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Acquérir la périchout : savoir se détacher du plaisir passager

Le Rav explique comment la prise de conscience du plaisir éphémère mène à la séparation des choses permises.

30 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Mesilat Yecharim : la pureté du cœur dans l'action, 29 min

En bref

Le Rav reprend le chapitre 15 de Mesilat Yesharim du Ramchal, consacré à la périchout (le retrait volontaire des plaisirs permis mais risqués), première midda de la hassidout. Il explique qu'il faut d'abord réfléchir à la vanité des plaisirs de ce monde, qui ne procurent qu'une satisfaction passagère, puis prendre conscience que leur attrait vient surtout des yeux et de la publicité. Il insiste sur la nécessité de la hidboudout, le temps passé seul avec soi-même pour faire le point, en veillant à avancer à son propre rythme et à consulter son Rav.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous, bon dimanche et bonne semaine. Nous sommes après Ticha BeAv, dans la période que l'on appelle Bein HaZmanim, c'est-à-dire la période où l'on est en vacances et où l'on n'étudie plus la Torah comme d'habitude. Je vais donc arrêter les cours habituels, mais on n'est jamais vraiment en vacances de la Torah.

Pendant cette période, je voudrais que nous continuions ensemble certains enseignements que nous suivons habituellement de manière hebdomadaire, et nous avons quand même besoin de terminer une étude. Nous allons donc reprendre notre étude de Messilat Yecharim. C'est parti: nous sommes au chapitre 15, Bedarekh Kniyat HaPerishout, « Sur le chemin d'acquisition de la perishout ».

Je rappelle que nous sommes dans la deuxième catégorie. Nous avons terminé les trois midot qui étaient zehirout, zerizout et nekiyout, qui nous permettent d'être tsadik, et nous avions commencé la deuxième partie, qui s'appelle Chassid. Là aussi, il y a plusieurs midot pour être Chassid. La première est la perishout.

Après avoir expliqué ce qu'est la perishout, c'est-à-dire s'éloigner des choses qui sont permises, mais dont je sens qu'elles pourraient me faire du mal, le Ramchal nous dit ici: « Bedarekh Kniyat HaPerishout ». Allons-y.

La première chose que tu peux faire pour t'éloigner, c'est-à-dire pour acquérir la perishout, c'est de prendre conscience, et cela demande une réflexion, de la mesure dans laquelle les plaisirs de ce monde, qui sont permis, nous ne parlons pas encore une fois de choses interdites, ce sont les averot, on n'a pas le droit de les faire, mais des choses permises, les plaisirs de ce monde, ne sont pas vraiment importants.

On ne parle pas non plus des mitsvot, bien évidemment. On parle de choses qui relèvent du domaine du parvé: ce n'est pas obligatoire, ce n'est pas interdit, c'est neutre. Quand on y réfléchit vraiment, on se rend compte que beaucoup de ces choses apportent une satisfaction, mais une satisfaction purement temporaire. Je me dis: « Mec, ça ne vaut pas le coup. » Quand je réfléchis vraiment: le plaisir va durer cinq minutes, et après, est-ce que cela a vraiment une importance pour l'éternité ? Certains pourraient me dire: « Mais bien sûr, allez, nitsotso, takedoucha… » Rappelons-nous que nous ne sommes encore qu'au chapitre 15.

Nous sommes seulement dans la partie de la perishout où l'homme est en train de grandir. Lorsqu'on arrivera à la kedoucha, on comprendra que chaque action, au contraire, est reliée à HaKadosh Baroukh Hou et dévoile la sainteté. Mais là, nous n'y sommes pas encore. Soyons très honnêtes entre nous: la majorité des gens, moi y compris, lorsqu'on se fait un bon steak, ne pense pas toujours à la grandeur de la halakha ni à la tsotsot.

On raconte une histoire sur le Natif de Volojin, si je ne me trompe pas. On venait d'inventer la crème glacée, et on lui en a donné une. Il a commencé à la manger, a pris une bouchée, a reposé la glace et a dit: « Il n'y a là aucune nitsotsot à élever. » Alors il ne l'a pas mangée. Ça, c'est le Natif, ce n'est pas moi.

Nous, entre nous, nous savons très bien que, dans la réalité des faits, les choses ne se passent pas ainsi. Le Ramchal nous dit donc: la première chose, c'est de prendre conscience que ce n'est pas si important que cela. Et, en même temps, il faut réfléchir au fait que je suis tout à fait conscient que cela risque de me faire tomber, que cela risque d'amener des problèmes. Parce que tu te fais un bon steak, il était tellement bon que tu veux en faire un deuxième, et tu sais que cela peut t'amener à avoir mal au ventre.

Alors tu te dis: je n'ai pas envie d'être dans cette situation, en tout cas je ne le veux pas. C'est ce qui tue la nature de ces amours, jusqu'à ce qu'il y ait tellement de force et de compétences pour les détruire. C'est l'expression de l'œil, qui s'affiche dans le visage des choses, qui est bonne, et qui est bonne de toute façon. C'est cette expression qui a causé le premier malakh, celui qui va faire.

Vatère HaIcha ki tov HaEts lemaakhal ve ki taavah hou laeynayim ve nehmad HaEts lehaskil… Il dit alors: qu'est-ce qui nous pousse, dans ces cas-là, à faire ce genre d'actions qui risquent de me faire tomber ? De manière générale, c'est parce qu'elles sont attirantes, parce que cela me fait plaisir, parce que rien que de les voir, cela me met déjà… Nous sommes dans le domaine de la nourriture. On dit: cela me met déjà l'eau à la bouche. On mange aussi avec les yeux.

Quand on y réfléchit, et encore une fois, dans un premier temps, on y réfléchit, la nourriture est là pour que nous soyons en bonne santé, pour que nous puissions continuer à faire la avodat Hachem. Que ce soit bien présenté, top chef, tout ce que tu veux. Finalement, mets-moi ça en purée, mets-moi ça dans un shaker, mélange tous les ingrédients: j'ai tous les apports nutritionnels qu'il me faut. Nous, nous ne sommes pas comme ça, et on ne va pas aller jusque-là non plus.

Mais le Rambam nous dit que le fait que tout soit mis en place pour que ce soit attirant est le début de quelque chose qui n'est pas vrai. Aujourd'hui, nous vivons dans un monde où la publicité fait exactement cela. On a des stratagèmes publicitaires absolument incroyables pour nous montrer le produit comme étant magnifique et nous donner envie, alors que dans la réalité ce n'est pas cela. Combien de fois a-t-on vu des vidéos qui expliquent que les publicitaires nous mentent ?

Quand on veut nous montrer une pub sur un très bon hamburger, on met des éponges à l'intérieur du produit pour que ça ait l'air plus gros. On met les sauces juste autour pour qu'on voie qu'elles sont bien présentes. Mais ce n'est pas du tout la réalité du hamburger qu'on mange à la maison. Mais on veut que tu achètes.

Le Ramchal nous dit ici: la première chose pour pouvoir s'éloigner de cela, c'est de prendre conscience que ce qui me donne envie, c'est mon regard. Il dit que c'est ce qui s'est passé lors de la faute: « Bekhet HaKadoum, Bekhet HaDamarishon ». Et comment en sont-ils arrivés à fauter ? « Damarishon, Kitah vawolei naim », « venechmada etzlemare ». C'est-à-dire qu'ils l'ont désiré en premier lieu par les yeux.

La première chose à faire, si tu veux t'éloigner de ce genre de choses, midat HaBéréchit, c'est t'éloigner de cette istaklout chitzonit, de cette vision extérieure uniquement. Mais lorsqu'un homme voit qu'il y a un bien dans ce qu'on lui montre, il faut qu'il se dise qu'en vérité c'est une illusion, et qu'il est lui aussi tout à fait conscient des dangers que cette chose peut amener, et que, s'il est proche de ce qui pourrait le faire tomber, il ne veut pas s'y rapprocher du …

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