même pas posé la question. Je savais qu'il y avait des religieux. En l'occurrence, le frère de mon père, c'était le rabbin, le rabbin du consistoire. Mais nous, on n'était pas du tout religieux.
On mangeait casher, viande à la maison, mais pas casher-lait. C'est-à-dire que la viande à la maison, c'était vraiment casher, c'était mehadrin. Mais pas parce que mes parents avaient une émouna dans la viande. C'est juste que mon père voulait que la famille reste unie. Il a dit à son frère: « Voilà, tu es le rabbin, tu nous dis tout ce qu'il faut faire pour que ce soit casher, viande, comme ça on pourra faire des repas de Chabbat tous ensemble, et tu viendras. » Donc il lui a dit: « OK. » Deux éviers, deux vaisselles, deux machins, deux trucs, deux bidules, trempé, etc. Tout ce qui était côté viande était ultra-casher. Côté lait, c'était fruits de mer, c'était des trucs… Moi, je n'ai jamais aimé les fruits de mer, ça me dégoûtait. Poisson pas casher, etc., non.
McDo, évidemment. Le McDo, la base… Mais des fois, des fois… Alors, franchement, le fish, il était meilleur. Le menu best-of filet, avec un filet en plus… Alors, je mangeais la viande dehors, pas casher. Le porc, alors, pas la tréfa. Un jour, peut-être qu'on fera un cours là-dessus, pour comprendre pourquoi le cochon a pris un statut différent dans le judaïsme, alors qu'en vrai, al pi halakha, ce n'est pas plus grave de manger du cochon que de manger un autre animal pas casher.
— C'est-à-dire ?
Les chevaux, par exemple. Les chevaux, par exemple. Mais j'en ai… Bekidzor. Donc voilà, c'est l'ambiance dans laquelle je grandis. Très communautaire. On vient à la synagogue tous les Chabbat, les fêtes, etc. Mais pas du tout religieux.
Quand j'ai 7 ans, on ne m'a pas demandé mon avis, on m'a mis aux EI. Je ne sais pas si vous connaissez. — Ouais, t'as été aux EI ? Quel GL tu étais, toi ? — Quel GL ? — GL de Nice ? — De Nice ? Nice venue au dernier. T'es fait. Donc moi, j'étais aux EI, mon père était …
Cours d'Orot veKelim
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