Michlei Tahareh
Humilité et gaava : pourquoi l'anava permet d'accéder à la sagesse, selon le Ramchal.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : L'humilité face aux bienfaits reçus de Hachem, 33 min
En bref
Le Rav poursuit son étude de Mesilat Yesharim du Ramchal et aborde le chapitre 22 consacré à l'humilité (anava). Il montre que l'humilité n'est pas se croire insignifiant mais reconnaître que toutes ses capacités viennent d'Hachem, et que l'orgueil naît des manques de l'homme comparés à la perfection divine. Il illustre cela par l'exemple de David dansant devant l'arche malgré les moqueries de Mikhal.
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Shalom Ouvracha, shalom à tous, shalom shalom. Et nous revoici pour notre étude de Messilat Yecharim. Comme nous l'avions présenté hier, nous avons terminé la deuxième shlacha, la deuxième grande partie du livre, qui était de nous faire devenir chassidim. Nous pouvons donc maintenant entrer dans la troisième partie. C'est peut-être le moment de réexpliquer un peu tout cela.
Messilat Yecharim est un livre qui a un but. Le but de Messilat Yecharim est de te faire atteindre un niveau tel que tu pourras recevoir Roua'h HaKodesh, que tu pourras recevoir la prophétie. Tel est le but du Ramchal. La prophétie n'est pas quelque chose que toi tu peux décider d'avoir ou de ne pas avoir. La prophétie, Roua'h HaKodesh, vient de HaKadosh Baroukh Hou, elle vient d'en haut. Donc on ne va pas t'apprendre à être prophète.
Par contre, on va t'apprendre à être quelqu'un qui pourrait prétendre à être prophète. Pour cela, en passant par les étapes de tsadik et de chassid, le but est que tu arrives à devenir Kadosh. Le Yashar, c'est celui qui ouvre le livre de Messilat Yecharim. Si tu es Yashar, je n'ai pas besoin de t'apprendre à être Yashar, c'est-à-dire celui qui veut faire le bien
et qui ne veut pas faire le mal, même s'il n'y arrive pas toujours, même s'il n'y est pas encore. Ça, c'est le Yashar. Un tsadik, c'est celui qui fait le bien et ne fait pas le mal. Pour devenir tsadik, on a eu besoin de douze chapitres qui nous ont amenés à la Tzidkout, en passant par Zehirout, Zerizout et Nekiout. Et ça, c'était obligatoire. Tout le monde doit être tsadik.
Il y a ensuite une deuxième dimension, qui n'est pas à la portée de tout le monde: celle du chassid. Alors que le tsadik fait ce qu'il faut faire et ne fait pas ce qu'il ne faut pas faire, le chassid va décider d'en faire plus, soit en ajoutant des choses, soit en se retirant des choses. Le chassid, ce n'est pas obligatoire. Et comme ce n'est pas obligatoire, et qu'il n'y a pas de véritable mode d'emploi de la Chassidout, ça peut être dangereux. Tu peux rajouter des choses alors qu'il ne faudrait pas, ou enlever des choses alors qu'il ne faudrait pas.
La Chassidout s'atteint par plusieurs dimensions: la Périchout, on l'a vue, la Tahara, et la Chassidout elle-même. On avait vu qu'il y a un chapitre entier, le chapitre 20, Bemishka de la Chassidout, qui nous explique les dangers de la Chassidout. Une fois arrivé à cette dimension de chassid, on peut prétendre s'élever encore plus et devenir Kadosh. Kadosh: celui dont toutes les actions sont concrètement rattachées à HaKadosh Baroukh Hou.
Il faut bien le dire: il y a une dimension dans le Kadosh qui n'existe pas chez le tsadik ni chez le chassid. Le tsadik, pour devenir tsadik, a besoin de da'at, il doit apprendre le Choulhan Arou'h, la zehirout extrême et la mala'hot. Pour être chassid, la da'at ne suffit pas. Enfin, ça suffit pour être tsadik, mais pas pour être chassid. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?
Lorsqu'on veut atteindre la chassidout, on a besoin de h'hokhmat HaTorah, pas seulement de yedi'at HaTorah. C'est ce qu'il faut pour être tsadik: être conforme à la halakha. Mais pour être chassid, il faut yedi'at HaTorah, c'est-à-dire savoir quelle est la tête derrière tout cela, ta'ame HaTorah. C'est ce qui me permet d'être chassid sans faire d'erreurs. Ça, c'est la deuxième dimension qu'on a évoquée dans la Périchout, dans la Tahara et dans la Chassidout.
Mais pour être Kadosh, il faut atteindre une autre dimension, et cette dimension, c'est Da'at Hachem. Il y a une différence entre la connaissance de la Torah et la connaissance de Hachem, entre connaître la Torah et connaître Dieu. C'est autre chose. Pour vous donner un exemple de ce que j'essaie de vous expliquer, je raconte souvent cette anecdote. J'ai rencontré une fois le Rav Shmuel Eliyahu avec mon fils.
Lui et moi, enfin mon fils et moi, on repartait de la vieille ville. On sortait à vélo par Sion, et au moment où on est sortis, une bouteille d'eau est tombée du vélo. On s'est arrêtés, mon fils est descendu pour aller la prendre. Au même moment, une voiture est sortie de Sion. Ne vous inquiétez pas, elle n'a pas écrasé mon fils, mais elle a mal calculé le virage dans la porte, et le conducteur est sorti de la voiture.
À ce moment-là, mon fils a buggé, il l'a vu, il a buggé. Voyant que mon fils le fixait, le conducteur lui a dit: « Ma kara lekha, Hamoud, qu'est-ce qui t'arrive, Hamoud ? » Et mon fils le regarde et lui dit: « Mais je croyais que tu étais mort ! » « Mais comment ? » En fait, c'était le Rav Shmuel Eliyahu qui venait de sortir de la voiture, et qui ressemble comme deux gouttes d'eau au Rav Mordechai Eliyahu, son père.
Mon fils connaît toutes les histoires du Rav Mordechai Eliyahu, et il lui dit: « Mais mon père m'a dit que le Rav Mordechai Eliyahu était mort. » Le Rav Shmuel a compris. Il sourit et lui dit: « Non, non, non, ton père t'a parlé du Rav Mordechai Eliyahu. Moi, je ne suis que Shmuel. » Mon fils n'a pas compris, et il lui a demandé: « Mais tu connaissais le Rav Mordechai Eliyahu ? » Il n'a pas compris que c'était son fils. Et à un moment donné, le Rav Shmuel s'est approché de nous et a dit une phrase à mon fils.
Je ne pense pas que mon fils ait compris, et moi-même je n'ai pas très bien compris. Il lui a dit: « Sache qu'à travers les livres et les enseignements de mon père, j'étudie la Torah de HaKadosh Baroukh. » Mais il ajoute: « Grâce à mon père, et au fait que je m'attachais à lui, je connais Hachem. » Parce que le Rav Mordechai Eliyahu était quelqu'un de Kadosh. Chez lui, il y avait cette dimension de yedi'at Hachem.
Et cette dimension de yedi'at Hachem est, on l'a dit, fondamentale pour devenir Kadosh. Mes frères et sœurs, une fois qu'on a dit cela, on peut y aller. Il y a la mise en garde du Maharal de Prague, à la fin de la Gdama, à la fin de l'introduction du Tiferet Israël. Il se demande comment il se fait que les talmidei hachamim ne soient pas assurés que leurs enfants soient eux aussi des talmidei hachamim.
Le Maharal répond: parce qu'ils ohevim la Torah au début, techila. Et la question suivante: pourquoi les talmidei hachamim aimeraient-ils Hachem ? Oui, ils aiment la Torah, donc ils n'ont pas le temps d'aimer Hachem, parce qu'il faut une différence entre aimer la Torah et aimer Dieu. Voilà pourquoi leurs fils ne sont pas forcément des gens qui aiment Hachem, parce que dès le départ ils ont aimé la Torah.
Cours d'Orot veKelim
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