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La téchouva avant le péché, selon la quatrième bénédiction

Pourquoi la demande de retour précède le pardon : l'éloignement de la créature, avant toute faute.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les trois serments de l'exil et la guérison d'Israël, 43 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commence l'étude de la bénédiction Achiva (retour) du Shmoné Esré, qui vient juste après la demande de connaissance. Il montre que la téchouva part du sentiment d'éloignement propre à toute créature, avant même le péché, et qu'elle concerne d'abord le tsadik, tandis que le pécheur doit revenir de plus loin. Il insiste sur le double mouvement de la téchouva, monter vers l'origine puis redescendre pour sanctifier la vie terrestre, et sur le but de la connaissance de Hachem, que les mitsvot servent sans la remplacer.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers tout le monde, il me semblerait judicieux de continuer notre étude de la Chmoné Esré. Certes. En conséquence de quoi, je crois que nous allons poursuivre à la bénédiction que nous avons abordée la dernière fois. Il s'agit de Hachiva. Hachiven, pardon. Il y a un ordre dans les bénédictions, il y a une logique. On parle ici des bénédictions intermédiaires, qui sont en fait des demandes.

— Demande. Ah, shalom, merci. Ce sont en fait des demandes. La première des demandes, c'est l'intelligence, la connaissance. La raison de cela, c'est d'abord parce que la connaissance est la chose la plus importante. L'homme sans connaissance n'est pas un homme. Il n'est qu'un singe. Tandis que l'homme doué d'intelligence, c'est un homme. Ça, c'est le premier point.

Mais il y a quelque chose de plus essentiel. On ne peut pas demander quelque chose, donc faire la prière, on ne peut pas demander quelque chose si on n'a pas conscience d'un manque. Or, si je n'ai pas de conscience, je n'ai pas de connaissance, je ne sais pas ce qu'il me manque. Je ne sais même pas qu'il me manque quelque chose. Et donc, la première des demandes qu'il faut pour pouvoir continuer la prière, c'est d'avoir la connaissance.

Vous en avez parlé. À partir du moment où j'ai la connaissance, la première chose dont je prends connaissance, c'est mon éloignement. Je me sais loin. Et donc, je demande à revenir. Pourquoi est-ce la première chose que je sais ? C'est parce que je suis une créature. Or, une créature est par définition loin,

parce qu'elle est en dehors du Créateur. Donc, le Créateur crée, ça veut dire qu'il met loin. Et donc, ce que ça va créer chez moi, c'est une sorte de languissement, d'aspiration, de soif métaphysique. Le désir du retour. D'où le texte de la deuxième bénédiction: Hachivénou, ramène-nous. D'accord ?

Ça n'a rien à voir avec le péché. Le péché est un éloignement supplémentaire. C'est-à-dire que si, au lieu de me rapprocher, je m'éloigne encore plus, ça, c'est le péché. Mais je suis loin avant même de pécher. C'est pour ça que nous avons une bénédiction sur le retour et une autre sur le pardon. Si nous regardons le texte, j'espère vous en rappeler, on voit qu'il y a une différence entre

la bénédiction qui vient juste après, qui est Sla'hénou, pardonne-nous notre Père, car nous avons péché. Donc, la première bénédiction, celle de la techouva, ne vient pas sur l'arrière-plan d'un péché, mais d'un sentiment d'éloignement. C'est bien clair ? D'accord. Donc, la techouva est a priori destinée à ceux qui n'ont pas péché. N'est-ce pas ?

Je crois d'ailleurs découvrir qu'il y a ici un siddour qui ne sert à rien, alors qu'il y a ici des personnes qui en auraient bien besoin. Il faut tenir compte, enfin, des besoins des personnes, quand même. D'accord ? Bon, je reviens à notre idée.

La techouva, ce mouvement de retour, appartient a priori aux tsadikim. C'est-à-dire que le tsadik qui n'a pas péché est naturellement porté à faire techouva. Il y a un mouvement de retour. Un retour à quoi ? Un retour à son identité originelle. C'est-à-dire qu'il y a une ascension permanente de son identité vers l'infini. C'est ça qu'on appelle la techouva du tsadik. Il y a une autre forme de techouva, qui en est une dérivée: c'est la techouva du pécheur. Celui qui a péché fait lui aussi techouva.

Vous avez compris ? C'est-à-dire que si on a péché, on s'est éloigné encore plus. Alors il faut revenir en arrière, sur cet éloignement. Donc revenir à la case départ, et à partir de là, remonter à nouveau. On a étudié ça, je crois, en Eloul, quand nous avons étudié le thème de la techouva. C'est-à-dire qu'a priori, c'est le tsadik gamour, le tsadik parfait, qui fait techouva, et l'innovation de la Torah, le hidouch, c'est que même le pécheur peut faire techouva.

On pourrait s'imaginer que le pécheur ne pourrait pas faire cette techouva, parce que le péché a complètement déformé sa personne, donc il n'est même pas conscient de sa situation. Et pourtant, même le pécheur peut faire techouva, parce qu'il y a toujours une étincelle pure qui reste au sein de chacun. Y a-t-il des questions ? Parce que je vais compliquer maintenant. Si ce n'est pas clair, il faut le dire. Si c'est clair, c'est très bien. Mais si ce n'est pas clair et que vous ne posez pas de questions, c'est bien fait pour vous après. Oui ? Oui ?

— Mais avec plaisir. Avec plaisir. Le tsadik, c'est celui qui n'a pas péché, parce que le tsadik sait qu'il est loin. En quoi sait-il qu'il est loin ? Il est loin du fait même d'avoir été créé. Il est une créature. Être une créature, c'est être mis en dehors. D'ailleurs, l'étymologie du mot bara, qui veut dire « créer » en hébreu, vient de l'araméen bar, qui veut dire « dehors ». D'accord ?

C'est-à-dire qu'exister, c'est déjà être en dehors, comme on dit d'ailleurs si bien dans les langues indo-européennes: ex-ist. En dehors, être. Exister. Je suis en dehors. Et donc, celui qui n'a pas péché veut revenir. Mais celui qui a péché, lui, est allé encore plus loin. Alors il doit revenir de là où il est arrivé. Donc lui aussi doit faire techouva.

— Oui. Là, tu poses un problème énorme, que nous avons abordé pendant le mois d'Eloul. Si on prend au sérieux le processus de la techouva, alors c'est mortel. C'est-à-dire que si on veut toujours revenir à son origine, c'est la néantisation totale. Ouais ?

— Quoi ? Tu as remarqué que je suis en train de parler de sa question ? Simple comme ça, je te demande. Est-ce que tu as remarqué que j'étais en train de parler de sa question à lui ? Non. Effectivement, c'est assez troublant. C'est vrai que ce n'est pas celui qui donne le cours, mais c'est quand même un ami. Il est assis à côté de toi. Je suis en train de parler de sa question. Donc, je pense qu'il serait judicieux de me laisser parler de sa question, peut-être même donner une réponse.

En tout cas, vous avez compris que le principe de la techouva est un principe qui risque d'être très nocif, très négatif. On trouve, par exemple, cette nostalgie de l'infini dans des spiritualités extrême-orientales, mystiques, qui font qu'on veut se rapprocher de l'origine. En fait, on veut mourir.

Il y a même un mouvement spirituel qu'on appelle le jaïnisme, en Inde, qui préconise le suicide volontaire. Attention, le suicide, non pas en se tirant une balle dans la tête, ça c'est trop violent, ça ne se fait pas, mais en ne mangeant pas, par le jeûne. D'accord ? C'est-à-dire qu'on se détache des choses de ce monde, et puis on se rapproche de l'origine. En fait, la techouva semblerait aller dans ce sens, s'il faut revenir à Dieu.

Vous comprenez la question qui est posée ? C'est une question très grave. En fait, dans la Torah, nous avons un double mouvement dans la techouva. Il y a une …

Cours d'Orot veKelim

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