La Hassidout selon le Ramhal, au-delà de la lettre de la loi
Ce qui distingue la hassidout de la simple tzidkout, et le risque de la pratiquer sans repères clairs.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Les trois parties de la Hassidout selon Mesilat Yécharim, 17 min
En bref
Le cours ouvre la partie du Messilat Yécharim consacrée à la Chassidout, qui désigne ce qui va au-delà de ce que la halakha exige, et il met en garde contre les fausses pratiques de piété accumulées sans étude. Le Rav Ramhal montre que la Chassidout suppose d'abord la Zerizout, la Zehirout, la Nekiyout et la Prishout, et qu'on ne peut pas être chassid sans connaissance. Il distingue la Chassidout de la khoumra et illustre le propos par l'exemple du père et du fils : comprendre ce que l'autre attend sans qu'il le dise.
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Chalom oubracha, chalom boker tov. Et on revient dans notre étude de Messilat Yécharim. On est arrivé au chapitre 18, le dix-huitième chapitre de Messilat Yécharim, à savoir Be'ur Midat HaChassidut. Voilà, nous sommes enfin arrivés à la Hassidout, cela fait longtemps qu'on en parle. Pour récapituler, rappelons-nous de quoi il s'agit.
Messilat Yécharim est un livre qui nous parle du Tikkun HaMidot, et il est divisé en trois grandes parties. La première nous apprend à être tsadik, la deuxième hassid, et la troisième kadosh. Dans chacune de ces parties, il y a plusieurs domaines: le domaine, on va dire, de la mitsva tassé et de la mitsva lo tassé, et le niveau de l'intention et de la réflexion. Dans la première partie, on a parlé de Zerizout, pour aller faire ce qu'il faut faire; de Zehirout, pour se garder de ce qu'il ne faut pas faire; et de Nekiyout, pour que ce qu'on fait, on le fasse bien. Cela faisait douze chapitres pour être tsadik.
Ensuite, on a commencé à dire: puisqu'on est devenu tsadik, on peut commencer à envisager le domaine de la Hassidout. Or la Hassidout, c'est aller au-delà de ce qu'on nous a simplement demandé. Mais d'abord, on avait dit qu'il fallait cette dimension de Prichout, c'est-à-dire m'éloigner également des choses qui pourraient être permises, mais qui, pour moi, pourraient amener à un problème. Donc je me les interdis. Ensuite, on s'élève au madrega de Tahara: lorsque je fais les choses, je ne me suis pas seulement éloigné de ce qui aurait pu me faire tomber, mais, lorsque je fais les choses, elles sont entièrement dirigées vers HaKadosh Baroukh.
Une fois qu'on a dit cela, nous pouvons maintenant arriver à la Hassidout. Mais le problème, c'est que la Hassidout, s'il s'agit d'en faire plus, plus que ce qu'on m'a demandé de faire, il y a un danger.
Quel danger ? Hassidout vient du mot Hessed, évidemment, la bonté, par opposition à Din. La Midat HaDin, c'est ce qu'il faut faire. La Midat HaHassidout, ce n'est pas ce qu'il faut faire, mais ce que je pense devoir faire. La grande différence, c'est que ce qu'il faut faire, c'est assez facile de savoir de quoi il s'agit. Au niveau de la Midat HaDin, au niveau de la Tsetli dekhovata halakha, ce n'est pas compliqué, je n'ai pas besoin d'inventer. Mais quand il s'agit de Hassidout, est-ce que ce que je fais en plus est bien ou pas bien ? C'est un grand problème, parce que je n'ai pas de livre, on va dire, clair, qui me dise ce qu'il faut faire.
Donc je peux arriver à un problème: essayer de faire quelque chose que je pense être bien, mais décider d'en faire plus, et en fait ce n'est pas bien. Imaginons que quelqu'un me demande: fais-moi un thé avec une cuillère de sucre. Et moi, par excès de zèle, je lui mets trois cuillères de sucre. Il n'aime pas. Il n'est pas content, et ce n'est pas bien, ce que j'ai fait. Comment suis-je capable de savoir ce qui est bon dans le domaine de la Hassidout et ce qui ne l'est pas ? C'est pour cela qu'il va falloir étudier en profondeur la Midat HaHassidout. Vous verrez que le chapitre 18, qui nous la présente, est assez court, mais le chapitre 19 est très long, justement pour nous expliquer, en long, en large et en travers, comment être hassid.
Il faut vraiment faire attention avec la Hassidout et bien l'expliquer. Pourquoi ? Il dit: parce que… Alors je reprends le texte.
Kim minagim rabim, il y a beaucoup d'actions. Vedrachim rabim, il y a beaucoup de chemins suivis par beaucoup de gens qui, au nom de la Hassidout, ne le sont pas, et ne sont que des golmé Hassidout. Mazik bolem. Un golem, c'est quelque chose de brutal, de brut, absolument pas raffiné, absolument pas préparé. Imaginons que j'aie sorti, je ne sais pas, une matière première de la terre, et que je n'aie absolument pas encore travaillé cette matière première, et que je croie que c'est comme ça qu'il faut l'utiliser.
Eh bien, nous dit le Ramhal, il y a plein de gens qui font plein de choses qu'ils croient être de la Hassidout, et ils le font au nom de la Hassidout. Ils ne sont pas encore au niveau, ils ne sont que des golmé Hassidout. Et ce qu'ils font est bli toar, bli tsoura ou bli tikoun. Tu crois que ça va te faire du bien ? Comme je l'ai déjà donné en exemple: je fais cinq fois le livre de Tehilim par jour. Et je ne me rends pas compte que ce n'est absolument pas ce qu'il faut faire, et qu'au contraire, cela porte atteinte à ma parnassa: je me suis fait virer, et ainsi de suite.
Moi, je suis hassid, donc je ne mange pas. Je fais des jeûnes toute la journée, et comme ça je n'ai pas de tahavat achila, et maintenant j'ai des carences. C'est idiot. Je suis hassid, je vis de peur en peur. Je vis avec un bandeau sur les yeux pour ne jamais rien voir, et résultat des courses, je me suis fait renverser par une voiture parce que je n'ai pas vu de quel côté était le feu. Qu'est-ce que vous avez compris ? J'exagère, évidemment, mais l'idée est là.
Dis-leur, Amchal: pourquoi y a-t-il plein de gens qui tombent dans le domaine de la Hassidout ? Parce qu'ils font plein de choses, mais ils n'ont absolument pas étudié le sujet. Et ils le font… Mihresron, ioun, vaaskala, amitit. Ils n'ont pas vraiment étudié ce qu'est la Midrash HaHassidout. Et mitrasdim. Moi, je dis mitrasdim. Mitrasdim vient de la forme hitpaël, et la forme grammaticale hitpaël signifie soit une action qui revient vers moi, soit un keilou. Par exemple: ani mitlabesh, c'est une action qui revient vers moi, c'est moi qui m'habille moi-même. Ani mitgadel: je me grandis, c'est-à-dire que je me mets sur la pointe des pieds pour être plus grand. Un mitrased, c'est quelqu'un qui peut ne pas être hassid, mais qui fait semblant d'être hassid.
Alors, de quoi parle-t-on ? Nous dit le Ramhal: ces gens n'ont pas pris le temps et la peine d'étudier en profondeur Deir Hachem Beydi Avroura. Et ils ont évoqué le sens de la Hassidout dans les yeux de beaucoup d'entre eux, et de ceux qui s'entraident avec eux, et qui pensent déjà que la Hassidout dépend de mots de la mort, ou de choses contraires à la sagesse et à la pensée juste. Ils croient que toute la Hassidout dépend seulement de l'appel de beaucoup de demandes, de connaissances de grands rabbins, de vieilles et grandes expériences, et de conférences étrangères, dans lesquelles l'homme va défendre son esprit.
Le problème de ces gens qui n'ont pas étudié, c'est qu'ils se mettent à faire plein d'actions, et ils croient que c'est ce qui les rend beaucoup plus, on va dire en français, religieux, beaucoup plus hassidim. Et les exemples qu'ils donnent …
Cours d'Orot veKelim
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