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L'humilité face aux bienfaits reçus de Hachem

Pourquoi ne pas se mettre en avant : Néhémie, David, le Rav Kook et le sens de la anava.

33 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Acquérir la humilité selon le Ramchal, 26 min

En bref

Le cours poursuit l'étude de l'anava (humilité) dans le Messilat Yecharim du Ramchal, chapitre 22, en se concentrant sur l'anava bamarchava, c'est-à-dire la prise de conscience intérieure que l'homme n'a pas à se mettre en avant, car ce qu'il possède vient de D.ieu. Le Rav illustre ce point par David face à Goliath, par la sanction de Nehemia ben Hachalia qui s'était trop mis en avant, et par la réponse que le Ramchal donne à ceux qui se sentent indignes. Il présente ensuite la partie pratique (anava bamaassé) selon les quatre domaines du Ramchal : le rapport à soi, la réaction aux critiques, la réaction aux éloges, et la manière de traiter autrui, avec des exemples concrets comme la chaise réservée et la conduite du Rav Kook.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom, chalom ouvracha. Nous voilà repartis pour notre étude du livre de Messilat Yecharim, et nous sommes toujours dans le chapitre 22, Bi'our Midat HaAnava. On a expliqué que la Anava devait se subdiviser en deux parties: d'abord Anava Bamarcha, puis Anava Bamaasé. Et nous avions presque terminé le sujet de Anava Bamarcha. On reprend.

Dans le chapitre 22, là où il est marqué: te mettre en avant.

Parce que tu es conscient d'avoir des choses que tu n'as pas bien faites, d'avoir des problèmes, d'avoir des manques dans ta vie. Et même les choses que tu as bien faites, tu sais aussi que tu ne les as pas faites aussi bien que possible. Est-ce que j'ai fait ma tefila ce matin ? Oui. Mais est-ce que je l'ai faite avec toute la émouna que j'aurais dû avoir ? Eh bien, pas forcément. Donc, je te dis, il n'y a pas de raison de te mettre en avant.

Et même si je ne pense pas avoir fait des choses pas bien, ou qu'il me manque quoi que ce soit, je suis un être humain. Je suis une créature, et moi, par rapport à l'infini, je n'ai pas à me mettre en avant. Toutes ces marchavot-là, ces réflexions-là, me font prendre conscience que je n'ai pas à me mettre en avant.

Et donc, même si je fais des choses bien, je dois toujours être conscient que c'est HaKadosh Baroukh Hou qui m'a donné les moyens de faire ce genre de choses, et je n'ai pas du tout à me mettre en avant pour quoi que ce soit. À des rabats, je dois toujours me mettre plus dans une situation d'un avant, en me disant: est-ce que je n'aurais pas pu mieux faire ?

Ah le matzeh domay, ah le matzeh domay, slikha, le ani, ve'evyon, shemikabel matana b'chesed, shi'i efshar lo, shelo yevosh, ki kol ma shi'irbea chesed shi'ikabel, kach yerbea boshet shi'evosh. Ken adavar hazeh, bechol adam sheinah pekuchot lirot et atsmou b'yotou, mesig maalot tovot, me'et Hachem itbarach, ukeinyan sha'amar David HaMelech, ma ashiv la Hachem, kol tagmou oli, tol kol tagmou loyi, alayim.

C'est de nous dire: à quoi ressemble cette histoire ? Eh bien, ça ressemble à quelqu'un qui reçoit un acte de bonté. Plus il va recevoir de choses, plus il sera mal à l'aise en comprenant que ça lui manquait. Et donc, tous les bienfaits qu'on a reçus d'HaKadosh Baroukh Hou, c'est la même chose. On a reçu quelque chose d'extraordinaire de Dieu. Je n'ai pas à me la péter parce que j'ai reçu quelque chose de Dieu. Adé Rabba: ça montre à quel point j'étais manquant s'il ne me l'avait pas donné. Tout simplement.

David HaMelech nous dit: moi, par exemple, j'ai reçu tellement de choses, mais ce n'est pas de moi. Tout ce que j'ai vient de lui. Et cette anava de David, on peut la rencontrer déjà au début de notre rencontre avec lui. Lorsqu'il va combattre Goliath à Plishti, il lui dit:

Je ne viens pas en mon nom. Tout n'est qu'au nom d'HaKadosh Baroukh Hou, grâce à HaKadosh Baroukh Hou.

Il dit qu'on a des exemples de gens qui ont été punis parce qu'ils se sont un peu trop mis en avant. Par exemple, Néhémie ben Hakhalia. Qui est Néhémie ben Hakhalia ? Néhémie, c'est le Benzoug avec Ezra à Souffir. Ezra et Néhémie sont ceux qui ramènent le peuple juif en Erets Israël après l'exil de Babylone. Si Ezra est, on va dire, le rabbin, le dirigeant spirituel, Néhémie est le pacha, le gouverneur mis en place par les Babyloniens, par les Perses, c'est ça. Amrou zikhonam livracha dans le traité de Sanhedrin. Mipnem malo nikra sifrou al shemo. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas le livre de Néhémie ?

Effectivement, d'après Chazal, le livre de Néhémie était inclus dans le livre d'Ezra. C'est le livre d'Ezra, et en fait, dedans, il y a également le livre de Néhémie. Parce qu'il s'est mis en avant. Comment s'est-il mis en avant ? Eh bien, il nous le dit à la fin du livre de Néhémie, chapitre 25, verset 19: « Je me mets en avant. » Ah, tu te mets en avant ? Eh bien, le livre ne sera pas appelé à ton nom.

Eh, tu crois quoi ? Tu crois que c'est à cause de toi que je vais sauver la ville ? C'est les Mahani et les Mahan David. Ce n'est pas à cause de toi, Hachiskiyahu. Tu t'es mis en avant, mais ce n'est pas pour toi. Parce que tu as demandé: pour moi, sauve la ville. Non, ce n'est pas pour toi.

Et comme le dit le Ramchal et la Tariana, tout cela, c'est ce que nous devons répondre à Abraham, à Moshe, à Aaron, à David, ou aux autres hassidim. Mais nous, les étouffés, nous n'avons pas besoin de tout cela.

Kikvaryesh, Vayesh Eitanu, Chisronot, Rabot, Chayim Tzarih, Yiyoun Gadol, Lirod, Pechitoutenu. Il dit: toutes ces choses que le Rav Hachal nous met en avant, qu'il faut bien nous rappeler pour ne pas nous mettre en avant, eh bien, c'est bien. Mais ça, c'est pour les tsadikim, les super tsadikim: Abraham, Moshe, Aaron. Il dit: nous, nous n'avons pas besoin de tout cela. Nous, au quotidien, nous voyons bien qu'on n'est pas au top.

On n'a besoin de rien pour nous rappeler. On se voit tout de suite qu'on n'est pas bien. Vu comment on crie sur nos enfants, qu'on parle mal à notre femme, ou qu'on n'a pas bien fait notre tefila, ou qu'on n'a pas bien fait nos mitsvot. Et parce qu'on est en plus sur Netflix plutôt que sur Magmara, on n'a pas besoin qu'on nous mette des ayoun gadol. C'est évident pour nous qu'on n'est pas au top.

C'est ce qu'il faut que l'on comprenne et que l'on connaisse en vérité, sans que cela se déroule sur nos cœurs, mais qu'on reconnaisse que notre pensée est simple, et que notre pensée est très faible. La pensée est grande en nous, et l'erreur est grande, et ce qu'on connaît n'est qu'un peu d'un peu. S'il en est ainsi, il n'est pas certain qu'il soit possible pour nous d'agir comme cela, mais la bouche et la faiblesse, et c'est simple. Mais nous n'avons pas de problème.

Ce n'est pas très compliqué: on voit qu'on n'est pas au niveau. Mais attention. Attention, parce que ne pas être au niveau de nos ancêtres, c'est une chose. Mais penser, à cause de cela, qu'on est au niveau de rien du tout, c'est une autre erreur. Parce que peut-être qu'on n'est pas au niveau de nos ancêtres, mais on est à notre niveau. Et à notre niveau, c'est ce dont HaKadosh Baroukh Hou a besoin, Baolam Azeh, Archav, Bazman Azeh. Il y a des rabbanim, après la Shoah, qui ont refusé d'écrire des kinot sur la Shoah, en prétextant qu'ils n'étaient pas au niveau pour écrire de nouvelles kinot.

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