La sainteté dans Messilat Yécharim : le chapitre 26
Le Ramhal distingue la perichout de la kedoucha, et montre comment Boaz a sanctifié même ses gestes les plus ordinaires.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : La conclusion du Messilat Yécharim, le dernier cours, 7 min
En bref
Ce cours est le dernier de la lecture de Mesilat Yecharim du Ramhal, consacré à la midat HaKedoucha, la sainteté, neuvième et ultime étape du chemin. Il rappelle que la perishout (la mise à distance) est une étape intermédiaire et non l'idéal, et que la sainteté se déploie en sanctifiant les actes ordinaires : manger, boire, la vie conjugale, la nourriture comme prolongement du service du Temple. Il montre enfin que cette élévation demande un travail de l'homme, mais que son aboutissement relève d'un don de HaKadosh Baroukh Hou.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chalom Oubrakha, Boker Tov, Boker Tov lekoula. Je suis terriblement ému et heureux de me retrouver avec vous ce matin. Tout d'abord, slicha, ou mechila, parce que le cours de ce matin aurait dû avoir lieu il y a une semaine. Je vous avais dit que nous terminerions Mesilat Yecharim avant Roch Hachana.
L'or à la Beyadi. La semaine dernière, je pensais que lundi matin j'aurais le temps de faire ce dernier cours, et bien non, pas du tout. Nous sommes encore dans Aseret Yemei Techouva, on peut donc dire que nous sommes encore dans la bulle de Roch Hachana et de Kippour. Nous avons donc une semaine de retard, bé'ézrat Hachem, nous allons essayer ensemble de terminer Mesilat Yecharim. Et nous voilà arrivés.
Au chapitre 26 ! Le chapitre 26 de Mesilat Yecharim, le dernier chapitre du livre. Bévo'é midat HaKédoucha vederech kenyatta. Nous allons arriver à la midat HaKédoucha, la neuvième mida de Mesilat Yecharim, la kédoucha. Je rappelle que vous connaissez maintenant un peu le concept du livre. Le Ramhal, Rabbi Moshe Haïm Luzzatto, nous enseigne comment passer
de palier en palier. Le fait d'avoir ouvert le livre montre que nous sommes yachar, c'est-à-dire que nous voulons faire le bien même si nous n'y sommes pas encore. Les trois premières middot, la zerizout, la zehirout et la nekiyout, nous ont appris pendant douze chapitres à devenir tsadik. Bien. Ensuite, celui qui fait le bien et qui ne fait pas le mal. Pas choute.
Ensuite, on a commencé à s'élever. Et dans trois autres middot, le Ramhal nous a appris à devenir hassid: la perichout, la tahara et la hassidout. Et cela nous a amenés, si je ne m'abuse, et je ne pense pas m'abuser, jusqu'au chapitre 21.
Donc, du chapitre 13 au chapitre 21, huit chapitres pour nous expliquer comment on devient hassid. Ensuite, on est entré dans la dernière trilogie: la émida de hanava, la yirat HaCham, et maintenant la kédoucha, pour atteindre la dimension de kédoucha. Cela veut dire que le hassid est celui qui fait plus que ce qui est demandé,
et le kadosh, là, c'est autre chose. Il nous faut une petite introduction avant d'entrer dans le texte du Ramhal. Ma'azé HaKédoucha, dans le langage du Ramhal, bichlal, dans le judaïsme. Tout d'abord, il faut se rappeler que la midat HaKédoucha est la dernière partie de Mesilat Yecharim. C'est donc l'idéal à atteindre selon Mesilat Yecharim. J'enfonce une porte ouverte, cela paraît évident, ce que je suis en train de dire.
Mais c'est très important, car certains pensent que l'idéal de Mesilat Yecharim, c'est d'arriver à la perichout. Parce que c'est trop compliqué, ils arrêtent le livre là. Non. Il est évident que pour arriver à la kédoucha, on doit passer par des étapes intermédiaires. Parmi ces étapes, il y a la perichout. C'est très important de se le rappeler, sinon on pourrait penser que
le comportement du parouch, dont on a beaucoup parlé quand on a évoqué la midat HaPerichout, serait le comportement du kadosh. Ce n'est pas vrai. Le séder n'est pas la même chose. Quand il est écrit dans la Torah, dans le livre de Vayikra, Kedoshim tihiyu ki kadosh Ani, beaucoup de gens disent, et c'est mal comprendre Rachi, que Rachi nous enseigne que kedoshim tihiyu égale perushim tihiyu. C'est faux.
Rachi dit, à propos du verset Kedoshim tihiyu, donc le verset veut nous apprendre à être kadosh, qu'il faut être perushim tihiyu mi-arayot oumi-avera, perushim tihiyu mi-arayot oumi-avera. Mais ce n'est pas du tout la définition de kedoshim tihiyu. C'est le début de la phrase. Et pourquoi parle-t-il d'arayot et d'avera ? Parce que dans la paracha juste avant, celle de Kedoshim, il y a la paracha de Ahare Mot. À la fin d'Ahare Mot, il y a la série des arayot, des relations interdites.
Et donc, le texte nous dit ici: Perochimti oumena arayot oumena avera, éloignez-vous de cela, car là où tu as réussi à mettre une barrière devant la faute des relations interdites, chamata motzé kedoucha, là tu peux trouver la kédoucha. Cela veut dire que la kédoucha, ce n'est pas le mur devant les relations interdites, tout cela, c'est-à-dire le fait de se retirer du monde.
C'est une fois que tu t'es retiré de ça que tu peux atteindre un nouveau palier qui s'appellera la kédoucha. Et c'est très important. Car le parouch devra s'éloigner
de plein de choses de ce monde. Et je ne parle pas des choses interdites, évidemment. Les choses interdites, ce n'est pas le parouch qui s'en éloigne, c'est le zakhor. C'est le tsadik qui s'en éloigne. Tu n'as pas le droit de faire des choses interdites. Mais il y a plein de choses, et nous l'avons expliqué longuement, qui relèvent du domaine du permis, mais qui pourraient me faire tomber. Lorsque je suis en train d'acquérir la perichout, je m'éloigne de ces choses-là, même si elles sont permises. Et HaKadosh ?
Pas du tout. Venez, nous allons essayer de comprendre de quoi il s'agit. Mais tout d'abord, rappelons-nous que le judaïsme prône l'unité. Le judaïsme affirme que Hachem Ehad oumechmo Ehad. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que toutes les choses de ce monde doivent, en réalité, être reliées au Kadosh Baroukh Hou. Car s'il y a des choses dans ce monde qui sont, j'allais dire, fondamentalement éloignées du divin,
c'est une claque donnée au monothéisme, donnée à l'unité. Effectivement, il y a des choses qui sont reliées, mais que l'homme ne peut pas encore dévoiler comme étant kadosh. Ce sont les choses interdites. Pour les choses interdites, on n'est pas encore au niveau de dévoiler la kédoucha qui s'y trouve. Mais ce n'est pas pour cela qu'on dit qu'il n'y a pas de kédoucha dedans. Il y a une kédoucha dedans, mais on n'est pas au niveau de la dévoiler.
C'est pour cela que le Talmud nous dit, dans le traité Masseket Nida, que la hatat de l'avon, les mitsvot, betelot, c'est pour dévoiler la kédoucha qui était également dans ces choses interdites. Ou alors, pas encore la hatat de l'avon, mais déjà aujourd'hui, c'est ce qu'enseigne la Torah du Arizal: lorsqu'une chose qui était interdite est devenue permise, alors il devient encore plus grand de l'utiliser.
Par exemple, le plat à viande dans lequel est tombée une goutte de lait: maintenant, il est annulé à soixante contre un, donc c'est permis. Et selon la Kabbale, il est encore meilleur de manger cela que de manger un aliment où la goutte de lait ne serait pas tombée, parce que cela nous permet d'élever quelque chose qui, a priori, était interdit mais qu'en fait on a rendu permis. C'est dans ce sens que va l'enseignement de la Aggada du traité Houlin du Talmud, à la page 109.
On nous raconte l'histoire de Yalta. Rien à voir avec la conférence. Yalta était la femme de Rav Nahman, quatrième génération des Amoraïm, le talmid hakham, le gadol hador, ce que vous voulez. Yalta était également la fille du Resh Galouta, le chef politique du peuple juif en exil à ce moment-là. On nous raconte que …
Cours d'Orot veKelim
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