Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le serment au nom de Dieu et la vérité dans la parole

Le Ramhal distingue le serment en vain du mensonge, et rappelle pourquoi la vérité engage le cœur et l'exemple du rabbin.

58 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Orgueil, jalousie et colère selon le Ramhal, 1 h 04

En bref

Le Rav Ofer Winter reprend le chapitre 11 de Messilat Yesharim du Ramhal et traite des fautes de parole, en commençant par la chevoua, le serment prononcé au nom de Hachem, y compris les expressions courantes qui prennent le Nom en vain. Il aborde ensuite le mensonge, sous ses différentes formes, et la règle de la halakha selon laquelle il faut dire la vérité sauf pour préserver la paix. Le cours se termine par le chiloul Hachem et le kiddouch Hachem, dont la gravité dépend de la personne qui agit et de ce que la génération attend d'elle.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, on est arrivés à Olam HaChevouot. On descend un peu. Attendez, attendez. Arichilout, on l'a déjà fait. Un petit peu encore. Olam HaChevouot. Boker tov lekha olam. Alors, évidemment, notre étude est Iloui nishmat Anoflim Bemeron, et également, bien sûr, refouot pour tous les blessés de ce drame qui nous a secoués la semaine dernière. C'est-à-dire qu'on va essayer d'étudier pour leurs âmes (nichmatam) et pour leurs guérisons (refouatam). C'est parti.

Nous sommes toujours dans Messilat Yécharim, toujours dans le chapitre 11, qui a l'air de ne pas vouloir finir. Et le Ramchal passe en revue les différentes avérot, celles dont il faut se nettoyer pour terminer sa formation et devenir tsadik. La semaine dernière, nous avions parlé de letzana, de rechilout et de lachon hara. Maintenant, nous arrivons à des sujets qui semblent moins graves, mais dont le problème est qu'ils sont beaucoup plus courants. Vous allez voir que cela nous touche au quotidien. Allons-y.

Nous rentrons donc dans l'interdit de la chevoua. Qu'est-ce que la chevoua ? C'est prêter serment beshem Hachem, au nom de Dieu. Vous le savez bien, il y a un interdit. C'est évident, parce que ce n'est pas chouv. C'est tellement évident que vous avez tous conscience qu'on n'a pas le droit de le dire, ni en hébreu, ni en français, ni en anglais, ni dans aucune langue. « Oh mon Dieu ! » Ce n'est pas encore du blasphème, mais cela s'appelle askarat Shem Shamaim levatala: prononcer le nom de Dieu en vain. Et tous ceux qui disent « Oh my God, oh my God, oh my God », ils ont beau trouver ça normal, il faut s'habituer à ne pas prononcer le nom de Dieu en vain. Même si c'est entré dans le langage courant, francophone, anglophone, hébréophone, lo laasor Shem Shamaim levatala, c'est khachouv.

Est-ce que, quand on étudie la Torah, on a le droit de dire le nom de Dieu ? La techouva, elle, évidemment que oui. Lorsque je cite un verset, je ne suis pas obligé de dire « Elohim » autrement. Si je dis le verset Béréchit bara Elohim et hachamayim ve'et ha'arets, je n'ai pas du tout besoin de transformer le nom de Dieu: je cite un verset dans son intégralité. Lorsque je ne cite pas un verset, mais que je veux expliquer quelque chose par rapport à un enseignement de Torah, là aussi, cela ne s'appelle pas prononcer le nom de Dieu en vain. Je fais ce petit rappel pour que les choses soient bien claires. Maintenant que nous avons dit cela, rentrons dans les chevouot.

Toute mon introduction était à cause de cette première phrase. Le Ramchal nous dit que ceux qui ne sont pas simples d'esprit ne vont évidemment pas prononcer le nom de Dieu, stam. Bien sûr. D'accord ?

Oui ? Si la personne dit « Oh mon Dieu », mais le dit sans kavana, cela veut dire qu'elle ne pense pas à Dieu: elle le dit par réflexe. C'est encore pire. Elle a dit le nom de Dieu pour rien, et en plus, pour elle, cela ne veut plus rien dire, le nom de Dieu. Je ne parle pas du nom Hachem: je parle de « Oh my God », par exemple. Autodava. C'est certain que c'est moins grave, mais ce n'est pas le nom de Dieu.

Si, c'est le nom de Dieu. C'est certain que ce n'est pas un des noms de Dieu tel qu'il est mentionné dans la Torah. Mais c'est un des noms qui a été utilisé dans toutes les générations pour évoquer Dieu, et c'est la raison pour laquelle on l'écrit beshem kavod, avec des majuscules.

« C'est pas le nom à mettre en orange ? » — Pardon ? — « C'est pas le nom à mettre en orange ? »

Encore une fois, il est évident qu'il y a des noms plus importants que d'autres. Bien sûr que Yud Keh Vav Keh est plus important que Elohim, et bien sûr que Elohim est beaucoup plus important que « Dieu ». Mais « Dieu » reste, dans la conscience collective, un nom de Dieu. Donc si on commence à dire « Oh Dieu, mon Dieu » pour rien, c'est une aveira. Ok ? Je me rappelle que ma femme m'a dit que, quand elles étudiaient au séminaire en Angleterre, les professeurs leur avaient appris à dire « oh my gosh » pour ne pas dire « oh my god ». Bref, même si c'est évidemment moins important que les Chemot HaKadoch, la Torah, cela reste important. Il faut faire attention à la manière dont on parle.

Donc, nous dit le Rambam, évidemment que les gens ne vont pas faire cela stam. Je ne te dis pas cela pour les choses évidentes, chevouot; je te le dis parce qu'il y a des choses qui, en fait, sont de la chevoua, mais qui n'en ont pas l'air. Il faut donc faire attention aussi à cela.

Alors, de quoi parle-t-on ? Le Ramchal nous dit ici qu'il faut faire attention, car la chevoua qui est interdite, ou qu'il est interdit de faire n'importe comment, c'est beshem Hachem. Les gens pourraient donc te dire: « Je te jure que c'est bon. » C'est bon parce que je n'ai pas prononcé le nom de Dieu. Le Ramchal dit: tu ne le prononces pas, mais c'est tout comme, tu as prononcé le nom de Dieu. C'est pour cela que quand tu dis ani nichba lekha, « je te jure », zé baya, c'est une askara du nom de Dieu: cela entre dans la catégorie Askarat Shem Shamaim levatala.

Le Ramchal nous dit une chose encore plus difficile. Dans notre façon de parler, il y a des choses qui, au sens large, s'appellent chevoua. Par exemple, quand je demande à quelqu'un: « Tu viens mercredi ? » — « Oui, oui. » Dire « oui, oui », c'est une chevoua. Ou bien on dit: « Non, non, non, non, non, non, non, je n'ai pas prévu. » C'est une chevoua. Vous allez me dire: « Mais attends, je ne fais pas attention quand je parle. » Justement: le Rambam nous demande de faire attention quand on parle. Quelqu'un qui dit « oui, oui, bien sûr » fait une chevoua, et c'est donc très important de faire très attention à cela. Ok ?

Je ne vais pas m'étaler là-dessus, sauf s'il y a une question sur la chevoua. Question ? Pas de question ? Non. Très bien. Alors, continuons.

Maintenant, nous entrons dans un sujet très connu: le dvar sheker. Est-ce qu'il y a un interdit de mentir ? Ça dépend. Oui. En général, c'est un interdit de mentir, mais si le mensonge permet d'éviter de faire honte à quelqu'un, on a le droit de mentir. Il est dit: moutar lechanot mipné hachalom. Mipné hachalom, mais il faut quand même dire.

La Guemara nous raconte l'histoire de Rav. Il avait une femme qui n'était pas bien, ce n'était pas une bonne personne. Chaque fois qu'il lui demandait quelque chose, elle …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Le chef-d'œuvre du Ramhal étudié de A à Z par le Rav Eytan Fiszon. De la vigilance à la sainteté, gravissez l'échelle des midot pas à pas : un vrai chemin de travail sur soi, accessible et profond

  1. 20
    Le vol, les détails de la nekiyout et la pudeur
    Comment Messilat Yecharim décrit les pièges du vol et des relations entre hommes et femmes.
    59 min
  2. 21
    Les détails de la nekiyout : la propreté rituelle
    Le Rav explique les degrés de pureté et d'impureté dans le Messilat Yecharim, chapitre 5.
    56 min
  3. 22
    La nékiyout du cœur et la pureté de la kashrout
    Le Ramhal montre que la tentation de transgresser vient de l'argent ou du mépris, et comment s'en garder.
    56 min
  4. 23
    Ne pas induire autrui en erreur : Messilat Yecharim, chapitre 11
    Donner un faux conseil à son prochain est une faute grave, même pour un profit mesuré, et le Rambam en fait une question de pureté intérieure.
    53 min
  5. 24
    Le serment au nom de Dieu et la vérité dans la parole
    Le Ramhal distingue le serment en vain du mensonge, et rappelle pourquoi la vérité engage le cœur et l'exemple du rabbin.
    En cours de lecture
  6. 25
    Orgueil, jalousie et colère selon le Ramhal
    Le Ramhal explique comment l'orgueil et la jalousie naissent de l'envie de paraître, et pourquoi la simplicité est une voie de sainteté.
    1 h 04
  7. 26
    Ga'avah : l'orgueil et ses pièges, selon Messilat Yecharim
    Comment l'orgueil s'installe, pourquoi il mène à d'autres fautes, et ce qui distingue la vraie humilité.
    1 h 03
  8. 27
    La jalousie, une ignorance qui ne profite à personne
    Le Ramhal montre que la jalousie ne fait gagner ni celui qui l'éprouve ni celui qu'elle vise.
    1 h 01
  9. 28
    Le kavod, ou quand l'honneur de soi éloigne de Dieu
    Le Rambam : tant que l'on recherche son propre honneur, on ne peut pas honorer Hachem ; seul le kavod de la Torah est à rechercher.
    57 min
  10. 29
    Messilat Yecharim chapitre 13 : la séparation
    Le Ramchal explique la périchout, la mise à distance des plaisirs permis pour éviter de tomber dans son point faible.
    1 h 04

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav