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La juste mesure de la hassidout selon le Ramhal

Trois conditions pour ne pas dériver : émouna, bitahon et examen constant de ses actes, avec l'exemple de Rabbi Tarfon.

27 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Comment devenir Chassid selon Messilat Yecharim, 15 min

En bref

Ce cours commente le chapitre 20 de Messilat Yesharim, le seul où le Ramhal met en garde contre les dangers de la midat hassidout, qui va au-delà de ce que la loi exige et peut donc empiéter sur une obligation. Le Ramhal en fixe trois conditions : viser uniquement la nahat rouah de HaKadosh Baroukh Hou, examiner ses actes à chaque instant, et cultiver une grande émouna et bitahon. Le cours illustre ces limites par les exemples de Gedalia ben Ahikam, de Bar Kamtsa et du korban, et par l'attitude du Rav Tsvi Yehouda face à ceux qui lui demandaient pourquoi son père parlait un langage national.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, shalom, shalom. Et voilà, c'est parti. Nous revenons dans notre étude de Messilat Yécharim. Nous sommes arrivés au chapitre 20, après un long chapitre 19 qui nous aura valu quatre cours.

C'est un chapitre très particulier, assez unique en son genre, puisque pour la première et seule fois, le Ramchal nous met en garde contre le danger de la midat à atteindre. Jusqu'à présent, toutes les midot que le Ramchal nous enjoint d'atteindre, une fois que tu l'as atteinte, tu l'as atteinte, c'est très bien, et il n'y a pas de danger. Mais comme il s'agit ici de midat ha-Hassidout, et qu'on a expliqué que la midat ha-Hassidout, comme elle fait plus que ce qu'on te demande d'après la loi, peut comporter des dangers.

Quels seraient les dangers ? Dans la mesure où il n'y a pas de mode d'emploi pour la midat ha-Hassidout, peut-être que tu vas faire quelque chose qui est pour toi de la hassidout, mais qui pourrait porter atteinte à une autre dimension, qui, elle, est obligatoire.

Dans ce chapitre, le Ramchal va nous donner les limites de cette midat ha-Hassidout. Il est très, très important de vérifier cela, et de savoir donner les limites de la hassidout. C'est peut-être, nous dit le Ramchal, la difficulté la plus importante.

Quand tu te dis: « Je fais de la hassidout », le yétser est très, très fort. Il te dit: « Mais attends, ce que tu fais, c'est très bien », alors que, à cause de cette hassidout, tu es en train de faire des erreurs. Le yétser te dit: « Mais non, tu es un super tsadik, tu es un super tsadik. » Il faut faire très attention à cela.

Le yétser peut faire en sorte qu'il y a plein de choses bien que tu fais d'habitude, que tout d'un coup tu fais moins, parce que tu penses que ce n'est pas bien. Et d'autres choses que tu fais qui ne sont pas bien, tu penses que ce sont de grandes mitsvot.

Je donne toujours cet exemple: la tefila, c'est très bien. Mais passer toute sa journée à faire des tefilot, donc rater son travail et se faire licencier, ce n'est pas bien. Pourtant, il y en a qui pourraient dire: « Mais non, tu ne te rends pas compte, c'est une grande mitsva de faire la tefila. » Quel avantage si c'est au détriment de choses qui sont obligatoires, comme par exemple parnassa ? C'est un problème, évidemment.

Et après tout cela, il y a un verset qui vient en appui.

Comme il est écrit dans le livre de Téhilim, chapitre quatre-vingt-quatre: « ». Résumons, nous dit le Ramchal: il y a un moyen de ne pas tomber là-dedans, et ce sont trois conditions.

La première: avoir pour intention de ne faire le bien que pour le Saint béni soit-Il, c'est-à-dire nahat rouah pour Hachem. La deuxième: vérifier ses actions à chaque instant. La troisième: une grande, grande émouna, une grande bitahon en Hachem.

Il y a aussi un passage cité: « ». Donc, nous dit le Ramchal, celui qui est béhémète ne peut pas être hassid sans ces trois dimensions: la bitahon en Hachem, un grand iyoun [réflexion], faire très attention à ses actions au quotidien, et que tout ce qu'il fait soit pour nahat rouah pour le Saint béni soit-Il.

Une fois qu'on est là-dedans, alors allons-y.

Il faut comprendre que cela veut dire raglei hassidah, et il faut lire ragleim, qui veut dire ergelim, c'est-à-dire ce qu'on a l'habitude de faire. Donc ce qu'on a l'habitude de faire, il faut vraiment le faire bien, comme il faut, avec ces trois critères.

Il faut comprendre qu'il n'y a pas d'écrit qui règle la hassidout d'avance. Il faut expliquer et examiner, jusqu'à ce que la situation réelle arrive, car parfois la situation en soi est bonne.

Je reprends l'exemple donné tout à l'heure: quelqu'un que tu vois prier avec un sidour, pour le monde entier. Tu regardes cela et tu dis: « Ah, ce sont des tsadikim ! » Mais ce que tu ne sais pas, c'est que cela fait trois heures que sa femme et ses enfants l'attendent à la maison, pour rentrer des courses et manger le repas du soir. Lui, il s'est émerveillé de quelque chose dans la rue, et cela fait trois heures qu'il prie, qu'il met Chabbat et le Saint béni soit-Il sur la rivière qu'il a vue. Sa femme et ses enfants sont enfin à la maison.

Donc tu ne peux pas simplement regarder une action de l'extérieur, et c'est comme cela que tu juges la midat ha-Hassidout. Est-ce que les actions sont bonnes également ? Est-ce que cela va amener quelque chose ? C'est positif ou pas.

On parle de la fin de l'époque du Premier Temple. Après la destruction du Temple de Jérusalem, les Babyloniens n'ont pas tout détruit et ont laissé une poignée de Juifs vivre à Jérusalem, sous la domination de Guedalia ben Ahikam.

Il y avait un homme nommé Ismaël, un cousin, vaguement de la famille royale, très, très, très énervé que ce soit Guedalia qui soit nommé le nouveau gouverneur. Il a fomenté un complot pour assassiner Guedalia. Des gens sont venus prévenir Guedalia qu'Ismaël était en train de mettre au point un complot contre lui. Mais Guedalia, par excès de midat ha-Hassidout, n'a pas voulu écouter.

Il n'a pas voulu juger Ismaël ni le condamner à mort. Il a dit: « Non, ce que vous me dites est du lachon hara. » Donc, midat ha-Hassidout, tu crois que c'est très bien. Mais au final, cela a amené Ismaël à assassiner Guedalia. Les Babyloniens ont dit: « Les Juifs sont intenables », et ils ont détruit ce qui restait d'un judaïsme plus ou moins autonome en Terre d'Israël. Franchement, la midat ha-Hassidout dans ce cas, non.

Le Ramchal donne un deuxième exemple: celui de la Hourban Bayit, et de Bar Kamtsa, dont l'histoire est dans le Talmud. On se rappelle qu'il y avait l'histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa, et qu'à la fin, Bar Kamtsa était tellement énervé qu'il est allé voir les Romains. Il leur a dit: « Vous allez voir que les Juifs se sont révoltés contre vous. » Comment le prouve-t-il ? « Envoyez un sacrifice, comme vous en envoyez tous les jours. »

Il y avait un sacrifice offert chaque jour au Beit HaMikdash pour le bien de Rome. Ce jour-là, ce sacrifice est confié à Bar Kamtsa pour qu'il l'amène aux Hachamim. Seulement, Bar Kamtsa lui a fait un moum, une tare. Est-ce une entaille à l'œil, à la paupière ou à la lèvre ? La question est débattue dans le Talmud.

Le débat, c'est: a-t-on le droit d'offrir ce korban ou non ? Les Hachamim sont divisés. D'un côté, c'est un baal moum, un animal qui a un défaut, donc on ne peut pas l'offrir en korban. D'un autre côté, les gens ont dit: « Oui, mais si on ne le fait pas, les Romains vont être au …

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