Mesilat Yecharim : la pureté du cœur dans l'action
Pourquoi accomplir les mitsvot et les bonnes actions uniquement pour la volonté de D., et non pour soi.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Midat HaTahara et la pureté du cœur dans chaque action, 18 min
En bref
Le Rav poursuit son étude du Mesilat Yesharim du Ramhal, au chapitre 16 consacré à la mida de Tahara (pureté intérieure), qui relève de la Chassidout et non plus de la simple Tsadikout. Il explique que la pureté consiste à accomplir des actions déjà permises et bonnes en les orientant uniquement vers le bien qui en découle et la connaissance de Hachem, et non vers la satisfaction de son yetzer. Il développe cela à partir d'exemples concrets (la tefila, la tsedaka, la nourriture) et de l'exemple de Rabbi Eliezer dans ses relations conjugales.
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Bonjour à tous et bienvenue dans notre étude de l'été, pour terminer le livre de Messilat Yécharim. Nous sommes arrivés au chapitre 16, Péreq Tet Zayn: Béérour Midat HaTahara. Alors, de quoi parlons-nous ?
Depuis quelque temps, dans la deuxième partie du livre, on l'a déjà expliqué, nous ne sommes plus dans la progression qui nous fait devenir tsadik, mais nous essayons, du moins, de devenir hassid. Être tsadik, c'est faire ce qu'il faut faire et ne pas faire ce qu'il ne faut pas faire: faire ce que Dieu nous a demandé de faire, les mitsvot, et se garder des avérot, dans tous les sens. Il nous fallait donc la midat zérizout, la zéhirout et la nekiout, pour que ce soit bien fait.
Après cela, on est tsadik et on peut commencer à s'élever vers la Hassidout. Dans cette Hassidout, on avait dit également qu'il y a une dimension de recul, qui s'appelle la Périchout, c'est-à-dire s'interdire des choses qui, théoriquement, sont permises, ne relèvent pas de l'obligation, ne sont pas interdites. C'est permis, mais ce n'est pas obligatoire.
Le Rambam nous a expliqué que, dans certains cas, à un certain niveau et pour certaines personnes, si je vois qu'une chose est permise mais qu'elle pourrait me faire tomber, je m'en éloigne: c'est la Périchout. Une fois qu'on a atteint cette dimension de Périchout, il y a une autre dimension dans la recherche de la Hassidout, c'est la Tahara.
La Tahara, c'est la réparation du cœur et des pensées. Et c'est le verset que nous avons apporté, celui que David a dit dans le Livre des Psaumes: « Le cœur est pur, et l'esprit est renouvelé … » L'idée, c'est de ne pas laisser l'homme trouver un endroit pour s'amuser, mais de s'amuser du côté de la sagesse et de la vérité, et non du côté de la faim et de la douleur.
La mida dont nous sommes en train de parler, c'est la Tahara. C'est Tikoun HaLev, la réparation du cœur, Tikoun HaLev véHaMaasim. Évidemment, on ne va pas parler ici de se garder, de faire des interdits, puisqu'on ne parle ni de zéhirout ni de zérizout. On parle des choses que tu fais, pour lesquelles il n'y a même plus de débat pour savoir s'il faut les faire ou non, parce que tu t'es déjà éloigné par la Périchout.
Donc, tu t'es même éloigné des choses qui sont permises mais qui auraient pu te faire tomber. On ne parle donc que de quelqu'un qui fait des choses fondamentalement bonnes, que ce soient des mitsvot ou des actions ordinaires, mais qui ne font que l'élever. Alors on dit: celui qui fait cela doit le faire pour les bonnes raisons. C'est-à-dire que l'action que je fais, qui est une bonne action, encore une fois, il ne faut pas que je la fasse par rapport à mon yetser.
Alors vous voyez, on va lire un peu, et je vais expliquer.
Donc, d'abord, nous dit le Ramhal: la Tahara, c'est que lorsque je m'engage à faire
ces actions, et on a déjà dit bé-sader, il faut que les raisons, les motivations qui me poussent à faire cette action ne soient pas du tout poussées par le yetser, mais uniquement par le bien qui va sortir de l'action que je vais faire. Cela paraît un peu dans les airs. Essayons de comprendre de quoi il s'agit concrètement. Prenons un exemple: je sais, je ne sais pas, j'aime beaucoup la téfila.
J'aime beaucoup la téfila, mais je ne fais pas la téfila. Et la téfila, c'est bien. Je ne parle pas de la téfila en elle-même. C'est bien, la téfila, mais je ne dois en aucun cas la faire parce que ça me donne un sentiment d'être un super tsadik, parce qu'à ce moment-là, ça devient un peu du yetser. Je dois faire ma téfila uniquement parce que je sais que cela amène le Tikoun HaOlam. Je mange parce qu'il faut que j'aie des forces.
Mais, en même temps, je sais que cela va me faire… comment donner un exemple avec la nourriture ? Voilà: je suis dans un concours de, je ne sais pas, un concours de la plus belle salade. C'est-à-dire, je mange ma salade parce que j'ai envie d'avoir de l'énergie, ou parce que j'ai envie d'être reconnu comme le meilleur mangeur de salade ?
Donc, nous dit ici le texte, pour arriver à cette dimension de Tahara, il faut que toutes mes actions soient faites uniquement parce que je sais qu'il en sortira un bienfait, et pas seulement pour me faire plaisir. Je donne la tsedaka. C'est très bien de donner la tsedaka. Mais est-ce que je donne la tsedaka pour avoir la satisfaction personnelle de l'avoir donnée, ou parce que j'aime qu'on me dise merci ? Ou est-ce que je fais cela parce que je sais qu'il faut donner la tsedaka ? Et il se trouve qu'on me dit merci, mais ce n'est pas pour cela que je le fais.
Maintenant, il faut comprendre que le Ramhal va être beaucoup moins explicatif dans cette mida, à partir de cette mida, que dans les midot vues auparavant. Pourquoi ? Parce que les midot vues auparavant, tout le monde est obligé d'y aller. Tout ce qu'il faut pour être tsadik n'est pas facultatif, c'est obligatoire. Il faut donc expliquer en long, en large et en travers, pour tout le monde.
Mais la Tahara, et plus généralement la Hassidout, ce n'est pas pour tout le monde. Le Rambam n'a donc pas besoin de tout t'expliquer en long, en large et en travers. Celui qui est au niveau comprend avec peu de mots; celui qui n'est pas au niveau, ce n'est pas la peine de lui expliquer, parce que ce n'est pas pour lui.
C'est comme l'action qui avait été mise en place par Rabbi Eliezer, l'un des tanaïm du Talmud, qui nous dit que lorsqu'il s'unissait à sa femme, il faisait comme s'il n'en avait pas envie. Je ne rentre pas dans le débat: faisait-il une mitsva ou non ? Ce n'est pas la question. Bien sûr qu'il aimait être avec sa femme, et bien sûr qu'il aimait sa femme. Mais il ne voulait pas que cela ait l'air, ni pour lui ni pour elle, de se faire parce que c'est un plaisir. Il le faisait parce qu'il savait que c'est le bien et la volonté du Saint béni soit-Il.
Il se trouve qu'il y a du plaisir derrière, mais ce n'est pas pour cela que je le fais. La midat HaTahara, c'est essayer de comprendre et de ressentir que chacune des actions que je fais, je les fais parce qu'elles m'amènent à dévoiler le bien qui se trouve derrière tout cela. Sur cela, a dit le roi Salomon, dans le Livre des Proverbes: « Dans toutes tes voies, reconnais-Le, et Il aplanira tes sentiers. » Il faut que chacune de tes actions, évidemment les bonnes actions,
soit dirigée vers la capacité de dévoiler et de mieux connaître Dieu: c'est le Daat Hachem. Voilà exactement de quoi on parle. Prenons l'exemple de …
Cours d'Orot veKelim
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