Boaz, Manoah et la tension entre individu et Klal
Pourquoi Boaz et Ivtsan n'invitent pas Manoah, et ce que le Mont Moriah enseigne sur l'unité du peuple.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Le second jour de fête et les bikourim, 1 h 13
En bref
Le Rav Eytan Fiszon présente Ibtsan, l'un des juges du livre des Juges, identifié par le Talmud à Boaz, et s'interroge sur la rancœur qui l'oppose à Manoa'h, père de Chimchon. Il en tire une réflexion sur la tension entre l'individu et le collectif : la Torah se reçoit personnellement, mais elle ne se vit qu'au sein du peuple d'Israël. Il relie cela au 2 Sivan, jour où le peuple est reconnu comme segoula, et à la mitsva de ne pas dire Tahanoun ce jour-là.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Erev tov, bonsoir à toutes et à tous. On est très heureux de se retrouver pour le cours hebdomadaire avec Midrash Etiouda Manitou et le Rav Eytan Fiszon. Ce soir, on aborde Chavouot, puisqu'on est à quelques jours du don de la Torah. Bechavod Etan, depuis Paris, pour changer un petit peu. Exactement. Erev tov, Lekoula. Merci d'ailleurs d'avoir accepté le changement d'horaire: c'était un petit peu compliqué, cinq heures à Paris, je n'y serais pas arrivé. Donc… allons-y.
Ma question, et c'est le titre du cours: qui est donc ce Ibtsan ? Qui est donc monsieur Ibtsan ? C'est la question, et c'est aussi le sujet de notre cours. D'abord, est-ce qu'il y a des gens qui ont déjà entendu parler d'Ibtsan ? Non ? Alors c'est qui, ce mec ? *Nahon, Behmet.
Qui est donc Ibtsan, et quel rapport a-t-il avec Chavouot ? Eh bien, les amis, je vous amène tout de suite dans le Talmud, dans le traité de Baba Batra. On nous y dit: Amar Rabba bar Bar Ḥana, Amar Rabbi Yo'hanan … Je lève tout de suite le voile sur qui est Ibtsan. Ibtsan est mentionné dans le livre des Chofetim, les Juges. C'est l'un des juges de la Torah. Dans la période des Chofetim, un d'entre eux s'appelle Ibtsan.
Mais la Guemara va nous dire: Ibtsan, c'est Boaz. Ah, lui, on le connaît mieux ! Boaz, celui qui va épouser Ruth, l'arrière-grand-père du roi David. Ibtsan, c'est Boaz. Et la Guemara nous demande: mais qu'est-ce qu'on a à apprendre de lui ?
Qu'est-ce qu'on apprend sur Ibtsan ? Eh bien, nous dit le Talmud, dans le livre des Chofetim, il est écrit Vayilo à propos d'Ibtsan: Vayilo chloshim banim ve-chloshim banot. Il avait trente fils et trente filles, et il les a tous mariés. Mais attention: lorsqu'il les a tous mariés, nous dit le Talmud, il a fait un michté dans la famille du hatan et un michté dans la famille de la kala. Donc, en tout, il a payé pour cent vingt festins. Trente garçons fois deux, trente filles fois deux: cent vingt festins.
Ok, pourquoi pas. Seulement, le Talmud nous dit, et c'est ça qui m'intéresse: il a fait cent vingt festins, et la Torah prend la peine de me dire qu'à aucun de ces festins il n'a invité…
Manoah. Mais qui est ce Manoah ? Les amis, Manoah, c'est qui ? On le connaît: c'est un papa. Il est plus connu pour son fils que pour lui-même. Il est le père de Shimshon, Shimshon HaGuibor.
Donc, de là, j'en conclus une chose très importante: Boaz, Ibtsan et Manoah se connaissent. Ils vivent à la même époque, et tout ce qu'on m'apprend ici, c'est que l'un a une dent contre l'autre. Ils ne sont pas copains, à tel point qu'il ne l'invitera pas au festin du mariage de ses enfants. Pourquoi y a-t-il cette rancœur, cet affrontement entre Ibtsan, Boaz et Manoah ? Mes amis, c'est ça qu'on va essayer de comprendre aujourd'hui ensemble.
Alors je sors deux secondes d'Ibtsan et de Boaz pour revenir un petit peu plus dans notre histoire, au maamad Har Sinaï. Vous allez voir, on y reviendra juste après. Le maamad Har Sinaï, c'est un moment fondamental. Mais on a un problème quand on parle du maamad Har Sinaï: où se passe-t-il ? Vous le savez évidemment, ça se passe au mont Sinaï. Mais connaissez-vous un autre nom qui est donné à cette montagne ? Horev.
Le problème, c'est que le verset du livre de Bamidbar, au chapitre 10, nous dit… Alors que d'habitude, la montagne s'appelle Har Sinaï, Har Horev, Har Elohim, ici on va nous dire: Vayissou mehar Hachem, Yod Hé Vav Hé.
Vous allez me dire: qu'est-ce que ça nous change, ce n'est pas très grave. Oui, mais quand même. Le Maharacha, l'un des grands commentateurs, vient nous dire que c'est très, très bizarre. Parce que le mont Sinaï ne s'appelle pas Har Hachem. Dans la tradition de la Torah écrite et de la Torah orale, nous dit le Maharacha, Har Hachem, c'est le nom du Har HaMoriah, le nom de la montagne où se trouve la Maison de Dieu, le Temple.
Et donc, c'est très, très bizarre qu'on ait appelé le mont Sinaï Har Hachem, alors que normalement Har Hachem, c'est uniquement le Har HaMoriah. Cela commence à nous faire comprendre qu'autour du mont Sinaï, il y a un problème. Les Béné Israël, réunis là-bas, ont peut-être un bug dans leur compréhension de la différence qu'il doit y avoir entre le mont Sinaï et Hachem, entre le mont Sinaï et le mont Moriah. Ainsi nous dira le Maharsha: quand on te dit Vayissou mehar Hachem, ce n'est pas qu'ils sont partis de Hachem; ils ont voyagé non pas depuis Hachem, mais loin de Hachem.
Donc, oui, cela veut dire qu'ils sont partis du mont Sinaï, mais cela veut surtout dire qu'ils n'ont pas voulu arriver au Har HaMoriah.
Maintenant, je vous pose la question suivante. D'après ce que vous avez appris: si je vous demande, à chacun d'entre vous, « Dieu s'est révélé au peuple juif quand on était autour du mont Sinaï. Qu'est-ce qu'il nous a dit ? », alors, vous pouvez allumer vos micros, aidez-moi: qu'est-ce qu'il a dit, Dieu, au peuple juif, quand on était au mont Sinaï ?
Un élève: — Les dix ?
— Eh oui, les dix. Les dix commandements, les deux tables, l'Aseret HaDibrot. Et pourtant, quand on regarde dans le livre de Dévarim, au chapitre 1, Moïse notre maître nous enseigne que Dieu, en fait, a dit autre chose.
Donc, voilà: on nous présente topographiquement là où se tient Moïse pour faire son dernier grand discours.
Et voilà ce qui m'intéresse. Moïse nous parle et nous dit: c'est une conclusion de toute notre…
Dieu, notre Dieu, nous a dit quand nous étions à Horev. Horev, vous avez dit tout à l'heure que c'est le mont Sinaï. Alors qu'est-ce qu'il nous a dit quand nous étions à Horev ? Là, je m'attendrais à ce que Moïse me dise les dix commandements. Il le dira, d'ailleurs, dans la paracha de Vaét'hanan. Sauf qu'ici, ce n'est pas ce qu'il nous dit.
Moïse nous dit: Diber Hachem Eloukeinou bé-Horev lemor: Hachem notre Dieu nous a parlé à Horev en disant: Rav lakhem chevet bahar hazeh. Tenez-vous bien. Dieu nous a dit: Pinou ou-sou lakhem — partez, mettez-vous en route — uvouou har ha-Emori, et allez vers la montagne de l'Amorite, ve-el kol chevenav, et vers tous ses voisins, ba-aravah, ba-har, ba-chefela, ba-negev, ve-chof hayam, Eretz haKenaani, ve-Halevanon, ad hanahar hagadol, nahar Perat.
Qu'est-ce qu'il nous a dit, Dieu, quand nous étions au mont Sinaï ? Il nous a dit: « Partez du mont Sinaï ». Évidemment, il nous a aussi dit les dix commandements, mais ça, c'est quand nous sommes arrivés au mont Sinaï. Et qu'a dit Dieu un an plus tard ? Dieu nous a reparlé au mont Sinaï, et il nous a dit: « Partez …
Cours d'Orot veKelim
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