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Zekhout Avot, la Gueoula et l'épuisement du mérite

Pourquoi le mérite des Patriarches s'épuise, et pourquoi la Gueoula est un point de départ de l'histoire.

57 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les Guevourot : la puissance de Dieu et la résurrection des morts, 54 min

En bref

Le Rav Oury Cherki étudie la formule « Vezocher Hasdé Avot » de la première bénédiction du Shmouna Esre et distingue le mérite des Avot, qui s'épuise avec le temps, de l'alliance (Berit Avot), qui demeure parce qu'elle vient de Hachem. Il montre que la Gueoula a déjà commencé avec la création de l'État d'Israël en 1948, et que la formule « Léman Chemot » rappelle que Hachem agit pour son Nom, comme le montre Ezéchiel 36. Il conclut que la délivrance se fait avec amour, même dans la rigueur.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Il me semble que nous sommes arrivés dernièrement à l'étude de la première bénédiction du Chmoné Esré, et nous ne l'avons pas encore finie. À la fin de cette bénédiction, il y a une phrase qui demande à être comprise: Vezokher hasdé avot, « Il se souvient des mérites ». Il est écrit ici « les bontés », mais enfin, cela veut dire les mérites: hasdé avot.

Que veut dire tout cela ? D'abord, qu'est-ce que le mérite des Avot ? En hébreu, l'expression habituelle n'est pas hasdé avot. L'expression courante, c'est zekhout avot.

Vous connaissez cette expression, zekhout avot, le mérite des Patriarches. Nos ancêtres ont des mérites, et ces mérites nous sont transmis, ils nous sont attribués. C'est comme un héritage, un riche héritage. Quelqu'un avait un papa très, très riche; il en a hérité, et maintenant il se sert des sommes accumulées par son papa.

C'est un peu ça. Zokhèr hasdé avot, il se souvient du zekhout. Mais le problème, c'est que le mot zekhout n'est pas employé ici. Et il existe une autre expression, dans le Talmud, qu'on appelle berit avot, l'alliance avec les Patriarches. Il y a donc ici au moins trois termes qui se réfèrent aux Avot: zekhout avot, berit avot, hasdé avot.

Cela commence à être compliqué. Le Talmud nous dit, dans le traité de Chabbat, si je ne me trompe pas, zekhout avot tama, c'est-à-dire que le mérite des Patriarches est épuisé. C'est comme si le compte était vide. On a exploité, on a épuisé autant que possible, et puis un beau jour, voilà, c'est fini. Il n'y a plus le mérite des Avot. Et le Talmud apporte différentes preuves de cela.

— Quoi ?

Oui, oui. Cela, c'est pour la faute des explorateurs, d'accord. Mais en tout cas, il y a ici différentes opinions dans le Talmud. La question est de savoir à quelle époque le mérite des Avot a été épuisé, mais tout le monde est d'accord pour dire que c'est fini. On a trop tiré sur la réserve, et maintenant il ne reste plus rien. Mais les Tossefot nous font remarquer

que le Talmud ne dit pas que l'alliance a été épuisée: berit avot lo tama. Quelle est la différence entre l'alliance et le mérite ? Le mérite vient de l'homme, et l'alliance vient de Dieu. Un mérite: c'est moi qui ai des mérites. J'ai fait quelque chose de bien, j'ai donc un mérite, n'est-ce pas ? Si je n'ai pas fait quelque chose de bien, je n'ai pas de mérite. Plus je fais de bonnes choses, plus j'ai de mérite. Ce n'est pas Dieu qui envoie le mérite; c'est moi qui le mérite.

J'ai fait le bien, je suis méritant. J'ai fait le mal, je ne suis pas méritant. Donc le mérite est quelque chose qui vient de l'homme. Or tout ce qui vient de l'homme a des limites. Parfois, le mérite d'une personne est tellement grand qu'il est ressenti pendant de nombreuses générations. S'il s'agit de personnes gigantesques comme les Avot, Abraham, Itshak et Yaakov, cela peut durer mille ans. De quoi je parle ? Cela peut durer mille ans, leur mérite. Mais après mille ans, c'est fini. Il y a obligatoirement un temps qui passe.

Essayons de comprendre: qu'est-ce que cela veut dire, qu'un mérite continue ? Par exemple, je connais quelqu'un, j'ai connu son grand-père. Son grand-père était un bon ami. Quand je le vois, il me ressemble, je vois son grand-père. Pas seulement dans son visage: je vois aussi dans les traits de sa personne, de sa personnalité, quelque chose qui me rappelle son grand-père. Alors je me dis: tu as le mérite de ton grand-père, donc tu vas recevoir une faveur de ma part, parce que j'ai connu ton grand-père et que tu lui ressembles. Ce mérite est prolongé jusqu'à toi.

Plus la personne est puissante, plus l'influence de cette personnalité se fait ressentir sur un grand nombre de générations. Or les Avot, qui étaient des géants dans leur personnalité, ont donné leur empreinte à l'identité du peuple d'Israël pendant très longtemps. Mais non, justement, pas. C'est vrai tant que le monde ressemble au monde dans lequel ont évolué les Avot. Mais

il y a eu un moment dans l'histoire où l'histoire a évolué. Le monde a changé, et donc le monde ne ressemble plus à celui du temps des Avot. Et nous, les descendants des Avot, nous avons cessé de leur ressembler. C'est pour cela que le mérite est épuisé. Est-ce que vous comprenez ? C'est cela, l'épuisement du zekhout avot. Non, c'est la même chose, justement, c'est exactement ce que cela veut dire: étant donné qu'on est dans un autre monde,

il n'y a plus de ressemblances. Oui. Ce changement a été opéré à peu près vers la fin de l'époque du Premier Temple, lorsqu'il y a eu dans le monde de grands empires, tels que l'empire assyrien, puis l'empire babylonien, qui ont bouleversé les données sociologiques du monde antique. C'est à partir de ce moment-là que la Guemara dit: Sancheriv, le roi assyrien, ervev et haoumot, il a mélangé les nations, il a troublé les nations.

Alors, c'est-à-dire que les Moabites d'aujourd'hui ne sont plus les Moabites d'avant, les Babyloniens ne sont plus les Babyloniens, les Égyptiens ne sont plus les Égyptiens. Par exemple, si vous allez aujourd'hui en Égypte, vous êtes très loin de rencontrer un pharaon, vous n'allez pas voir un pharaon là-bas. Et d'ailleurs, les hiéroglyphes, c'est fini. Tout ce qui était l'Égypte de l'Antiquité a disparu. On peut dire, d'une certaine manière,

que le visage d'Israël aussi a été effacé. Il ne ressemble plus aux Avot. D'Israélites, nous sommes devenus des Judéens, et de Judéens, nous sommes devenus des Juifs, et de Juifs, nous sommes devenus de confession mosaïque. Vous comprenez ? Cela n'est plus ce que c'était.

— Oui ?

Ah ! Alors il y a quand même quelque chose qui nous rattache aux Avot. C'est quoi ? Non ? Hein ? L'alliance. Voilà: la berit avot.

La berit avot, c'est le lien à sens unique dont l'initiative revient à Dieu. C'est Dieu qui a décidé de conclure une alliance avec les Avot. Or Dieu est éternel, donc ces alliances sont éternelles. Nous profitons de cette décision unilatérale du Créateur pour continuer à avoir l'assurance de la Gueoula, de la délivrance. Nous sommes assurés, parce que quelqu'un nous a pris en charge, et ce quelqu'un est éternel. Il y a donc ici, vous voyez, un hiatus très fort entre le mérite, qui lui a disparu, et l'alliance, qui elle continue.

— Oui ? Oui ? On est un peu les mêmes. On est un peu les mêmes. Mais ce dont tu parles, tu parles ici des téfilines. C'est-à-dire que tu parles de Moshé, de l'alliance avec Moshé, l'alliance du Sinaï. Moi, je parle d'une autre alliance, je parle de l'alliance des Avot, et ce n'est pas la même chose.

Ce n'est plus la même manière d'être. On accomplit les mitsvot, c'est très bien d'accomplir les mitsvot. J'encourage l'accomplissement des mitsvot, je suis pour. Mais au niveau de …

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