Le désert, lieu où la Torah peut descendre
Le désert relie ciel et terre : il faut se vider de soi pour recevoir la Torah.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Chavouot, fête hors du temps, liée à la sortie d'Égypte, 56 min
En bref
Le Rav explique pourquoi le livre de Bamidbar est lu juste avant Chavouot et ce que représente le désert dans le don de la Torah : un lieu où l'individu s'efface pour devenir un peuple, condition pour recevoir la Torah. Il montre, à partir du Midrash Shir HaShirim Rabbah, que tout ce qui élève Israël (la manne, la nuée, le puits de Myriam) vient du désert. Il conclut que la réception de la Torah suppose l'humilité, le lâcher-prise et l'appartenance à la nation.
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Be'ezrat Hachem, toda rabba, merci à tous, merci aux Rabbanim qui m'ont précédé, merci à vous tous d'être à l'écoute et en même temps de nous voir. Moi, je vous vois aussi et j'ai le plaisir de voir vos visages. On m'a demandé aujourd'hui de traiter un sujet qui est le désert. Quelle est la relation entre la Torah et le désert, notamment le désert du Sinaï ? Pourquoi la Torah est-elle donnée dans un désert ? Quel est le rapport entre la Torah et le désert ?
Alors, pour ce faire, on va commencer par une réalité. Le livre de Bamidbar est toujours lu juxtaposé à la fête de Chavouot. En effet, hier, nous avons commencé le livre de Bamidbar, le livre du désert, et ce soir, c'est la fête de Chavouot. Vous voyez que dans la plupart des années, c'est comme ça. Le livre de Bamidbar est toujours juste avant Chavouot. En tout cas, il est juxtaposé, très, très lié, très rapproché de la fête de Chavouot.
Et donc nous nous posons la question: est-ce qu'il y a un lien au niveau du fait historique, du désert lui-même, et le rapport avec le don de la Torah ou la Torah d'une manière générale ? Effectivement, il y a un lien entre le désert et la Torah. Ce lien prend un relief particulier dans un midrash, celui de Chir HaChirim Rabba, qui nous dit la chose suivante.
Mi zot ola min hamidbar. Qui est celle qui monte du désert ? Le Chir HaChirim nous donne ce verset: Mi zot ola min hamidbar, qui est celle qui monte du désert. Vous voyez qu'il y a ici quelque chose qui nous paraît comme une question, mais qui n'en est pas une. C'est une réalité, un fait: l'élévation vient du désert. Et c'est une élévation double. Mi représente la Binah, pour rappeler le Olam Abba, la cinquantième porte, Yod: quarante plus dix, donc le fameux cinquante, qui est le monde
de l'au-delà. Et zot représente la Malchout, celle qui est visible. Je peux dire « celle-ci », zot. Donc le lien entre Mi et Zot, ce n'est pas seulement « qui est celle-ci ». En hébreu, au niveau du sens profond de la Torah, il y a ici un lien voulu entre un degré qui s'appelle Mi, qui est le Olam Abba, et un autre degré qui s'appelle Zot, qui représente le Olam Azeh.
Donc Mi Zot veut dire: qui est capable de faire le lien entre les mondes, entre le ciel et la terre ? Eh bien, tout ceci, Olam: il vient du désert. C'est comme ça qu'il faut lire ce verset. Le désert est donc responsable, dans le sens positif du terme, de l'union entre le ciel et la terre. C'est le désert qui fait cette union.
Et le midrash continue: Kol ha'aliyot hayou min hamidbar, toutes les élévations proviennent du désert. Donc un midrash très important, qui met en relief l'importance du désert dans tout ce processus. Torah min hamidbar: la Torah vient du désert. Man min hamidbar: la manne est arrivée lorsque nous étions dans le désert. Slav min hamidbar: la caille, les fameux oiseaux qui descendaient, qui apparaissaient pour la nourriture du peuple d'Israël, sont venus lorsqu'on était dans le désert. Ananei hakavod min hamidbar: les nuées protectrices sont venues du désert.
On peut parler aussi du puits de Myriam, qui est apparu dans le désert. Les beguedim, les vêtements, les chaussures avec ses peaux animales: tout provient du désert. Le fait d'élever l'importance du peuple d'Israël commence dans le désert. L'amour, le chérissement de Dieu par rapport à Israël vient de ce désert. Hakol min hamidbar, tout vient du désert.
Chéné emav, comme il est dit: Yimtsaehou be'erets midbar, Il le trouvera dans une terre de désert. C'est-à-dire que le fait d'avoir trouvé le peuple d'Israël est une trouvaille, ça s'appelle une trouvaille, parce que nous étions dans le désert. Donc le désert représente ici un degré qui permet à Dieu de trouver Israël comme s'il venait de trouver une trouvaille, un trésor, quelque chose d'extraordinaire. Et forcément, précisément par le désert. Kimerou fribato, et par son amour qui est énorme, l'amour de Dieu pour Israël, matsa metsi agdola: pour Lui, c'est une très grande trouvaille, comme s'il avait fait une découverte importante.
Comme il est dit dans Hochéa, au chapitre 9, verset 10: Ke'anavim bamidbar, comme des raisins dans le désert. Incroyable, des raisins dans le désert. Quel rapport ? Eh bien, comme des raisins dans le désert, matsati Israël, je vous ai trouvés, vous, Israël, comme si j'avais trouvé des raisins en plein milieu d'un désert. Quel est ce sentiment ? C'est-à-dire ?
Il n'y a rien de plus rafraîchissant que de trouver une grappe de raisin fraîche dans un désert. C'est ainsi que j'ai découvert le peuple d'Israël, dit HaKadosh Baroukh Hou, à partir du désert, grâce au désert, dans le désert. Et je vous ai vus, j'ai vu vos pères comme une figue au début de sa maturation.
Il y a donc ici tout un programme, l'apogée du désert, l'éloge du désert par HaKadosh Baroukh Hou. Le midrash nous ramène tout ça. Il y a encore beaucoup d'autres choses que je n'ai pas voulu apporter ici, parce que c'était long. Toujours est-il que le désert est là pour quelque chose de très important. Il joue un rôle, ce n'est pas seulement un lieu.
Et on va comprendre qu'il y a ici une représentation de ce que le désert exprime, et non pas seulement le reflet d'un lieu. Donc on comprend très bien que le midrash ne vient pas nous parler du désert au premier degré, en tout cas pas seulement. Il s'agit de ce que représente ce désert. Et c'est ça l'essentiel de notre cours aujourd'hui: que représente le désert ? Et pourquoi c'est grâce à ce désert-là qu'on a autant de liens, d'amour et de réveil entre Dieu et l'assemblée d'Israël ?
Bé'inyan hou, pour entrer dans le vif du sujet, on parle de l'asservissement des enfants d'Israël en Égypte. Cet asservissement n'était pas seulement une punition, en tout cas pas au premier degré, ni au deuxième. Il n'y avait pas ici une punition divine; il y avait au contraire une réparation divine, pour casser quelque part l'ego, afin de former le peuple d'Israël.
En effet, je vous rappelle que si les éléments du peuple d'Israël n'avaient pas disparu, il n'y aurait pas encore de peuple. C'est après la mort de tous les éléments, qui est d'ailleurs cité dans le verset, Vayamoutou, vayamoutou kol hador, où toute la génération, tous les éléments sont morts, pour laisser la place à une nouvelle structure qui s'appelle la nation d'Israël. Et donc c'est ça. J'espère que je suis clair. C'est très important de mettre les points sur les i et d'être très, très rigoureux sur la précision des choses.
On ne sort pas d'Égypte en tant qu'individu, ni en tant qu'un groupe d'individus. On sort d'Égypte seulement parce que nous sommes un peuple, une nation. Hiné ham yatsa mimitsraïm: le verset est explicite, …
Cours d'Orot veKelim
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