La sainteté de Hachem et la quatrième Bérakha
Pourquoi Hachem répond à la prière : parce qu'Il est saint, et veut que Son nom soit sanctifié.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La téchouva avant le péché, selon la quatrième bénédiction, 52 min
En bref
Le Rav Oury Cherki commente la troisième bénédiction de la Amida, « Atta Kadosh », qui répond à la question « pourquoi » : Hachem exauce parce qu'il veut sanctifier son nom, c'est-à-dire se faire connaître. Il explique que la sainteté désigne la capacité de rencontre entre la créature et le Créateur, et que la Torah demande à Israël d'être saint à l'image de Hachem (Vayikra 19). Il conclut par l'union du Kadosh et du Baroukh dans la Kedoucha et par la lecture de la Michna d'Avot sur le da'at et la bina, avec le passage de la connaissance à la demande de retour.
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## La troisième bénédiction: répondre à « pourquoi »
Shalom à tous. Veuillez excuser mon indicible retard.
Dans le cadre de notre étude sur la prière, il serait bon que nous continuions l'étude de la troisième bénédiction de la Amida, puisque les trois premières bénédictions forment une sorte d'introduction, ce qu'on appelle la louange dans son ensemble.
D'ailleurs, cela a même une conséquence au niveau de la halakha: les trois brakhot sont liées entre elles. C'est-à-dire que si, par exemple, on a oublié de rappeler la pluie lors des trois premières bénédictions, il faut revenir au début de la première, parce que les trois bénédictions sont considérées comme un seul bloc.
Pour ce qui est de la troisième bénédiction, elle vient répondre à une question très importante, qui est « pourquoi ». Si les deux premières répondent à « qui » et « quoi », la troisième répond à « pourquoi ». Qui est celui à qui j'adresse la prière et la réponse ? Le Dieu des Avot. Quoi, c'est-à-dire que peut-il me donner ? Il peut me donner sa puissance, ce qu'on appelle les Gevourot. Et pourquoi les donne-t-il ? Parce qu'il est saint, Kadosh.
Comme il est Kadosh, il va répondre à ma demande, il va exaucer ma prière, non pas parce que j'ai de beaux yeux, mais parce qu'il veut sanctifier son nom. N'est-ce pas ? Sanctifier son nom, c'est pour cela qu'on dit Atta Kadosh, tu es déjà saint. Je vous cite la troisième bénédiction, de mémoire évidemment: Atta Kadosh,
tu es saint. Vechimkha Hakadosh, et ton nom est saint. Quand je dis « tu es saint », cela veut dire que tu l'es déjà. Et ton nom, qu'est-ce que cela veut dire ? Eh bien, c'est ton désir de te faire connaître.
Il y a un problème. Si tu me donnes un livre, ce qui est en soi louable, cela va causer l'absence de livre de votre côté. Et donc je suis fort embêté pour ça. Mais qu'est-ce que tu vas faire, toi ?
Mais est-ce que le fait que tu me donnes un deuxième livre va régler son problème, son absence, sa privation de livres ? À mon avis, non. Tandis qu'avoir deux livres, en fait, c'est déjà en trop. Mais tu le reprends. Je ne comprends plus rien.
Voilà. Maintenant, vous avez compris: c'est une question de convenance, et il est bon que quelqu'un qui donne un cours ait un livre devant lui. Merci en tout cas.
Donc, Hachem, HaKadosh Baroukh Hou. Je lis ici la troisième bénédiction: tu es saint et ton nom est saint. Que veut dire « ton nom est saint » ? Le nom, en hébreu, correspond à l'expression française « renom ». Le renom, c'est la renommée, le fait d'être connu par les autres. Dieu est saint, mais il veut être connu par d'autres. C'est cela qu'on appelle « ton nom est saint ». Le nom, c'est ce que donne quelqu'un de l'extérieur. Je n'ai de nom que parce qu'on me donne un nom. N'est-ce pas ?
Donc: Atta Kadosh et Shimkha Kadosh. Vé-kedoshim, les saints, bekhol yom yehalelouka Sela: ils te loueront toujours, éternellement. Certains ajoutent une phrase qui n'apparaît pas dans tous les textes: Ki El Melekh Gadol Vekadosh Atta, car tu es un Dieu grand et saint.
Baroukh Atta Hachem, source de bénédiction, qui vient à nous sous la forme de la miséricorde: HaEl HaKadosh, le Dieu saint.
Tout cela se réfère au projet. Le projet du Créateur, c'est la sainteté. Nous avons déjà étudié cela dans le livre de Béréchit, à propos du septième jour, qui est le temps de la sanctification. Le septième jour correspond à l'histoire des hommes. L'histoire des hommes, c'est le septième jour.
Mais il est encore plus important de se référer à un verset du livre de Vayikra, le Lévitique, chapitre 19. Qu'est-il écrit au verset 1 de Vayikra ? Vayedaber Hachem el Moshe lemor: l'Éternel s'adressa à Moshé en ces termes. C'est un verset que vous connaissez peut-être, parce qu'il est répété plusieurs fois dans la Torah. Combien de fois la Torah contient-elle Vayedaber Hachem el Moshe lemor ?
Jetez un chiffre, allez. 613 ? Non. 52 ? 100 ? 70 ? Vous le saviez, n'est-ce pas ? Non, c'est 70. Il y a exactement soixante-dix fois dans la Torah Vayedaber Hachem el Moshe lemor. Il y a des raisons très profondes à cela. Peut-être que « lemor » est le nom de famille de Moshé ? Eh bien oui, la preuve, c'est qu'Aaron et ses enfants portent aussi ce nom.
Continuons au deuxième verset: Daber el kol adat Bnei Yisraël ve-amarta alehem. Tu parleras à toute l'assemblée d'Israël et tu leur diras: Kedoshim tihiou, vous serez saints, ki kadosh ani, car je suis saint, Hachem Elokhekhem, l'Éternel votre Dieu.
Alors, je n'ai rien compris. Quand on dit « soyez saints parce que je suis saint », et si quelqu'un a les yeux bleus, est-ce que cela veut dire que tous ses amis doivent avoir les yeux bleus ? « Ayez des yeux bleus, parce que moi j'ai des yeux bleus. » Si Dieu est saint, pourquoi faut-il, parce que Lui est saint, que moi je sois saint ?
Si j'ai une part de Lui en moi, ce qui est d'ailleurs une expression un peu païenne, même si j'avais cela, dans ce cas-là je suis déjà saint. Je n'ai donc pas besoin de devenir saint. Le problème, justement, c'est pourquoi ? Qu'est-ce que cela peut Lui faire que je ne sois pas saint ?
— Oui, mais justement, pourquoi ?
— Exactement. Pour participer à son projet. Je vais le traduire de manière tout à fait simple. Dieu est le seul à être saint. Il se sent un peu seul. Il veut sortir de sa solitude. Donc il dit à sa création: soyez saints, pour que nous puissions jouer ensemble. C'est-à-dire que la rencontre, le plaisir partagé, voilà ce qu'est le projet de la création. D'accord ? C'est comme si Dieu voulait sortir de sa solitude.
Évidemment, cela pose énormément de problèmes d'un point de vue logique, métaphysique, théologique, tout ce que vous voulez. Mais vous savez qu'on a l'habitude de négliger ce genre de problèmes. On s'en fiche pas mal de savoir si cela pose un problème métaphysique ou non. En tout cas, c'est comme cela que ça fonctionne. C'est comme si Dieu disait: j'ai envie de jouer avec vous. Et donc, soyez saints, pour que je ne vous fasse pas de mal. Quand on se rencontre, entre saints, on ne se fait pas de mal. Vous avez compris ?
— Pourquoi précisément la sainteté ?
Oui, il y a plusieurs attributs. Il aurait pu dire « soyez grands, parce que je suis grand », « soyez vaillants, parce que je suis vaillant », etc. D'accord ? Il y a d'ailleurs des midrashim qui vont dans ce sens: Mah Hou Rahoum, de même qu'il est miséricordieux, toi aussi. Donc pourquoi avoir choisi précisément la sainteté ? Parce que la sainteté ne signifie rien, justement. Elle ne signifie que la capacité …
Cours d'Orot veKelim
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