Le baal téchouva et le tsadik, selon le Rav Chouraqui
Pourquoi Rabbi Avou place le baal téchouva au-dessus du tsadik, et ce que l'effet Mpemba éclaire.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Roch Hachana, la naissance commence par la tête, 15 min
En bref
Le Rav Yitzhak Chouaki ouvre son cours sur la téchouva en temps de crise sanitaire en partant du débat talmudique entre Rabbi Yo'hanan et Rabbi Avou : le baal téchouva peut-il dépasser le tsadik ? Il présente les réponses du Rav Nissim Gaon, qui distingue la récompense, et du Rambam, qui distingue les mitsvot sikhliyot, comprises par la raison, des mitsvot chim'iyot, reçues par l'ordre divin. Il montre ensuite le lien entre téchouva et refoua (guérison), notamment dans l'ordre des bénédictions de la Amida, et conclut qu'une crise n'est pas un simple retour à l'état antérieur mais l'occasion d'inventer un état nouveau.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonsoir à tous. Nous allons commencer le cours, qui va être donné par le Rav Yitzhak Chouaki et qui est proposé par la Midrash Etiouda. Le sujet du cours aujourd'hui est la techouva en temps de crise sanitaire. Ce cours est dédié à la léilouy nichmat de Lévi ben Zevouloun, vesimra. Bechavod Rav Chouaki. Erev tov à tout le monde. Le chiour s'intitule:
Techouva en temps de crise sanitaire. D'une manière plus générale, nous allons essayer de voir comment aborder la techouva à travers une réflexion sur la techouva en rapport avec la santé et la guérison. C'est une idée très ancienne, qui a été longuement développée par les hachamim et qui a donné lieu à beaucoup de développements et d'approfondissements.
Sur le parallèle entre techouva et refoua, techouva et guérison. Pour aborder ce thème, nous allons commencer par une problématique qui est l'une des plus classiques de la techouva, et qui mérite d'être revue et réapprofondie, même si elle est, de fait, parmi les plus essentielles. À savoir, en premier lieu, le rapport entre
le baal téchouva et le tsadik. C'est-à-dire entre celui qui fait techouva, celui qui était loin, qui avait fauté et qui est finalement revenu, s'est approché et a fait techouva, et le tsadik, qui a toujours été dans une conduite correcte. C'est un débat qui figure à la fois dans la Guemara, chez nos hachamim, et qui est un vieux débat, je dirais même philosophique.
Depuis l'origine même de la philosophie en Grèce, on se pose ce problème: lequel est le plus louable, celui qui se conduit naturellement, de manière directe, sans avoir besoin de fournir d'efforts sur le bon chemin, ou celui qui, au contraire, lutte contre sa nature pour finalement réintégrer le bon chemin ? Pour commencer ce débat, il y a une sougya dans Massekhet Berakhot.
Il existe une machloketet essentielle entre Rabbi Yohanan et Rabbi Av'ou. La Guemara nous dit, d'après Rabbi Yohanan, que le rapport entre les tsadikim et les baalei techouva est nettement en faveur des tsadikim. Tout ce qui a été promis comme sakhar, comme récompense, dans les Neviim, cela concerne ceux qui, à l'instar du peuple juif qui se rapproche de HaKadosh Baroukh Hou, feront techouva, et ils recevront ces différentes récompenses. En revanche, pour les tsadikim, il est écrit: Ayin nora Elohim zulatekha — même les Neviim n'ont pas pu savoir ce que HaKadosh Baroukh leur donnera véritablement comme récompense. C'est quelque chose qu'HaKadosh Baroukh réserve entièrement aux tsadikim. D'après Rabbi Yohanan, le tsadik a
un niveau, une récompense, un sakhar plus élevé que celui que reçoivent les baalei techouva. La Guemara ajoute: « Ou pligá de Rabbi Av'ou », et c'est en opposition à l'opinion de Rabbi Av'ou, qui est l'élève de Rabbi Yohanan, et qui dit
que la place accordée aux gens qui ont fait techouva est une place où même les tsadikim ne peuvent pas se tenir. Autrement dit, les tsadikim sont à un niveau moins élevé que celui du baal techouva. Rabbi Yohanan et Resh Lakish sont donc en désaccord, et différents passages sont évoqués pour soutenir l'une ou l'autre position. Shalom, shalom, larachok velakarov: HaKadosh Baroukh dit: je donne la paix à celui qui est loin et à celui qui est proche. Et d'après Rabbi Av'ou, on a mis en premier lieu le rachok, celui qui était éloigné, puis le karov, et ensuite celui qui était déjà proche. HaKadosh Baroukh Hou donne donc la priorité à celui qui a fait techouva sur celui qui a toujours été proche.
C'est d'ailleurs très intéressant, parce que Rabbi Yohanan répond à ce verset, qui semblerait prouver totalement ce que dit Resh Lakish. Non, celui qui est rachok et karov n'est pas celui qui est loin d'HaKadosh Baroukh Hou ou proche de HaKadosh Baroukh Hou. C'est celui qui est loin du péché et celui qui est proche du péché: rachok min haavera, en premier, c'est-à-dire le tsadik, et ensuite celui qui est karov de la faute et qui a fait techouva, c'est-à-dire le baal techouva. C'est une manière un peu originale, parce que le sens premier du texte semble donner raison à Rabbi Av'ou. Et au niveau de l'étude du Talmud, la halakha, chez le Rambam, a été tranchée selon l'opinion de Rabbi Av'ou.
C'est-à-dire que « bimakom she-baalei techouva omdim, einam tsadikim gemourim yekholim la'amod »: les baalei techouva ont un niveau supérieur à celui des tsadikim, une place plus élevée que celle des tsadikim. Et beaucoup se posent la question: comment se fait-il que le Rambam tranche la halakha comme Rabbi Av'ou, qui était l'élève, et non comme Rabbi Yohanan, qui était le maître ? Certains disent que la logique, la svara, l'esprit, la raison,
donne raison à Rabbi Av'ou. Ce n'est pas du tout évident, on va le voir dans un instant: c'est un grand paradoxe que dit Rabbi Av'ou. Ce n'est pas du tout évident, au contraire, c'est un grand hiddouch. En tout cas, il y a beaucoup de réponses qui ont été données, qui ont cherché, dans la position de Rabbi Av'ou, qui était plus spécialiste des problèmes de haggada et du pchat du verset, de quoi donner raison à Rabbi Av'ou. Certains ont dit que c'est parce qu'il est plus tardif, Bava Batra, postérieur au premier. Il a donc les arguments de celui qui précède, et il a malgré tout la halakha comme lui.
Mais il y a une raison très simple pour laquelle la halakha a tranché selon Rabbi Av'ou, et c'est ce qu'explique le Hida dans son commentaire sur le Talmud et dans ses kelalim du Talmud. Le Talmud écrit « ou pligá » de Rabbi Av'ou lorsque, dans une sougya de la Guemara, une opinion est évoquée. Et après cette opinion, la Guemara dit « ou pligá » de Rabbi Untel, et cette opinion est en désaccord avec l'opinion d'un tel. C'est pour nous dire que la halakha est comme un tel, et non comme ce qui a précédé. Ici, on avait donné l'opinion de Rabbi Yohanan, puis la Guemara dit « ou pligá » de Rabbi Av'ou, et cette opinion est en opposition avec celle de Rabbi Yohanan; par conséquent, la halakha est comme Rabbi Av'ou. Et c'est ainsi que la halakha est tranchée.
Le problème, c'est que, pour commencer, ce n'est pas vraiment une halakha. C'est plutôt une considération, puisqu'il n'y a pas de nafka mina, de conséquences pratiques, a priori. Mais en tout cas, il y a un grand débat pour comprendre comment il se fait que le baal techouva puisse obtenir un sakhar, un niveau, une valeur plus grande que celui qui a toujours été dans le bien. Celui qui a toujours fait le bien n'a pas eu besoin de réparer; il a toujours été proche, et il a pu, dans cette proximité, continuer à s'élever encore davantage. Alors, le baal techouva, on veut bien lui accorder la techouva, le pardon, c'est une faute, d'accord ? Mais pourquoi lui donner
plus même que le tsadik ?
Sur cette question, il y a deux grandes traditions, deux grandes réponses, plus ou moins différentes, chez tous les hachamim. La première, qui …
Cours d'Orot veKelim
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