Ga'avah : l'orgueil et ses pièges, selon Messilat Yecharim
Comment l'orgueil s'installe, pourquoi il mène à d'autres fautes, et ce qui distingue la vraie humilité.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : La jalousie, une ignorance qui ne profite à personne, 1 h 01
En bref
Le Rav Eytan Fiszon poursuit son étude de Messilat Yecharim (chapitre 11) sur les middot qui éloignent de la nékiyout : l'orgueil (gaava) et la colère (kaas). Il distingue la hanava, qui consiste à savoir exactement qui l'on est sans se dévaloriser, de la gaava, qui consiste à se placer au-dessus de ce que l'on est, et décrit les différents types d'orgueilleux. Il détaille ensuite les degrés de colère, de celui qui s'emporte sans cesse à celui qui se maîtrise, et cite Hillel le Ancien comme modèle de ne jamais s'emporter.
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Alors, on est toujours dans Messilat Yecharim. Boker tov, Chavouot tov à tous. Et on est dans le chapitre 11, comme à l'accoutumée. Alors, à la gaava.
Est-ce qu'on a déjà commencé la gaava ? Oui, je crois. On avait commencé, mais je pense qu'on n'avait pas fini le sujet. On était très vite partis sur d'autres choses. D'accord. Alors remontons un tout petit peu. On avait commencé ce péril-là. Je vérifie moi-même: Beth Saïder. Allons-y.
On va prendre le petit paragraphe juste avant, celui d'Al Haga'hava, pour se remettre les idées en place. Donc, on est en train de parler des middot qui pourraient porter atteinte à notre nekiyout. On est en train d'essayer d'être nekiyim.
Jusqu'à présent, on a parlé des halakhot que l'homme doit observer parce qu'il a tendance à ne pas les connaître et donc à tomber. Là, nous avons également cette dimension des middot. On a vu que les middot les plus compliqués, on en a parlé: la gaava, le kavod, le kas. On va donc essayer de rentrer dans chacun d'entre eux.
Mikra malei mazehir ve omer.
Qu'est-ce qu'il faut faire pour les nourrir de leur âme ? Parce que tous, comme un seul, devraient avoir un grand jardin. C'est-à-dire qu'on va commencer par en parler d'abord. Toutes ces mauvaises middot — la gaava, le kas, la taava, la kina, le kavod — il faut rentrer profondément dans chacune d'entre elles.
Parce que ces middot-là nous empêchent d'être nekiyim. Donc maintenant, on peut y aller. C'est parti. Chez Adam, makhchiv tatzmo beatzmo. Oubi il va voir, Yidame, kilona, avat et hila. Et il pense que c'est lui le meilleur. Il y a le gaftan, celui qui a de l'orgueil. Il pense que c'est lui le meilleur, et il pense que c'est à lui qu'on doit rendre des louanges.
Il y a donc plusieurs raisons pour lesquelles quelqu'un devient ga'aftan. En français, on dirait « ça pète ». Plusieurs raisons peuvent amener quelqu'un à être comme ça. La première: moi, j'ai beaucoup plus de… j'ai un QI bien plus élevé que tout le reste du monde.
Vayesh mishé archiv et tatsmo naé: moi, je suis le plus grand beau gosse de l'univers. Vayesh archiv et tatsmo nerbad: moi, je suis quelqu'un qui a un grand nom en banque, qui est connu, et ainsi de suite. Vayesh archiv et tatsmo gadol: ah, moi, je suis grand, c'est-à-dire que mon nom est mis en avant.
Je suis plus intelligent que tout le monde. Toutes ces choses-là, c'est bien: être intelligent, être beau, avoir un nom qui soit propre, tout ça, c'est bien. Mais à partir du moment où tu penses que c'est à toi, que tu es le meilleur là-dedans, tu risques de tomber dans ce puits.
Bon, bon.
Lorsque tu tombes là-dedans, ce n'est pas seulement que tu vas commettre une faute de Torah en matière de gaava. C'est un problème, non ! Ça va t'amener à plein d'autres problèmes. Parce que quelqu'un qui est gaftan parle mal aux gens, il ne respecte pas ses parents, il ne respecte pas ses professeurs, il n'écoute pas les conseils, et donc il risque de faire des erreurs dans d'autres domaines. Donc la gaava, ce n'est pas seulement un problème: c'est un problème qui risque de t'en entraîner bien d'autres.
Mais le Rav Eytan dit: la différence entre… il y a un tout petit peu de gaava atzmit … (passage répété de façon incohérente dans la transcription, texte non exploitable).
Est-ce que l'anava, ça veut dire: « Oh non, moi je ne vaux rien, moi je ne suis rien » ? Quelqu'un qui dirait « moi je ne suis rien », ou « l'humble, c'est un bête » ? L'anava, c'est quelqu'un qui sait exactement qui il est. C'est ça. Et qui ne l'a pas, et qui peut le dire, c'est-à-dire qui n'essaie pas de se chercher des récompenses qu'il n'a pas.
Mais il sait exactement qui il est. Par exemple, si quelqu'un te dit: « Moi, je suis l'homme le plus humble de la terre », ce n'est pas de la gaava, ça ? Mais bien sûr. Pure gaava. Sauf que Moïse notre maître, on l'a lu ce Chabbat. Pourquoi ce n'est pas de la gaava chez Moïse ? Parce que c'est vrai. Et c'est Hachem qui le dit. Oui, en plus c'est le Kadoch Baroukh Hou qui le dit. Mais je veux dire, même si Moïse le dit, c'est vrai, parce que c'est vrai.
Donc l'anava, ce n'est pas de se dénigrer. C'est dire: voilà, moi je suis là, je ne suis pas là-bas, je suis là. Pour tous les amateurs de football, il y a un joueur qui s'appelle Thierry Henry, qui avait dit un jour dans une interview: « Tout le monde pense que je suis orgueilleux. Je ne suis pas orgueilleux, je connais mes capacités. Si on me demande: es-tu capable…
…de marquer un but de 35 mètres, de loin, avec une balle enroulée ? Et je dis oui. Ce n'est pas parce que je me la pète, c'est parce que j'ai répété ça des milliers de fois à l'entraînement, et je sais que je suis capable de le faire. » Donc, à propos de l'anava, il s'agit de savoir qui l'on est. La gaava, c'est quand tu te places au-dessus de ce que tu es vraiment. Dans ce cas, il n'existe aucune gaava qui soit bonne. Évidemment, ça, on parle au niveau individuel.
Au niveau du Am Israël, il y a une gaava lehumit. Oui. Parce qu'elle ne vient pas de nous. Elle vient du Kadoch Baroukh Hou. Je te vois bouger la tête. Parce que je trouve que ça nous cause beaucoup de problèmes.
— Ah oui, tu dis qu'on n'est pas assez fiers de notre identité ?
Non, non, je dis que parce qu'on est… les goyim nous en veulent mortellement. Ils veulent, eux, être les plus forts.
En français, la gaava leumit, c'est ce qu'on appellerait la fierté nationale. La fierté nationale ne vient pas de nous, elle vient du Kadoch Baroukh Hou. C'est Dieu qui nous a donné ce statut particulier. Donc la fierté d'appartenir à ce que l'on est n'est pas quelque chose qu'on doit mettre de côté. Quand tu dis: oui, mais ça nous cause des problèmes, les goyim sont jaloux… les goyim ont un problème avec nous lorsqu'on prétend être quelqu'un et qu'on ne l'est pas dans les faits.
On n'est pas ce quelqu'un. On n'est pas à la hauteur. Donc il faut qu'on soit à la hauteur de nos prétentions. Ok ?
— Excusez-moi, c'est aussi parce qu'eux-mêmes ont perdu leur gaava et leur émouna ?
— Pardon, je n'ai pas compris ?
— Je dis qu'il y en a aussi qui ont perdu, eux, leur gaava et leur émouna.
— Oui, c'est malheureux. C'est une nation. Vous avez raison, c'est malheureux.
Et donc ils se demandent pourquoi, chez nous, c'est comme ça. Vous avez raison. Allons-y.
Cours d'Orot veKelim
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