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Ne pas induire autrui en erreur : Messilat Yecharim, chapitre 11

Donner un faux conseil à son prochain est une faute grave, même pour un profit mesuré, et le Rambam en fait une question de pureté intérieure.

53 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Le serment au nom de Dieu et la vérité dans la parole, 58 min

En bref

Le Rav Eytan Fizon commente le chapitre 11 du Messilat Yecharim de Ramhal consacré à la nekiyout de la pensée et du conseil : ne donner de conseil que sur ce que l'on connaît réellement, dire la vérité, ne pas parler d'autrui et ne pas garder de rancune au fond du cœur. Il montre que le mauvais conseil relève de la faute envers son prochain, et que le conseil d'affaires comme le conseil halakhique exigent une honnêteté et une compétence complètes. Il explique aussi pourquoi le Shulchan Aroukh ne traite pas du lachon hara, et pourquoi la parole du Ham Israël doit être maîtrisée.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes donc toujours dans le chapitre 11 de Messilat Yecharim. Dans ce chapitre, le Ramhal nous parle de la Nekiyout, Midata Nekiyout. Qu'est-ce que Midata Nekiyout ? C'est ce qui se passe au plus profond de mon être, de mon cœur.

— Rav, je ne vois plus le texte, c'est normal ? — Oui, c'est normal, Rav, on vous écoute. — D'accord. J'ai dit Beinyana Nekiout, il s'agit de Nekiout Adat. L'objectif est d'être quelqu'un de bien dans son cœur. Il ne s'agit pas ici de parler de Maasim, on n'est pas encore dans les Maasim, on est uniquement dans Nekiout Adat. Nous avons vu Gezel et Arayot, et juste avant, la semaine dernière, nous avons parlé de mal aiguiller son voisin. Maintenant, nous allons entrer dans Netinat Etzah. C'est parti, on peut reprendre le texte.

Aya notel becha etza, al titen lo etza, sheinena ogenet lo, ve choule. Ve al tomar lo, mechor sadecha, ve kakh lecha chamor, ve ata okef alav, ve notla mimenu. Shema tomar, etza yafa, ani noten lo. Arey hadavar, masour lalev, shenemar, ve yareta me Elohecha. Ici, le Ramhal donne une série d'exemples.

Il y a évidemment aussi l'interdit de Yissour Kipchouto, de placer un obstacle devant un aveugle. Bien sûr, il ne s'agit pas de placer un aveugle qui te demande son chemin juste devant un mur. Mais cela va beaucoup plus loin que simplement Rifne Iver, Lothé Merchol, Pilchotto. Donner un conseil à quelqu'un qui, en l'occurrence, est un petit peu aveugle, parce qu'il ne sait pas, il a besoin d'un renseignement, sinon il ne te demanderait pas. Dans ce sens-là, il est un peu aveugle par rapport à la situation.

Et toi, tu vas lui donner un conseil qui sera positif pour toi et négatif pour lui. Pourquoi dis-je positif pour toi et négatif pour lui ? Parce qu'il paraît évident que la personne ne va pas simplement le mettre en danger pour le plaisir. Le Rambam prend comme point de départ que si tu lui donnes ce conseil-là, c'est que toi, cela va te rapporter quelque chose. D'accord ? Les exemples donnés sont, par exemple, si quelqu'un te demande son chemin et que tu l'envoies dans le mauvais chemin, c'est évidemment cela. Mais également, par exemple, quelqu'un qui te demande, il est Kohen, est-ce que je peux me marier avec cette demoiselle-là ? Et toi, tu lui dis oui, il n'y a pas de problème, alors que tu sais qu'elle est Assura* pour les Kohanim. Tous ces mauvais conseils rentrent dans le verset Ve yareta me Elohecha.

Pour le coup, autant on a vu la semaine dernière qu'il y avait des choses très difficiles à mettre en pratique, autant ça, je ne vois pas vraiment en quoi c'est un grand problème. Il faut simplement être quelqu'un de bien et ne pas dire de mauvaises choses, de mauvais conseils à son prochain. Il n'est pas question ici de quelqu'un qui pense que c'est une bonne idée. Si le conseil que je donne s'avère être mauvais, mais que, moi, au moment où je l'ai donné, je pensais que c'était un bon conseil, cela ne rentre pas dans l'interdit, parce que je pensais que c'était un bon conseil. Mais si je savais que c'était un mauvais conseil, alors c'est interdit. Cela est assez facile à se garder.

Nimtseou le Medim, Che Ben Bedavar Che Yachol Lyot Garoua Noguea Lotra Noguea Lo, Ben Bedavar Che Einon Ogea Loklal. Celui qui induit en erreur, même de manière indirecte, est tenu de ne jamais dire autre chose que la vérité, de manière claire et précise. Comme nous l'avons dit, on ne peut pas induire son prochain en erreur. Et la Torah va jusqu'au bout: elle veut atteindre les menteurs, les Ramaim. Pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas ici de quelqu'un qui serait naïf et qui demanderait un conseil que tout le monde connaît, et que tu te moquerais de lui. On parle aussi de gens qui demandent des conseils très sérieux.

Quand je disais tout à l'heure que c'était facile à réaliser, c'était dans la majorité des cas: quand il s'agit simplement de moi et de mon prochain, il est facile d'être honnête et de ne pas mentir. Mais quand on entre dans le domaine des affaires, qu'est-ce qu'on fait avec tous les gens dont le travail est de conseiller les autres sur leur placement ? C'est un vrai problème. Quand tu vas à la banque et que tu veux un conseil pour placer ton argent, il est évident que le banquier a d'abord intérêt à s'enrichir lui-même. Le problème, c'est que cela peut aussi être bénéfique pour toi, mais il est alors très facile de tomber dans le piège.

Je donne un exemple qui m'est arrivé il n'y a pas si longtemps. Nous voulions investir de l'argent dans un projet, et la Chevra qui nous a conseillés nous a dit: ce serait très bien d'investir là-bas. Le problème, c'est que lorsque nous avons fait deux ou trois recherches, nous nous sommes rendu compte que dans cette société où ils nous conseillaient d'investir, il s'agissait des mêmes patrons. Évidemment, ce n'était pas un mauvais investissement en soi, mais ils ne nous ont absolument pas parlé d'autres investissements possibles, dans le même secteur, qui auraient pu être plus rentables. Nous avons donc fait nos vérifications, et nous avons finalement décidé de ne pas travailler avec eux.

J'ai dit à la personne avec qui j'ai parlé, qui était censée être une personne d'un milieu de Yerouchalayim, au vu de son faciès, de ses peot et de sa barbe: vous auriez dû me présenter toutes les options, et ensuite j'aurais fait mon choix. Si mon choix avait été de ne pas aller dans la société qui appartient à votre patron, c'est tout à fait légitime. Vous n'êtes pas là pour vous enrichir, vous êtes là pour me donner le meilleur conseil possible. C'est comme ça que vous devez vendre votre produit. Dans le monde des affaires, cela peut effectivement être un vrai problème.

— Si je peux me permettre: des fois, les gens se permettent de donner des conseils de manière superficielle, alors qu'ils n'ont pas toutes les informations, ils ont entendu dire... — Et moi je pense que parfois c'est même criminel, cela peut être tout à fait criminel. Le Ramhal dit, je répète ce que nous venons de lire: Sarir lahamid etatvarim ala emet, il faut dire la vérité. Si tu n'as pas toutes les informations, tais-toi. Si tu n'as pas toutes les informations, tu ne peux pas donner de conseil. Il faut une sorte d'évidence. Il faut qu'il y ait une sorte d'évidence. Il faut, à un moment donné, ne pas mentir. C'est tout.

Donc, de quoi parlons-nous ? Comme je l'ai dit, quand il s'agit d'un conseil qui n'a pas de dimension d'Assakim, je pense que c'est assez facile, honnêtement. Peut-être que vous ne serez pas d'accord avec moi, mais je pense qu'il est assez simple d'essayer de donner de bons conseils à ses amis, à son prochain. Mais quand cela entre dans le domaine du business, le Rambam nous dit, *Kama Kache, parce que les …

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