Acquérir la zérizout : les trois catégories de la Torah
Comment s'attacher aux mitsvot asé avec empressement, par les mêmes voies que la zéhirout.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Les obstacles à la zérizout : paresse et crainte, 1 h 09
En bref
Le Rav Eytan commente le chapitre 8 du Messilat Yecharim du Ramchal, consacré à l'acquisition de la Zerizout, c'est-à-dire l'empressement à accomplir les mitsvot. Il montre que les mêmes moyens que ceux de la Zehirout (les trois catégories de personnes Shlemé Hadat, Prouteem Me'em et Hamon) servent à s'attacher à la Zerizout, en mettant en avant les bienfaits quotidiens qu'HaKadosh Baroukh Hou nous accorde. Il explique enfin que le principal obstacle est la paresse et la peur de bouger, et que l'habitude de l'action précède souvent l'envie de faire.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors.
Alors, je vous propose, sans plus attendre, d'y aller. Pardon ? Zerizout, qu'est-ce que j'ai dit ? C'était pour voir si tu étais zehira. Merci. Je suis éveillé, je suis éveillé.
Alors allons-y, c'est parti. Hem hem haemtsaïm asher niknè bam hazerizout. Nous dit le Ramchal: je ne vais rien t'apprendre de nouveau, car pour arriver à la zerizout, ce sont les mêmes haemtsaïm, les mêmes moyens, qu'on a.
Que ce qu'on avait mis en avant pour arriver à la zehirout. Je vous rappelle qu'il y avait trois particularités, trois catégories de gens qu'on avait mises en place dans la zehirout. Je rappelle simplement, très rapidement, pour que les gens se rappellent. On avait ceux que le Rambam appelait Shelemei Haddaat, c'est-à-dire Shelemei Haddaat. Ensuite, on avait une autre partie: ceux qui s'appelaient Proutim Me'em, c'est-à-dire un peu moins que Shelemei Haddaat, et enfin ceux qui s'appelaient Ahamon, la majorité des gens.
On avait vu que chacune de ces particularités se liait à HaKadosh Baroukh Hou, et donc à la zehirout, par des raisons différentes. Nous dit le Ramchal, ce sont exactement les mêmes qui vont nous attacher à la zerizout.
D'accord ? Je rappelle: zehirout, c'est « ne fais pas », un, deux, trois. Zerizout, c'est « fais », un, deux, trois. D'accord ? La zehirout, c'est par rapport aux mitsvot, lo ta'assé. La zerizout, par rapport aux mitsvot, assé. Alors allons-y. Haemtsaïm asher niknè be'emtsaoutam hazerizout, hem otam haemtsaïm asher niknè be'emtsaoutam hazerizout. Ushlavehem domim kemo shekatavti leil.
Voilà, c'est ce qu'on vient de dire, tout va bien.
Les mêmes dimensions qu'on avait mises en place pour la zehirout, on les met pour la zerizout. Et c'est évident que plus la personne comprendra l'importance des mitsvot, plus elle s'attachera à vouloir les faire. Ça, c'est nouveau.
Ça, c'est nouveau, le Rambam ne nous l'avait pas dit. Lorsqu'il nous avait parlé de la zehirout, c'est-à-dire ne pas faire ce qui est interdit, il nous avait surtout dit de faire attention au manque que ça pouvait amener si je me comportais mal. Ici, le Rambam va dans un autre champ, puisqu'il s'agit des mitsvot. Il nous dit: il y a un moyen qui peut t'aider à te rattacher à la zerizout, c'est de faire les mitsvot.
C'est, eh bien, de mettre en avant tous les bienfaits qu'HaKadosh Baroukh Hou te donne. Tous les bienfaits qu'HaKadosh Baroukh Hou te met devant la tête. Ok ? Ça va ? Maintenant, il faut bien comprendre une chose, juste avant qu'on revienne dans le texte, deux petites secondes. Il y a quand même une chose très importante. Rappelons-nous une chose. Qu'est-ce qui est, on l'a déjà dit, le plus grand danger ?
Le plus grand danger de la zerizout, on a dit la semaine dernière, c'est la hatsloute, c'est-à-dire celui qui est comme une patate et qui ne veut pas se bouger. Il ne veut pas se bouger. Maintenant, lorsque tu es face à quelqu'un qui est une patate, est-ce qu'en lui disant « bouge-toi », il y a des chances que ça marche ? Ou alors tu peux lui dire que la patatitude…
C'est-à-dire la volonté d'être une patate, yéchouliot, que ça vient de quelque chose de très élevé. Nous dit Rabbénou Saadia Gaon. Rabbénou Saadia Gaon, dans son livre Emounot VeDeot, nous dit que le yessod de l'atsloute provient de la de l'intuition de Olam Aba. C'est-à-dire l'idée de se dire, tsarik lehitkadem, yotermidai.
C'est en fait la situation du peuple dans Olam Aba. Je parle bien du peuple et pas des tsadikim, ça on y reviendra plus tard. Mais dire à l'homme que la volonté qu'il a d'être une patate ne vient pas simplement de son yetsira, mais vient de quelque chose de très élevé qui s'appelle Olam Aba, ça peut lui faire prendre confiance. À ce moment-là, ah bon ? Donc celui qui m'a parlé d'Olam Aba, il m'a aussi dit de faire des choses. Donc peut-être que si je fais ces choses, j'arriverai…
Mieux, plus vite,. Donc peut-être que j'ai une chance de faire arrêter la hatsloute, si je fais comprendre qu'elle s'intègre dans quelque chose de positif. Je me souviens très bien, et je ferme la parenthèse, d'un des commandants que j'ai eus à l'armée, Mefaked Peretz, qui disait à tous les hilonim qu'il rencontrait à l'armée, qui avaient tout le temps de grandes questions sur la Torah et sur les mitsvot: « Mais si vous saviez à quel point Dieu est permissif. Dieu veut permettre tout. Pratiquement tout est permis, seulement ça dépend où, ça dépend quand, ça dépend comment. »
Donc la recherche que tu as de vouloir faire une avera, en fait cette recherche, prenons dans le troum le plus connu, le troum des arayot, de vouloir fauter dans les relations entre hommes et femmes, c'est la recherche du plaisir. Mais la Torah veut que tu aies du plaisir avec ta femme, avec ta femme, et au moment où c'est permis. C'est-à-dire que la recherche du plaisir n'est pas un interdit en soi, seulement il faut la mettre au bon moment, au bon endroit, avec la bonne personne.
C'est ce que nous dit ici le Ramchal: si seulement tu te rappelais tous les bienfaits qu'HaKadosh Baroukh Hou te donne. Alors venez, on revient dans notre texte. Voilà.
Voilà. Et la chose qui peut améliorer cet éveil, c'est l'appréciation des bonnes choses qu'HaKadosh Baroukh Hou fait avec l'homme, à chaque heure et à chaque heure, et les merveilleuses choses qu'il fait avec lui, depuis la naissance jusqu'au dernier jour. Dieu nous fait donc des bienfaits tous les jours, depuis qu'on est né, jusqu'à notre dernier jour. Alors la question est: est-ce que c'est vrai ?
Est-ce que c'est vrai que HaKadosh Baroukh Hou nous fait des bienfaits à chaque instant ? Comment ça, tu dis non, toi, David ? Tu entends pas ?
— Tout à fait, il y a des fois où on souffre pour des choses… une catastrophe naturelle, par exemple.
— Catastrophe naturelle, t'en as vécu combien dans ta vie ?
— Euh, trop. Trop.
Eh bien, on va voir que le Rambam parle même de la souffrance comme étant un bienfait. En fait, le Rambam est le précurseur d'Albert.
Le Ramchal est le précurseur d'Einstein dans le fait que, tu vas voir ce qu'il nous dit: tout est relatif. Tout est relatif. Même dans la souffrance, bah, ça aurait pu être pire. De là, tu comprends les racines ashkenazes du Ramchal. Eh oui. Dans les décès, par exemple.
— Il est ashkenaze ?
Non, il n'était pas ashkénaze. Mais si tu as comme idée que ça peut toujours être pire, c'est que tu es un peu ashkénaze.
C'est comme quelqu'un qui m'a envoyé une photo ce matin d'une tranche de gefilte fish, toute blanche, toute insipide, et il a dit: ça, c'était un poisson à la marocaine qui a reçu le vaccin du Corona. Voilà les effets secondaires du vaccin. Pourquoi pas ? Mais en tout cas…
Le Corona, par exemple, où est-ce qu'il y a le positif là-dedans ? Tu fais très bien de me poser la …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Le chef-d'œuvre du Ramhal étudié de A à Z par le Rav Eytan Fiszon. De la vigilance à la sainteté, gravissez l'échelle des midot pas à pas : un vrai chemin de travail sur soi, accessible et profond
- 11
Ce qui détruit la vigilance selon le RamchalLe Ramchal range le manque de temps, la moquerie et la mauvaise compagnie parmi les trois obstacles à la zehirout. - 12
Les obstacles à la zehirout : la peur du qu'en-dira-t-onLe Ramhal range le manque de temps, la légèreté et la honte de paraître pieux parmi les freins à la vigilance. - 13
Zerizout : l'empressement face à la nonchalanceLe Ramhal montre que la nonchalance mène peu à peu à la faute et que l'empressement commence par faire la mitsva dès qu'elle se présente. - 14
La zerizout avant, pendant et après la mitsvaLe Ramhal enseigne à agir sans tarder, en trois moments, et à vaincre la paresse naturelle. - 15
Acquérir la zérizout : les trois catégories de la TorahComment s'attacher aux mitsvot asé avec empressement, par les mêmes voies que la zéhirout. - 16
Les obstacles à la zérizout : paresse et crainteMesilat Yécharim chapitre 9 : la paresse du corps et la peur du temps qui passe freinent l'empressement vers les mitsvot. - 17
La nekiyout : la propreté du cœur, au-delà de la lettre de la loiPourquoi le cœur peut nous faire tomber même quand nos actes restent permis, selon Messilat Yécharim. - 18
Mérite des Justes et propreté du cœur chez DavidLe Ramhal oppose la fermeté de David à la faiblesse de Rizkiyaou et pose la question de la propreté intérieure. - 19
Les détails de la nekiyout : fraude, promesses et ribitLe chapitre 11 de Messilat Yécharim étend l'interdit du gazlan aux subtilités du commerce et de la parole. - 20
Le vol, les détails de la nekiyout et la pudeurComment Messilat Yecharim décrit les pièges du vol et des relations entre hommes et femmes.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav