La nékiyout du cœur et la pureté de la kashrout
Le Ramhal montre que la tentation de transgresser vient de l'argent ou du mépris, et comment s'en garder.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Ne pas induire autrui en erreur : Messilat Yecharim, chapitre 11, 53 min
En bref
Le Rav Eytan Fiszon commente le chapitre 11 de Mesillat Yesharim du Ramhal, consacré à la nekiyout du cœur, c'est-à-dire la pureté intérieure qui permet de se garder des fautes liées au désir. Il examine les interdits de la cacheroute, en expliquant pourquoi le Ramhal les décrit comme rendant le cœur imperméable à la présence divine, et la distinction entre ce qui est interdit et ce qui est permis, qu'il ne faut pas transformer en interdit. Il aborde enfin les fautes entre les hommes, en particulier l'onaat devarim, le fait de faire honte à autrui par la parole, que le Talmud juge plus grave que l'onaat mamon.
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Tov ! Ok, alors les amis, on se rappelle de ce que c'est que ce chapitre 11. Béour Midat HaNekiyout. Nekiyout, on se rappelle, c'est Nekiyout HaLev. C'est le chapitre dans lequel le Ramhal nous enseigne que, je le rappelle de manière générale, on est toujours sur un plan d'être tsadik. Ok ? Et on avait vu qu'il y a plusieurs middot dont on a parlé.
On a évoqué la zehirout, la zerizout, d'abord zerizout, ensuite zehirout, et ensuite nekiyout. On a dit: zerizout, c'est les mitsvot assé, c'est tout ce qui va me conduire à faire les bonnes choses. Zehirout, c'est tout ce qui va me conduire à ne pas faire ce qui est interdit. Mais ça, c'est au niveau des actions. La nekiyout, eh bien, c'est du domaine de la marchava, du lev. De ce qui se passe à l'intérieur de moi, mes envies de faire le bien ou de ne pas faire le bien. Ok ?
Et on a vu qu'il y a deux grandes catégories de mitsvot dans lesquelles la middat nekiyout est très nécessaire, parce que l'homme a tendance à vouloir se les permettre. Et on a dit, c'est quoi ces deux grandes catégories ? Gzel vé'arayot. Tout ce qui est en rapport avec la massa oumatan, avec le business, et tout ce qui est en rapport avec les relations hommes-femmes. Ok ? C'est ce qu'on avait terminé la dernière fois.
Le Rambam, maintenant, continue en disant qu'il y a d'autres sujets qui sont certes moins puissants chez l'homme, c'est-à-dire que la volonté de les faire est moins forte que la dimension de gzel et de arayot, mais c'est quand même suffisamment présent pour que le Rambam en parle. D'accord ? Donc on y arrive maintenant: madrega acheleshit. C'est parti. Yofi.
Et la troisième étape, après le gzel et les arayot, concernant la chemda, ce que j'ai envie de vous permettre, c'est l'abandon de la nourriture. Deuxièmement concernant les ingrédients, deuxièmement concernant leurs ingrédients, deuxièmement concernant le poivre, l'eau, le poivre et le sang, deuxièmement concernant les nourritures… Je vais évidemment tout expliquer, hein, vous n'en faites pas.
Alors, de quoi nous parle ici le Ramhal ? Vous aurez compris que cette troisième partie, c'est hilkhot kashrout, de manière générale. On n'est pas dans un livre de halakha. Rappelez-vous que Messilat Yecharim, ce n'est pas un livre de halakha. Donc le but ici du Ramhal, ce n'est pas de nous expliquer comment on va réaliser telle ou telle chose. Non. Il veut nous expliquer en quoi ce sont des choses où l'homme a tendance à vouloir se permettre de transgresser la havera. Pour cela, il faut comprendre quelle est la havera. Si on comprend quelle est la havera, on peut comprendre quelle est la motivation de la transgresser. Si on ne comprend pas quelle est la havera…
…eh bien, on ne peut pas comprendre pourquoi les gens seraient motivés par la transgression. Donc là, on parle de inyaneh hakashrout. Le Rambam nous dit tout de suite: sache que inyaneh hakashrout, pourquoi les gens ont envie de se permettre de transgresser ? Pour deux raisons. La première, ef sed kesef, c'est-à-dire, et là on parle, rien à voir avec le contact avec l'égoïne. Mais on parle d'un khachash: j'ai fait la shehita, ma behema, et la shehita n'a pas été bien faite. Alors quoi, behema tréfa, mais tu sais combien ça coûte une behema comme ça, et maintenant je vais perdre énormément d'argent, yallah, et on peut dire que c'est moutar. Donc ça n'a rien à voir avec notre relation avec l'égoïne, c'est ef sed mamon. Et donc les gens, comme ils sont près de leurs sous,
Eh bien, il semblerait que ce soit, et on le comprend très bien aujourd'hui, une des raisons qui poussent à vouloir se permettre de manger des behemot qui sont soit tréfot, soit metarovot. Prenons un exemple. J'ai dit: pas beaucoup d'exemples, mais là, ce n'est pas une histoire, c'est un exemple. Donc, je demande à David d'être mon gardien officiel. Si jamais il me voit partir dans une histoire, la semaine prochaine, il préparera des cartons jaunes et rouges, comme dans le foot. Et si jamais il voit que mon histoire part un petit peu, alors il me met un carton jaune. Et s'il voit que l'histoire va vraiment trop loin, il me met un carton rouge. Comme ça, c'est clair.
Mais là, on a besoin d'un tout petit exemple. C'est quoi taharot ? De quoi on parle ? Eh bien, c'est très simple. Imaginez-vous: vous avez préparé Chabbat, et là, il y avait des rumeurs comme quoi le tchoulent, c'est moins bon que la dafina. Et donc deux familles se sont dit: on va faire une compétition. Une famille marocaine et une famille polonaise ont invité une famille française, des juifs de France de cette génération, qui n'ont pas de minhagim particuliers ni dans la dafina ni dans le tchoulent. Et là, grande compétition entre les deux familles. Qui est le meilleur ?
Hélas, dans la famille marocaine, ou dans la famille polonaise, il y a maintenant du lait qui s'est renversé dans la marmite de dafina ou de tchoulent. Oy vavoy, que faire ? Eh bien alors là, l'homme va avoir tendance à vouloir se dire: c'est ça le repas de Chabbat, s'il n'y a pas, il n'y a pas. On est cinq minutes avant Chabbat, on n'a rien préparé d'autre. Et donc l'homme peut nous dire, il a tendance à dire: attends, il y a chef zed. Il y a chef zed, quoi. Je vais me retrouver sans mon tchoulent, je vais me retrouver sans ma dafina, il n'y aura rien à manger, je vais perdre la compétition. Et donc j'aurais tendance à me dire: c'est sûr que c'est batel, c'est sûr que c'est batel, c'est bon.
Donc de la même façon qu'il y a au niveau des tréfot: ah, behema, peut-être qu'il a bien fait la shehita quand même, on ne peut pas dire. Ou alors, taarovot, le fait qu'il y a du hibour de davar kacher avec davar lo kacher. Et donc, là-dessus, le Rambam nous dit: les gens ont tendance à se le permettre. Soyons très honnêtes, ce n'est pas ce qui nous concerne véritablement au quotidien. Parce que dans le quotidien, pas de ceux qui travaillent dans les abattoirs, mais dans le quotidien de vous et moi, quand on va au supermarché
Et qu'on achète notre viande avec la hechgaha de kashrout sur la viande qu'on achète, il n'y a pas vraiment de question de savoir s'il y a un khachash de tréfa ou pas. Il y a marqué dessus que c'est kasher, donc moi je n'ai pas de khachash que le sakin n'a pas été bien aiguisé, que la bête n'a pas été bien chehoutah comme il faut. Par contre, là où le Ramhal nous dit qu'il y a un vrai danger, et il y a une vraie volonté des gens, des fois, de se permettre ce qui est interdit, c'est parce que c'est bon.
Cours d'Orot veKelim
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