Le Rav Kook et le commerçant de Yafo
Comment la kinat Hachem s'exprime par la fermeté sans violence, et comment l'amour du peuple guide la hassidout.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : La juste mesure de la hassidout selon le Ramhal, 27 min
En bref
Le cours poursuit l'étude du chapitre 19 de Messilat Yesharim sur la hassidout, en commençant par la dvekout, l'attachement à HaKadosh Baroukh Hou qui doit accompagner chaque geste, y compris la tefila et les occupations quotidiennes. Il aborde ensuite la simcha comme condition de la présence divine (la Shekhina ne réside pas chez qui est triste), en s'appuyant sur Rabbi Nahman de Breslev et sur le Rav Kook. Il évoque enfin la kinat Hachem, la kavana tournée vers le relèvement d'Israël et la prière pour la Guéoula.
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Chalom ouvrakha, chalom lekoulam, chalom lekoulam. Et voilà, c'est reparti. Nous revenons dans notre étude de Messilat Yécharim, et nous sommes toujours dans le 19e chapitre, Bé'hévé'l Chéléka Hassidout. Nous reprenons donc la suite. Nous sommes en train d'étudier la dimension de l'ahava. Hier, nous avons expliqué ce que signifie l'ahava.
Le Ramhal va commencer par la dimension de dvékout. Comment pourrait-on traduire dvékout ? Je dirais: l'attachement.
Il faut arriver à cet état où chaque pensée, chaque réflexion te rattache à Lui. C'est la dvékout.
Ayelet ahavim, veya'alat chen, da'a yeravoucha, bekhol eyt, be'ahavata tishgé tamid. Ou bien, dans la Guemara, il est dit: Zikhonam livracha, amrou alav al Rabbi Elazar ben Pedat. Chaya Yossef ve'ossek vachouk ha'elyon, vetsipori ve'ossek ve'Torah ve'zdino mutal vachouk ha'tarton chel Tsipori. C'est-à-dire que l'on parle de quoi ? On dit qu'il y a des midrachim, que ce soit dans le Chir HaChirim, dans les Mishlé, ou dans le Talmud.
Dans le traité de Yerouchalmi, on nous parle de personnes qui arrivaient à être totalement en contact avec HaKadoch Baroukh Hou, alors qu'a priori elles étaient occupées à faire autre chose. La dimension de la dvékout, c'est qu'en fait, dans chaque chose que tu fais, tu arrives à la rattacher à HaKadoch Baroukh Hou.
Autrement dit, lefakhot be'sha'ata avoda, im ho'évo et bo, ve'adaiyin lo dav'ékoutaza. Bon, la base de la base de la base, c'est que, pendant qu'il est en train de faire Avodat Hachem, une mitsva, une étude, il soit avec Manitou Baroukh Hou. Ça, c'est la base de la base. Mais, j'ai envie de te dire, il y a des gens, je ne sais pas si vous les connaissez, qui sont en train de faire la tefila, et comme ils connaissent la tefila par cœur,
des fois, ce sont les enfants, des fois, ce sont les adultes. Je vais vous donner un exemple: ma fille. Ma fille Hallel a appris le Birkat Hamazon à l'école. Maintenant, elle n'a pas vraiment envie de se concentrer quand elle fait le Birkat Hamazon, de prendre le livre et tout. Alors, à chaque fois qu'elle fait le Birkat Hamazon, on la voit se balader dans toute la maison, en train de faire comme ça, et de réciter son Birkat Hamazon.
Bon, voilà, ma fille fait le Birkat Hamazon. Mais est-ce vraiment le Birkat Hamazon ? Où est la dvékout ? Bon, tu me diras, elle a sept ans, donc ça passe. Mais prends un état plus âgé. Mon autre fils, qui fait sa tefila, mais au moment où il fait sa tefila ou son Birkat Hamazon dans le livre, il pense à tout ce qu'il peut penser, sauf à son Birkat Hamazon. Là, je prends l'exemple de mes enfants, c'est pour ne pas parler de moi, hein.
Mais on sait tous très bien que quelqu'un qui va à l'aéroport pour prendre l'avion, juste avant de prendre l'avion, c'est très, très important, avant de partir de chez soi, de faire la Min'ha. Pourquoi ? Pour se rappeler tout ce qu'il a oublié de mettre dans sa valise, bien sûr. Oui, parce que quand on fait la tefila, on pense à quoi ? À tout sauf à la tefila. Et évidemment, nous dit le Ramhal, c'est la base de la base: quand tu fais ton Avodat Hachem,
que tu sois avec Ba'Hachem. Ensuite, ce sera quand tu vas au travail, quand tu vas au parc, et ainsi de suite. À ce moment-là, tu seras avec Ba'Hachem. Mais il est évident que, dans un premier temps, la dvékout à Ba'Hachem, c'est au niveau pachout. Bien évidemment. Il y a un passage dans la Guemara, on dit: Rabbi, Rabbi, Rabbi...
Ça me semble être: Yavo'lay, mitor shaya libi mechaven betfila lo irgachti. On parle donc ici du Rabbi Hanina, qui a été piqué par une bête pendant qu'il était en train de faire sa tefila, et il a fait comme si de rien n'était. Ses élèves lui ont demandé: « Rabbi, tu n'as rien senti ? » Il a répondu: « Non, j'étais en train de faire ma tefila, j'étais tellement concentré que je n'ai rien senti. » On raconte aussi, là je dois vous le dire, on raconte aussi, au sujet de Rabbi Yisrael, que lorsqu'on lui coupait la jambe, il chantait, chant que l'on a l'habitude de chanter chez les Ashkenazim le Chabbat.
Il chantait, et il ne se rendait pas compte. Ses élèves étaient en larmes et, à la fin, une fois que l'opération était terminée, ils lui ont demandé: « Comment ça va, Rabbi ? » Il a dit: « Quoi ? Ça n'a pas encore commencé ? Ah ! C'est déjà fini ? » Voilà, c'est une dvékout extraordinaire.
Donc, la dvékout, nous l'avons évoquée dans la Torah à de nombreuses reprises: l'amour de HaKadoch Baroukh Hou, et tout ça. Et à chaque fois...
Donc, la dvékout, c'est celui qui...
Qui se connecte, j'ai envie de dire, à HaKadoch Baroukh Hou, à chaque instant de sa vie. On se rappelle que be'hémet, in yaneh hassidout, la dvékout, c'est pour la Hassidout, ce n'est pas pour tout le monde. Mais, aval ou botit bak, c'est une mitsva. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que tsarih lidbek be-midato el HaKadoch Baroukh Hou, afilu katsat. C'est-à-dire que, même si l'on parle de midat Hassidout et que ce n'est pas pour tout le monde,
il y a quand même une dimension de dvékout minimale que chaque juif doit avoir. Voilà, nous avons parlé de la dvékout. Maintenant, la simha.
Ivdou et Hachem be-simha, ivdou et Hachem be-simha. Bo lefanav birnina, lefanav birnina. Hay didi-day, didi-day, didi-day... Ivdou et Hachem be-simha. Veomer tsadikim yismechou, ya'aletsou lifné Elohim, veyasisou besimcha. Veameru avotenou, zikhonam livracha. Ein ha-Chekhina shora ela mitoch simcha, shene mitsva.
Donc, la simha est un pilier fondamental de la relation à HaKadoch Baroukh Hou. Il n'est pas possible d'être connecté à Dieu quand on est atsouv. Nous dit Rabbi Nah'man de Breslev: mitsva gedola liyot be-simha tamid, shela gedola nishelet. C'est une grande question qui a été posée chez les hassidim de Breslev.
Mais d'où vient cette mitsva guedola ? Liyot be-simhat ha-amin. On peut comprendre, des paroles de Rabbi Nah'man, quelque chose de fantastique. La Torah compte six cent treize mitsvot. Il y a trois mitsvot pour lesquelles il vaut mieux mourir que de les transgresser: le meurtre, les relations interdites, l'idolâtrie, la avodah zara. Cela veut dire que, pour les six cent dix autres, il vaut mieux vivre. Il vaut mieux vivre, quoi qu'il arrive.
Donc, il y a six cent treize mitsvot et, tout simplement, il y en a qui sont plus importantes que la mort. Et donc, si jamais tu étais menacé, tu devrais transgresser ces mitsvot pour vivre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que la vie est plus importante que six cent douze ou six cent treize mitsvot. Et quand on comprend les paroles de Rabbi Nah'man, qui nous explique que si tu tombes dans …
Cours d'Orot veKelim
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