Roch Hachana, la naissance commence par la tête
Pourquoi la pensée ouvre l'année, puis le cœur à Kippour et l'action à Souccot.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Pourquoi le shofar parle-t-il sans mots ?, 1 h 18
En bref
Le Rav explique que Roch Hachana est une nouvelle naissance qui commence par la tête, comme une naissance normale : on y travaille d'abord la pensée, puis le cœur à Yom Kippour, puis l'action à Souccot. Il montre que la parole relie la pensée et le ressenti, et que les actes accomplis avec compréhension procurent la simcha. Il conclut en décrivant le double sentiment de Roch Hachana, joie d'appartenir à la royauté d'Hachem et crainte du jugement, à travers le son du shofar.
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Est-ce que ça vous va si on parle de Roch Hachana ? Ça va ? Roch Hachana, c'est la nouvelle année, et c'est une nouvelle naissance. On est d'accord avec ça ? Et comme toute naissance, ça commence par la tête. Vous avez déjà remarqué qu'une naissance commençait par la tête ? C'est fou. Alors, une naissance comme elle doit se passer, il y a parfois des complications, des césariennes, tout ça. Mais une naissance comme il faut commence par la tête, ensuite le buste, ensuite les mains, et les pieds.
Et ce n'est pas par hasard. Pourquoi ? Parce que dans un homme, une femme aussi, on a trois dimensions. On a la tête, c'est-à-dire les pensées. On a les sentiments, et on a l'action. Et c'est aussi le processus des chagim. À Roch Hachana, on s'occupe de la tête. Ensuite, à Kippour, on va s'occuper du cœur, du ressenti. Toute la journée de Kippour, on va faire le vidouï, mais c'est-à-dire qu'on va s'occuper du cœur, de ce qu'on ressent. Et on arrive à Souccot, où finalement c'est le
monde de l'action qui prend le dessus, puisque tout ce que tu vas faire dans la souca va être une mitsva. Manger, c'est une mitsva. Dormir, c'est une mitsva, c'est le seul moment où dormir est une mitsva. Un Chabbat, un peu, tu vois, ce n'est pas une mitsva, c'est Onèg Chabbat. Mais à Souccot, c'est une mitsva. Se balader dans une souca, ne rien faire dans une souca, c'est une mitsva.
Donc on a ces trois dimensions. Ken, ça veut dire Roch, Lev, Véyadayim: la tête, le cœur et les mains. Les Mahchavot (pensées), les Regachot (sentiments), les Maassim (actions): Roch Hachana, Kippour et Souccot. Il y en a qui disent que l'homme s'exprime par trois dimensions: la pensée, la parole et les actions.
Et la parole est intéressante, parce que la bouche qui parle se trouve du côté de la tête, mais un peu plus bas, vers le cœur. La parole, c'est un peu le mixte entre ce que tu penses et ce que tu ressens. Tu peux avoir une parole qui est seulement ce que tu penses, une parole très intellectuelle, qui ne sort pas du cœur. Il y a un proverbe en hébreu: les mots qui sortent du cœur entrent dans le cœur. Ça veut dire que ta parole peut être remplie, et elle peut être vide. Je pense que vous connaissez ça. Quand quelqu'un te dit quelque chose, tu arrives à ressentir si c'est rempli ou si c'est vide. Bien sûr, il faut que la parole vienne de quelque chose d'analytique, d'une réflexion, mais il faut qu'elle soit liée au cœur, sinon elle est vide.
Roch Hachana, c'est le moment du Roch, le moment de la naissance. C'est à ce moment-là qu'on fait entrer dans le Roch tout ce qu'on aimerait, et que cela va ensuite s'exprimer dans le cœur, puis dans les actes. Bien sûr, tout peut aller dans tous les sens. Tu peux commencer par des actes qui vont réveiller ton sentiment, et qui vont finir par te faire comprendre des choses. Mais c'est un peu le sens inverse. Nous, on préfère commencer comme il faut: des Mahchavot Tovot, vous l'avez ? Des pensées bonnes, qui vont ensuite devenir des Dibourim Tovim, puis des Maassim Tovim. Tes actes sont remplis de ce que tu as compris, de ce que tu as intégré, de ce que tu ressens, de ce que tu dis. Et du coup, quand tu vas le faire, c'est plein de sens.
Ça explique un peu la Simha de Souccot. À Souccot, on est très sameah. Pourquoi ? Parce qu'on sent que nos actes sont pleins de sens. Pour être sameah, il y a plein de critères de Simha. Un des critères de Simha, c'est de ressentir que tu as du sens, que ce que tu fais a du sens. Quelqu'un qui ne comprend pas ce qu'il fait, pour qui ça n'a pas de sens, ses actes sont comme ça, bli machma'ut. Il va beaucoup plus traîner les pieds pour le faire. Alors que quand tu comprends, quand c'est rempli de réflexions, de sentiments, ce que tu fais te rend sameah.
Donc on a le Mahalakh à Roch Hachana, c'est une prise de conscience. C'est ce dont on va parler maintenant. À Kippour, ça descend dans le cœur. Et à Souccot, j'arrive à agir avec tout ça, et ça me rend plein de Simha. Comment ça se passe concrètement ? Par exemple, quelqu'un va au Kotel, aux Slihot. Mais il ne sait pas ce que sont les Slihot. Il ne comprend même pas ce qu'il dit. Il ne sait pas pourquoi il est là. Mais il arrive là-bas, et bam ! Il a un regech de fou. Pourquoi un regech de fou ? Ce n'est pas très explicable, pas très rationnel. Mais être comme ça, avec une tonne de gens, quelque chose se réveille en lui. Mais ça n'a pas commencé par là. Ça a commencé ailleurs.
Ça peut ensuite aller dans le monde de l'action, aller dans le monde de la pensée. Ce n'est pas à sens unique. Mais malgré tout, une naissance normale commence par la tête. En général, le bébé sort d'abord par la tête, ensuite le buste, ensuite les mains. Mais on est dans un monde où tout ne se passe pas exactement comme on a envie. Donc chacun sa techouva. Et d'ailleurs, le Rambam, très connu, dans les Hilkhot Techouva, dit comment on se mit'aken: par les actes. Si tu veux être généreux, commence à donner de l'argent. Même si tu n'as pas vraiment compris pourquoi, même si ça te saoule quand tu y penses, tu le fais. Le fait que tu le fasses commence par l'autre bout, mais ça peut remonter dans l'autre sens. Vous me suivez ?
Oui. Donc Roch Hachana, ça parle de la tête. Et comment fait-on rentrer des Mahchavot dans la tête ? Qu'est-ce qu'on fait à Roch Hachana ? C'est une question ouverte, vous avez le droit de répondre.
— On sonne du chofar, merci. C'est la mitsva de Roch Hachana. Il y a une mitsva, c'est celle-là. Qu'est-ce qu'on fait d'autre ?
Moi, j'ai noté trois choses. À Roch Hachana, on ne demande pas pardon. Pas le droit. Ce n'est pas bien vu de faire le vidouï à Roch Hachana, de dire: « J'ai fauté, tadadada. » On ne demande pas pardon. On ne parle même pas tellement de nous à Roch Hachana. C'est un autre cours, mais je peux dire en deux mots pourquoi. Il y a deux styles de techouva, vous le savez: la techouva par amour et la techouva par crainte. La techouva par amour est une techouva par compréhension. Par amour, c'est par volonté. Tu veux le faire. Pourquoi tu veux le faire ? Parce que c'est important pour toi. Comment c'est important pour toi ? Parce que tu as compris, tu t'es identifié. Et comment en arrives-tu là ? Tu en arrives là seulement si tu t'es élevé à vouloir mieux comprendre. Et pour mieux comprendre, il faut se déconnecter un …
Cours d'Orot veKelim
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