Comment devenir Chassid selon Messilat Yecharim
Yirah et Ahava : la double dimension du Chassid, et comment l'acquérir par l'étude des Tehillim et des récits des Tsadikim.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Michlei Tahareh, 23 min
En bref
Le Rav poursuit l'étude de Messilat Yesharim au chapitre 21, consacré à la manière concrète d'acquérir la hassidout. Il montre qu'elle suppose une vision globale des choses et un esprit libre, et que la crainte révérencielle (Yirah) et l'amour filial (Ahava) envers Hakadosh Baroukh Hou doivent être intégrés ensemble. Il explique enfin que la bitachon n'exclut pas le travail, et que la Torah doit être centrale dans la vie tandis que le travail reste secondaire.
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Et voilà, on revient dans notre étude de Messilat Yécharim, et on se rapproche de la fin du livre. B'ezrat Hachem, on essaiera de le terminer avant Roch Hachana. Nous sommes arrivés au chapitre 21, Bédarekh kniyat hahassidout.
Après avoir expliqué en long, en large et en travers ce que c'est que la Chassidout, et les dangers aussi de la midat hahassidout, dans le chapitre précédent, le Mishkal hahassidout, nous arrivons au chapitre 21, Bédarekh kniyat hahassidout. Comment concrètement devient-on Chassid ? D'abord,
Ce n'est pas quelque chose que tu acquiers comme ça, pouf. Tu ne peux pas voir les choses avec un œil petit. En d'autres termes, ne peut pas être celui qui n'a pas une vision globale et générale. Celui qui a une vision étriquée des choses ne sera jamais Chassid. Et celui qui n'a pas pris le temps de bien intégrer tout son environnement ne sera pas non plus Chassid.
Alors, pour traduire très simplement, on va revenir sur les choses. Lorsque l'homme se rend compte de la grandeur d'Hakadoch Baroukh Hou, autant qu'il le peut, et de sa perfection, autant qu'il le peut, et qu'il se rend surtout compte de la distance qui le sépare de Lui, c'est-à-dire de nous, en tant qu'humains finis, face à la grandeur ensoph d'Hakadoch Baroukh Hou, à ce moment-là, forcément, on se remplit de yirah. Une yirah, mais pas de peur, pas de crainte, une soumission énorme face à cette grandeur. Et lorsqu'on voit également tous les bienfaits que Hakadoch Baroukh Hou nous a donnés, et à quel point Il est proche de ceux qui font Sa volonté,
on voit cet amour grandissant de Lui à notre égard, et on se remplit de cette sensation que Hakadoch Baroukh Hou est notre Papa, et qu'Il nous aime comme un père aime ses enfants. Et forcément, ça te donne envie de te comporter comme un fils face à son père, c'est-à-dire de rendre à Hakadoch Baroukh Hou ce qu'Il nous a donné, de Lui faire nahat, comme un enfant a envie de faire plaisir à son père. On voit donc ici qu'on a deux dimensions. La dimension, d'un côté, de la yirah, et de l'autre, de la kirva, la proximité. La distance due, en fait, à ce qu'on appelle Malkénou, et la proximité qu'on appelle Avinou. Yirat ve-ahava. Ce sont les deux dimensions qu'il faut intégrer au plus profond pour devenir racine. Ça va ? Ok.
Je te donne un mode d'emploi pour arriver à cette dimension de Chassidout, donc de hitbonenout. Regarde un peu les Tehillim. Regarde les Tehillim, tu verras. Les Tehillim sont pleins de yirah et d'ahava, pleins de Chassidout. Donc si tu étudies les Tehillim, tu arriveras à comprendre cette dualité extraordinaire.
Ce ne sont pas seulement les Tehillim, mais aussi les sipourim, les récits. Dans le Talmud, dans les sipourim de Hazal, qu'est-ce qu'on nous raconte sur nos Hachamim ? Et dans la mesure où nos Hachamim étaient des Hassidim, dans le langage du Ramhal, en voyant leur comportement, on va comprendre ce que c'est qu'un Hassid. Il faut faire très attention à cette phrase-là. Parce que, des fois, quand on lit les sipourim des Tsadikim, ils ont fait ce qu'ils ont fait parce qu'ils étaient à un niveau particulier pour le faire, et tout le monde ne peut pas arriver à ce niveau-là. Il ne faut donc pas toujours faire un copier-coller de ce qu'on voit dans les sipourim des Tsadikim. Tout n'est pas forcément mimenou pour moi. Mais je peux, dans tous les cas, quoi qu'il arrive, prendre de mes Hachamim...
Ils ont fait ce qu'ils ont fait parce qu'ils étaient à un niveau particulier pour le faire. Et il ne faut donc pas toujours faire un copier-coller de ce qu'on voit dans les sipourim des Tsadikim. Tout n'est pas forcément mimenou pour moi. Mais je peux, dans tous les cas, prendre de mes Hachamim, comment dire… Oh là là, j'ai perdu le mot, j'ai perdu mon français. Je peux prendre une inspiration, voilà, c'est le mot qui me manquait: une inspiration, évidemment. Ma'afsid laChassidout, emet... vedagout. Eh oui. Quelqu'un qui est en stress complet ne peut pas être Hassid.
Il ne peut pas l'être, parce que s'il est en stress, il dira qu'il a un bug par rapport à sa connexion à Dieu. Quelqu'un qui est tout le temps perturbé dans sa tête à cause de ses problèmes du quotidien, et on ne lui en tient pas rigueur, le pauvre, s'il a des problèmes, forcément il va y penser. Mais quand tu penses à tes problèmes, ton esprit n'est pas libre de parler et de penser à de grandes choses. Et donc il n'y a pas de Chassidout qui arrive. Et même si j'ai été Hassid, si j'ai atteint le niveau, mais qu'ensuite j'ai développé des problèmes, etc.,
je n'arrive plus à garder cette dimension de Chassidout, parce que je n'ai plus l'esprit libre pour haEid bonen velistakel, pour avoir une profondeur et un regard global sur les choses. Je suis concentré sur mes problèmes. Al ken amru zichronam livrakha: Ein achina shora ela mitoch ha-tsvout Ein achina shora ela mitoch simcha. C'est-à-dire que tant que quelqu'un est triste, il ne peut pas recevoir la Chekhina.
Il y a aussi, de l'autre côté, celui qui est trop dans les taanougot, dans les plaisirs de ce monde. On a parlé de celui qui a des problèmes, mais on a aussi celui qui est tellement dans les plaisirs de ce monde qu'il n'arrive pas non plus à se projeter. Il est uniquement dans son canapé, et son monde se résume à son canapé et au film qu'il va voir. Celui-là a évidemment un problème: il n'arrive pas non plus à se lever au-delà de cela.
Comment faire pour ne pas tomber dans ce genre de problème ? Ha-bitahon. Il est dit: Varuh she-yashlikh ya'vor al Hachem lighmor... Ba'asher yeda ki-vaday ye'efshar she-yakhsar la-adam ma she-nikhtav lo. Ou comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, dans le traité de Beitza.
Il te dit: pour ne pas tomber dans les problèmes qui t'empêcheraient d'être racine, bitahon. Bitahon gamour be-Hachem, que tu sois pleinement conscient que ce que tu as, c'est ce que tu dois avoir, et ce que tu n'as pas, c'est ce que tu ne dois pas avoir. Pas de shoot. À ce moment-là, c'est bon, tu peux te connecter en mode racinout.
Mais si à chaque fois tu es perturbé en disant: lui il a ça, et moi je n'ai pas ça, ce n'est pas normal, il y a un problème, tu n'arrives pas à comprendre quel est le lien avec Hakadoch Baroukh Hou. C'est-à-dire que ce que toi tu vas recevoir, ne t'en fais pas, ça ne porte pas atteinte à ton prochain. Ce que …
Cours d'Orot veKelim
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