Mizmor 81 et 130 : Roch Hachana et Kippour
Le mizmor 81 lu à Roch Hachana, le mizmor 130 à Kippour, et ce qu'ils disent de la langue et du cri.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Le baal téchouva et le tsadik, selon le Rav Chouraqui, 1 h 24
En bref
Le Rav Yitzhak Chouraki étudie les mizmorim 81 et 130, lus pour Roch Hachana et Yom Kippour, et montre comment le Chofar et le thème de l'écoute relient le couronnement d'Hachem à l'appel à la techouva. Il explique pourquoi Roch Hachana est le jour où le mois est caché, jour du jugement, et comment la tradition associe Roch Hachana à la sortie de prison de Yossef. Il développe enfin le contraste entre la voix brute du chofar et la richesse des langues et des prières, ainsi que la distinction entre écouter le sens d'une prière et écouter sa musique.
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Mesdames, messieurs, bonsoir. Nous sommes très contents. Grâce à Midrach Etiouda Manitou, nous nous retrouvons avec le Rav Yitzhak Chouraki. Et nous n'avons même pas eu à attendre deux semaines, puisque c'est deux semaines en semaine, Baroukh Hachem. Je pense que c'était pour avoir de bonnes énergies avant les fêtes. Nous continuons donc avec des Mizmorim qui sont liés aux fêtes, puisque ce sont les Mizmorim 81 et 130 qui sont liés à Roch Hachana et à Kippour. Nous allons découvrir comment et pourquoi, grâce au Rav Chouraki.
Bonsoir à tous, effectivement. Nous n'avons pas attendu deux semaines, mais ce que nous allons faire ce soir, c'est un tour de force, enfin, nous allons essayer de faire un cours qui traite à la fois de Roch Hachana et de Kippour de la semaine prochaine. Comme la semaine prochaine, notre horaire, c'était le… Roch Hachana, donc nous faisons les deux d'une semaine, et en même temps nous allons faire quelque chose que nous n'avons jamais fait: nous allons essayer de faire deux Mizmorim ensemble. Nous allons les apprendre un peu moins… déjà, un Mizmor, ce n'est pas facile, mais deux d'un coup ! Nous ne les approfondirons peut-être pas autant, mais nous essaierons en tout cas d'évoquer quelques éléments qui peuvent être pour nous fondateurs pour les fêtes, à la fois pour Roch Hachana et pour Kippour.
Bien entendu, l'idée même d'étudier les Tehilim en relation avec la paracha, nous l'avons faite toute l'année, mais en relation avec les fêtes, c'est une idée assez de base, puisque nous savons que dans nos tefillot il y a des Mizmorim associés aux fêtes. Des Mizmorim, je dirais, officiels: nous commençons les prières avec ces Mizmorim-là. Ce que nous allons étudier, c'est d'une part le Mizmor 81, celui par lequel nous commençons la prière du soir de Roch Hachana: Ranenou lE-lohim Ouzénou, hariou lE-lohei Yaakov.
Ensuite, le Mizmor, Mimamakim Kera'tikha, qui est lié à la fois à Kippour et aux Aseret Yemei Techouva d'une manière générale. Pour commencer le Mizmor 81, c'est d'ailleurs un Mizmor intéressant, parce qu'on le lit aussi le Yom Hamishi. Il y aurait une autre étude à faire sur le même Mizmor qui a deux fonctions différentes, puisqu'on le lit toutes les semaines comme étant le Mizmor du… jeudi. En tout cas, pour Roch Hachana, on nous dit que c'est le Mizmor qui était récité au Beit Hamikdach à Roch Hachana.
C'est déjà quelque chose d'assez important. C'est à la fois nous qui le lisons dans nos prières, en commençant la fête par ce Mizmor, mais c'est aussi ce qui se faisait au Beit Hamikdach. Et il y a une allusion, un ancrage très simple, de base, qui a été longuement développé dans ce Mizmor. Il est écrit au verset 4: Tiq'ou baHodech chofar, baKessé, leyom hagueinou. C'est-à-dire: sonnez du chofar à la nouvelle lune, à la pleine lune, au jour de notre fête.
Il s'agit donc du chofar au début du mois, le premier jour du mois, et la fête qui tombe le premier jour du mois, c'est Roch Hachana. BaKessé, leyom hagueinou, c'est un peu difficile. On a différentes interprétations, notamment le Targoum des Tehilim sur ce verset nous dit: dans le mois, Amit Kassé, le jour… le mois qui se cache.
Pour quelle raison se cachent-ils ? Parce qu'un des éléments essentiels de Roch Hachana, qui justifie, qui explique d'ailleurs la raison pour laquelle on fait deux jours de Roch Hachana même quand on est en Erets Israël, c'est que, même en Israël, l'expérience première de tout Juif à l'époque où l'on faisait proclamer les mois à travers la vision de la lune, c'était de regarder le soir de Roch Hachana: est-ce qu'on voit la nouvelle lune ? Et si on ne l'a pas vue, ce sera normalement le deuxième jour
qui sera le jour véritable du premier Tichri. Ce mois-là, à la différence des autres fêtes qu'on célèbre lorsque le mois est déjà avancé, essentiellement Pessa'h et Souccot, le quinze même du mois où la lune est pleine, là on est justement dans l'effacement de la lune. Et cet effacement, baKessé, a été interprété de cette façon-là. Ce n'est pas la seule façon, on pourrait en dire plus, mais je vais directement…
Nous vivons, disons, dans l'interprétation des Hachamim, et dans la Guemara, dans le traité Roch Hachana, on nous dit: Eizehou chag she-hahodech mitkasé ? Zé Roch Hachana. Quelle est la fête dans laquelle la lune elle-même est cachée ? C'est le jour de Roch Hachana. Au même moment, lorsque ce passage des Chazal nous est évoqué, par exemple dans le Yalkout Chimoni, qui est une compilation
des paroles des Hachamim, de la Guemara et du Midrash, le Yalkout ajoute encore un autre élément. Il dit: davar aher, autre interprétation de ce baKessé leyom hagueinou, et il dit, pardon: c'est le chofar she-ani mekhasé avonoteikhem, baKessé leyom hagueinou: c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, recouvre, alors là c'est plus la nature, la lune, mais le chofar avec lequel, grâce auquel le HaKadosh Baroukh Hou…
pour le mérite d'avoir sonné et écouté le chofar, eh bien, il recouvre vos fautes. Et donc là, déjà, on a une idée de capara. On parlait la dernière fois justement de l'idée de lekhaper, dans le sens de recouvrir. Dans le Yalkout Chimoni, l'origine de ce midrash est dans le Pesikta Rabbati, où l'on nous parle de Kessé, plus de la lune, mais au niveau moral de la chose.
Mais cela ne s'arrête pas là, puisque le verset suivant dans le Mizmor nous rattache aussi à Roch Hachana. On dit: Ki hok leIsraël hou, mishpat leElohei Yaakov. Ces deux versets sont très intéressants, parce que ces deux versets-là, Tiq'ou baHodech chofar, entrent dans la prière même de Roch Hachana. Dans le Moussaf de Roch Hachana, les versets des Chofarot, on a différentes compilations de versets, et parmi les versets qui évoquent le chofar, c'est l'un des versets qui sont dans les Chofarot, ce qui est assez important, parmi l'ensemble des versets de la Torah et du Tanakh.
Ensuite, le verset suivant, Ki hok leIsraël, mishpat leElohei Yaakov, c'est le verset qui ouvre les versets des Zikhronot dans le Moussaf. Cela manifeste encore une fois l'importance. Et on nous dit: c'est quoi ce mishpat leElohei Yaakov ? Puisqu'on a défini dans le verset précédent qu'il s'agissait de baKessé leyom hagueinou, c'est la fête où la lune est cachée. Donc c'est Roch Hachana. Et voilà: mishpat leElohei Yaakov, le Tosefta le dit, donc c'est des antiquités, je veux dire, avant même que la Guemara parle de la Michna. Dans la Tosefta de Roch Hachana, c'est l'origine du fait que Roch Hachana est le Yom HaMishpat, Yom HaDin, puisqu'il est écrit ici mishpat. Ce même jour, baKessé leyom hagueinou, c'est aussi mishpat leElohei Yaakov. Voilà certains ancrages rapides: des versets qui font que les Hachamim ont associé Roch Hachana, pour ces différentes raisons, à ce Mizmor-là.
Maintenant, pour étudier le Mizmor lui-même, il faut remarquer qu'il y a deux parties dans ce Mizmor, et elles sont d'ailleurs bien coupées, puisqu'au milieu du Mizmor …
Cours d'Orot veKelim
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