Choisir la vie avant Roch Hachana
Nitsavim : le choix fondamental de la vie, et pourquoi la demande « Zokhrénou le-hayim » se fait pendant les Dix Jours de Techouva.
Plusieurs Rabbanim
En bref
Le cours, donné par le Rav Yehuda ben Nishai à l'occasion du dernier Shabbat avant Roch Hachana sur la paracha Nitzavim, part du verset « je mets devant toi la vie et la mort » pour montrer que le choix fondamental de l'homme doit être celui de la vie, et non seulement le désir de vivre. Il explique que la Torah relie ce choix au tov, et que la vie s'évalue à sa capacité de se transmettre à ses descendants. Il présente aussi la formule « Zoohrenu lechayim » récitée pendant les Aseret Yemei Tshouva et le sens de la demande « Mechaye hachayim », « celui qui fait vivre les vivants ».
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
En direct sur l'île Maud. Shalom à toutes, shalom à tous. Nous sommes très heureux de nous retrouver pour le cours de paracha de Shavouot avec Rabbi Yehuda ben Nishai. Paracha Nitzavim. Rabbi Nishai, vous voulez nous parler aujourd'hui de choisir, choisir la vie. Shalom, shalom. On peut déjà dire Chabbat Chalom et même Chana Tova.
C'est notre dernier Chabbat avant Roch Hachana, un Chabbat très particulier. Je voudrais commencer une introduction à Roch Hachana. À la fin de notre paracha de Nitzavim, nous sommes invités à choisir la vie.
C'est le titre de notre cours aujourd'hui. À partir de lundi soir, c'est-à-dire du premier soir de Roch Hachana, nous allons introduire régulièrement dans toutes les prières, les amidot que nous allons faire, jusqu'à Kippour compris, une demande supplémentaire. Selon nos sages, cela se fait pendant dix jours d'affilée, dans toutes les amidot.
La demande que nous allons adresser à HaKadosh Baroukh Hou est une demande très importante, vous allez évidemment le comprendre, puisque nous allons lui demander de vivre, nous allons lui demander la vie. Je lis ce que nous allons ajouter dans ces amidot à partir de lundi soir. Il faut faire très attention à ne pas oublier cette formule, qui a une place tout à fait particulière. En général, on n'a pas le droit de faire de demande dans les trois premières bénédictions de l'amida. Or, d'après les Guéonim, il y a une exception. Cette exception apparaît pendant les dix jours appelés Aseret Yemei Techouva.
Qu'est-ce que nous demandons ? Zokhrénou lé-chayim, rappelle-nous, rappelle-toi de nous pour la vie. C'est-à-dire que nous demandons à HaKadosh Baroukh Hou de se souvenir de nous quand nous allons nous présenter devant lui.
En tant que roi, roi de l'univers, en ce jour de la création, de la création de l'homme, quand tu verras apparaître notre être devant toi, souviens-toi de nous pour la vie, car tu es un roi qui désire la vie.
Ouktov-énou be-sefer ha-chayim, inscris-nous sur le livre de la vie: Mancha Elohim chayim. Pour toi, envers toi, qui es le Dieu de la vie. Dans cette phrase, le concept de vie est répété quatre fois: Zokhrénou lé-chayim, Melekh hafetz ba-chayim.
Il y a quelque chose de particulier dans cette demande. Chaque fois que nous réclamons, nous implorons HaKadosh Baroukh Hou de nous accorder la vie, nous argumentons, nous apportons comme raison le fait que Dieu lui-même désire la vie. Il est un Dieu de vie.
La paracha que nous allons lire ce Chabbat est, la plupart des années, la paracha qui précède Roch Hachana. Nitzavim clôture l'année qui se termine et nous prépare à Roch Hachana. Et il se trouve qu'à la fin de la paracha, nous sommes devant un choix. Il faut bien le comprendre et bien l'intégrer.
Je vais vous lire un premier verset, qui est pratiquement l'avant-dernier verset de notre paracha. Nous sommes au chapitre Lamed, et je lis maintenant le verset 19, l'avant-dernier verset de la paracha. Merci à Aaron de nous présenter le verset.
« Je prends à témoin aujourd'hui les cieux et la terre. Je donne devant toi soit la possibilité de vivre, soit la possibilité de mourir, soit la bénédiction, soit, que Dieu nous préserve, le contraire. Et tu choisiras quoi ? »
Il y a une remarque intéressante. Il n'est pas écrit: tu choisiras de vivre. Il est écrit: tu choisiras la vie. Comme choix fondamental, tu choisiras la vie. Non pas de vivre, mais la vie. Ton choix sera toujours un choix de vivre: Lema'an tiḥyé, ata ve-zarekha, afin que tu vives, toi, aussi bien que ta postérité, ta descendance.
Ce que la Torah nous dit maintenant, c'est qu'il doit y avoir, au niveau de l'homme, un choix fondamental. Le choix fondamental de l'homme n'est pas le choix de la vie. On sait qu'il y a un instinct de vie, et cela se rallie évidemment à ce que nous sommes en train de dire. Mais il y a beaucoup plus que cela. L'homme est un être qui exerce son libre arbitre pour faire des choix. Et ce que la Torah réclame de nous, c'est que le choix fondamental que nous devons faire soit un choix de vie.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Avant d'essayer de comprendre, je voudrais faire une remarque importante: pourquoi cela nous est-il dit avant Roch Hachana ? Précisément parce qu'il y a un lien profond entre le choix que nous allons faire et ce que Dieu va nous accorder.
Je m'explique. Nos sages nous enseignent un principe fondamental: Dieu se conduit avec l'homme comme l'homme se conduit lui-même. Mida keneged mida. Or, si l'on veut réclamer de HaKadosh Baroukh Hou la vie, cela doit être précédé par notre choix de vivre. Quand HaKadosh Baroukh Hou remarque, voit dans notre conduite, dans notre comportement, dans nos choix, qu'il y a un choix de vie, alors il se conduit vis-à-vis de nous selon notre propre choix.
Il ne s'agit surtout pas d'être passif. On doit avoir un choix renouvelé de la vie, en permanence. Et ce choix permanent que nous faisons de la vie, c'est ce qui va attirer à nous la vie que HaKadosh Baroukh Hou veut nous donner, dont il veut nous nourrir. Donc cela commence par nous.
Quand nous allons nous présenter à Roch Hachana et dire à HaKadosh Baroukh Hou: souviens-toi de nous pour la vie, nous ajoutons aussitôt: Melekh hafetz ba-chayim. Pourquoi osons-nous te demander cela, Dieu, l'Éternel ? Pourquoi osons-nous te demander Zokhrénou lé-chayim ? Parce que nous savons que c'est ce que tu attends de nous: que nous choisissions de façon fondamentale la volonté de vivre.
Quelques versets auparavant dans notre paracha, il nous est déjà dit, je parle du verset 15. Merci, Aaron, de nous présenter le verset.
« Regarde, je mets devant toi, je donne devant toi aujourd'hui, Ve-hayim ve-hatov, la vie et le bien, ou ve-hamavet, la mort et le mal. » Selon le contexte général de la paracha, on peut attribuer ce jour au jour de Roch Hachana.
Rachi nous dit qu'il y a un lien entre les deux: choisir la vie, c'est choisir le bien. Et la Torah nous explique que le choix de vivre, ou bé-harta ba-chayim, plus exactement le choix de la vie, passe par le choix du tov, de ce qui est bon. Parce que ce qui est tov amène la vie.
Il s'agit d'une vie qui n'est pas passagère. Comme on l'a vu dans le verset précédent, HaKadosh Baroukh Hou veut que notre choix ne nous concerne pas seulement nous-mêmes, mais concerne aussi notre descendance. Il attend de nous que nous fassions apparaître une vie.
Nous venons de voir dans Rachi qu'il y a donc un lien profond. Le choix fondamental, ba-harta ba-hayim, n'est pas le choix de vivre, car on a envie de vivre, mais le choix de la vie. C'est-à-dire que la vie doit être notre modèle.
Quand nous nous demandons comment adopter ce modèle, nous devons toujours nous poser la question: y a-t-il quelque chose de tov, quelque chose de fondamentalement bon, qui apparaît dans notre …
Cours d'Orot veKelim
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