Le second jour de fête et les bikourim
Pourquoi la diaspora fête deux jours, et pourquoi la question se pose autrement en Erets Israël selon le Hazon Ich.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Le T'nai pour recevoir la Torah : l'honneur d'Israël, 2 h 13
En bref
Le Rav explique pourquoi l'on observe un second jour de fête (Yom Tov Sheni) à Pessa'h, Souccot et Chavouot, en partant de la fixation du calendrier par le Sanhédrin et de l'envoi de messagers, et montre que pour Chavouot le doute ne joue plus, ce qui pose la question de son maintien. Il présente ensuite la mitsva des Bikourim, les premiers fruits apportés au Beit Hamikdash pendant sept mois, et la manière dont elle relie chaque foyer à la Kedoucha au quotidien. Le cours s'achève sur la portée de la règle selon laquelle en Israël on n'observe qu'un jour de fête, et sur la difficulté que suscite cette pratique pour des francophones de passage.
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## Une soirée sur Chavouot
Et à l'approche de Chag HaShavouot, on se rapproche de ce grand jour. Donc ce soir, une fois n'est pas coutume, on ne va pas parler de Parachat Nasso. Je vous avoue que je suis très content de ne pas avoir dû chercher des idées sur Parachat Nasso, parce qu'il y a des Parachiot comme ça qui sont plus sympas et d'autres qui sont moins attrayantes, au premier abord. Donc on va parler ce soir de Chag HaShavouot. La vérité, quand on parle de Chag HaShavouot et que j'ai commencé à réfléchir à tout ça…
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à mes parents, à nos frères, là-bas, en Erets Israël, qui vont enchaîner trois jours. Trois jours, oui: Chabbat, Chavouot, Yom Tov Chéni, puis Chabbat. Nous aussi, on va devoir faire deux jours: Chabbat, Yom Tov. Et donc je me suis dit qu'il allait falloir parler un petit peu de ce sujet-là, du fameux Yom Tov Chéni, parce que ça me pose un gros problème.
Je le cite souvent: une grande partie de qui je suis aujourd'hui et de ce que j'ai appris, je le dois évidemment à l'éducation de mes parents. Et comme disent mes parents, Shlita, ils ne sont pas forcément religieux. S'il y a bien un truc qui les embête, c'est Yom Tov Chéni. Eh oui, eh non, parce que, soyons honnêtes, Yom Tov Chéni, c'est cinq minutes. Mais qu'est-ce qu'on leur a vendu ? C'est-à-dire, qu'est-ce que les rabbins leur ont dit ? Pourquoi fait-on Yom Tov Chéni ?
Je vous pose la question, je lance directement le sujet, sans introduction: pourquoi fait-on Yom Tov Chéni ?
— Parce qu'il fallait envoyer le messager ?
Voilà. Comme on ne savait pas, c'est-à-dire que le Beit Din décidait quel jour c'était Roch Hodech, et comme il y a des communautés très très loin, il fallait envoyer des gens, et il y avait le doute: quel jour ? On fait deux jours. C'est de la logique. D'ailleurs, c'est ce que nous apprend la Guemara.
Tout simplement. Pourquoi est-ce qu'on fait Yom Tov Chéni ? La raison que tu as citée. Je vais te dire, au début, comment on savait quand c'était Roch Hodech. Le Beit Din, qui décidait Roch Hodech, voyait deux témoins qui disaient: c'est Roch Hodech, d'accord ? Et donc, à ce moment-là, la première version, c'était quoi ? Avant les messagers, il y avait une autre version: la version de Rabbi Chimon. C'est la version où on fait des feux. Il y avait des stations de feu jusqu'à Babylone, et on allumait des torches énormes, et tout le monde était au courant, donc ça allait très très vite.
Le problème, c'est que, dans la Guemara, Kouthim et Minim, des gens, des Baïtoussim, des gens qui n'étaient pas d'accord avec nos sages, et donc avec le Sanhédrin, ont commencé à faire des feux alternatifs. Donc on ne pouvait plus… Ils ont commencé à envoyer des messagers. Les messagers, ça prend du temps, donc il y a le doute. Mais mes parents viennent avec cette question du fin fond du XXIe siècle: mais maintenant on a sur le frigo les dates de Pessa'h 2022 déjà ! Donc de quoi tu me parles, du doute ?
Non, mais même, en vrai, à leur époque, quand ils rajoutaient un deuxième jour, ils auraient dû le rajouter avant, logiquement.
— C'est-à-dire avant ?
Avant le jour officiel. C'est-à-dire le lendemain.
— C'est méchant !
Non, mais ce n'est pas une question de lendemain ou pas lendemain. On ne sait pas quel jour c'est. Est-ce que c'est le premier, ou est-ce que c'est le deuxième ? Tu comprends ? Donc, dans le doute, on rajoute un deuxième.
Alors le problème, c'est qu'on te dit aujourd'hui: boum, calendrier sur le frigo, jusqu'en 2022. Donc quel rapport ?
— Oui ? Aujourd'hui, quand on fait le deuxième jour, ce n'est pas Pessa'h Vatara ?
Bah, ce bidoud caché est là ! Tu poses une très bonne question. Puisque je suis plus dans le doute, peut-être qu'il faudrait annuler ! Ou Bal Tossif ! Tu fais, ou Bal Tossif ! Là, tu ferais plaisir à mes parents ! Donc là tu es en train de dire, ce n'est pas moi qui dis ça, hein ! Et tu dis: viens, on annule le deuxième jour de Chavouot. Top ! Bravo !
D'abord, d'où vient cette histoire de deuxième jour ?
Regardez, dans la Guemara, on va s'arrêter là, donc le début, la première source de notre feuille. Et maintenant qu'on sait quand est-ce qu'on fait le nouveau mois et qu'on n'a plus de problème, on parle d'après. On parle d'un moment où on a déjà mis le calendrier en place, non plus par la Réiya, c'est-à-dire qu'on ne fait plus Roch Hodech au Beit Hamikdash parce qu'il n'y a plus de Beit Hamikdash, maintenant c'est un calcul.
C'est le même calcul qu'on fait aujourd'hui. Donc, maintenant qu'on sait, pourquoi est-ce qu'on fait encore Chné Yamim ? Et on te dit: parce qu'on nous a dit « au cas où », au cas où reviennent les Tsourot, les Tsarot des goyim et tout ça. Et on ne sait jamais, peut-être qu'on ne va plus savoir comment faire, et qu'il faut garder comme on faisait avant, parce qu'on ne sait jamais. Peut-être qu'on peut revenir à cette époque-là, où il faudra renvoyer des messagers. Il y avait un film comme ça, je crois…
Les années 2000, un truc comme ça. C'était Los Angeles 2000 quelque chose, je ne sais plus quoi, où le truc du film, c'est qu'ils avaient inventé une arme terrible qui enlevait toute la technologie. Genre, l'Herdda ! On ne sait jamais ! C'est bien ? Donc ça, c'est la Chéela de base. Oui ?
Et cette raison est plus forte, en fait, que… donc elle est au-dessus de l'Ora'ita en fait ?
Je ne sais pas ! Attends ! Pour l'instant, on est à Teatro. D'abord, je sais juste qu'Ouvda, il y a deux jours encore cette année, c'est encore prévu dans le calendrier du frigo. C'est bien ? Donc ça, c'est la première Chéela.
Pourquoi fait-on Yom Tov Chéni ? La Guemara, l'Obeidza qu'on vient de lire, c'est parce qu'on ne sait jamais: peut-être qu'un jour on va revenir à une époque où il faudra envoyer des envoyés. Ok. Alors attendez, ça va plus loin. Parce qu'on a compris pourquoi on envoie des envoyés: parce qu'on ne sait jamais. Roch Hodech, le temps que les envoyés arrivent, donc on fait deux jours. Beseder. Je ne suis pas vraiment serein avec l'histoire que peut-être un jour on va revenir à une époque où on ne saura pas, mais… Allez. Le Rambam, dans Hilkhot Kiddouch HaHodech, pose une question de malade.
Il dit: ok, c'est quoi ? Ça va, va. Peut-être qu'un jour on ne saura plus, j'accepte, j'admets. Mais j'ai un autre problème. Que tu me dises qu'on fait un deuxième jour de Yom Tov à Pessa'h, je comprends. Que tu me dises qu'on fait un deuxième jour de Yom Tov à …
Cours d'Orot veKelim
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