L'État d'Israël, âme de la Terre d'Israël selon le Rav Kook
Pourquoi fonder un État, et non seulement revenir sur la terre, selon Orot et le verset de Lekh Lekha.
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En bref
Le Rav Yoel Benharrouche explique, à partir de Orot du Rav Kook, que le mois d'Iyar relie le national et le spirituel, et que l'État d'Israël est une étape de la délivrance, non une simple présence sur la terre d'Israël. Il développe l'idée que la mitsva de la Torah est de fonder une souveraineté juive, et non seulement de s'installer. Il s'appuie sur la Kabbale et sur Genèse 12 pour soutenir que cet État permet à la présence divine de se révéler dans le monde.
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Et nous sommes dans un mois qui est très important, puisqu'il est placé entre le côté libération nationale du peuple d'Israël, dans la fête de Pessa'h, et le don de la Torah à Chavouot. Le fait que ce temps se trouve entre ces deux Paul indique l'importance du mois d'Iyar: c'est un mois qui a dans sa capacité d'être un passage entre le côté national de la sortie d'Égypte et le côté de la Torah de Chavouot. Et en même temps, il comporte en lui ces deux degrés, puisque c'est en lui que nous avons eu le bonheur, la chance de voir, dans ces dernières générations, la sainteté qui s'y trouvait depuis la création du monde: la création de l'État d'Israël et le jour où nous sommes revenus à Jérusalem après notre exil.
Le mois d'Iyar est donc un mois qui, dans sa structure intérieure, fait le lien, fait la paix entre le national et le religieux. Et donc, il est par conséquent le mois de la guérison. Car la maladie était lorsque le nationalisme d'Israël était séparé de la Torah, comme en exil. Et ce n'est pas par hasard que les initiales du mois ont été utilisées par nos sages, comme Ani Adonaï Rofé'ekha, « Je suis l'Éternel, ton guérisseur »: guérisseur de la maladie de la séparation entre le côté national et le côté lumière de la Torah.
Avec des mots simples, l'État d'Israël fait l'union entre ces deux degrés, entre le degré de la nation que nous sommes et le degré de la Torah que nous avons reçue au mont Sinaï. Il contient donc en lui deux degrés: Yom HaAtsmaout, qui ressemble à Pessa'h, et Yom Yerouchalaïm, qui ressemble à Chavouot. Yom HaAtsmaout tombe toujours le même jour dans la semaine qu'est tombé Chvi'i shel Pessa'h, ce n'est pas par hasard. Et Yom Yerouchalaïm a l'équivalence de la sainteté, donc de la lumière divine, du mont du Temple, qui s'est déplacé lors du don de la Torah pour se déposer momentanément sur le mont Sinaï, recevoir la Torah et revenir sur le mont Sion. Donc nous avons ici un lien incroyable entre l'esprit et la matière, entre l'âme et le corps.
Eh bien, l'État d'Israël, c'est ce qu'il est par rapport à la Terre d'Israël. Et je le dis maintenant dans ces termes: Medinat Israël, l'État d'Israël, hi nichmata shel Erets Israël. C'est l'âme de la Terre d'Israël. Vous entendez beaucoup de gens parler de la Terre d'Israël, mais non pas de l'État d'Israël, alors que l'État d'Israël, c'était la partie la plus enfouie, la plus secrète de la Terre d'Israël. Il fallait un long travail pour arriver à découvrir l'État qui était caché dans la terre. J'espère que c'est compris. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de revenir habiter en Terre d'Israël, il faut fonder un État.
Et donc, on peut conclure et dire que la mitsva de la Torah, ce n'est pas simplement de revenir sur la Terre d'Israël, mais de fonder l'État d'Israël. Pourquoi ? Tout simplement parce que Dieu n'a pas demandé seulement que nous venions habiter sur cette terre, mais que nous formions un système géopolitique, à savoir une souveraineté d'Israël sur sa terre. Donc la mitsva de la Torah, c'est de fonder un royaume, un gouvernement, appelez-le comme vous voulez, d'Israël sur sa terre. Non pas qu'il y ait simplement un rassemblement de Juifs sur ce lopin de terre.
Le degré ultime, le degré le plus profond, c'est donc l'État d'Israël, qui se trouve bien entendu sur la Terre d'Israël. Et il faut les deux. Bien entendu, nous revenons d'abord sur la terre, mais nous découvrons son âme. Et donc, l'État d'Israël, c'est le degré le plus profond.
Et si on lit les écrits du Rav Kook avec précision, nous voyons par exemple dans Orot, à la page 160, que le Rav est précis dans ses propos. Il ne parle pas seulement d'Erets Israël, la Terre d'Israël, mais il parle justement de ce degré.
Le Rav va mettre en relief ce stade de la délivrance, pas seulement lorsque nous revenons à Sion, mais lorsque nous mettons en place l'État, donc la souveraineté. Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon les écrits du Rambam, le Rav comprend que la libération de la situation où nous étions assujettis aux nations du monde, c'est elle qui fait la différence entre l'exil et la délivrance. C'est-à-dire que si vous demandez au Rambam quand est-ce qu'on est devenu réellement libre et quand est-ce que les temps messianiques commencent, le Rambam répond très clairement.
Le Rambam conclut donc que la différence entre l'exil et la délivrance se trouve sur un seul degré: le fait d'être libre et non plus assujetti aux nations. En somme, il ne s'agit pas seulement de venir habiter en Israël et qu'il y ait un gouvernement étranger ici, mais de vivre en Israël en tant que peuple et d'ériger l'État d'Israël. Et donc l'État d'Israël, Rabbénou tarachit, depuis la création de l'État, va comprendre et conclure que cela s'appelle Réchit tsmihat guéoulaténou. C'est le début de cette pousse de notre délivrance. Et c'est ça, l'essentiel, et c'est ce que nous devons comprendre.
Il y a donc un changement radical entre le temps qui précédait la création de cet État et le moment de la création de cet État. Mais la grande surprise, c'est que le Rav Kook lui-même n'a jamais eu la chance ni le bonheur de voir cet État d'Israël, puisqu'il est mort avant la création de l'État. Comment, pourtant, définit-il déjà l'État d'Israël comme étant Medina d'Israël ? C'est lui qui donne le nom, alors qu'il n'a jamais vu cet État. Pour lui, il n'y a que la terre pour l'instant. Quand il arrive en Terre d'Israël, il n'y a pas d'État, il n'y a pas de souveraineté juive.
Et donc nous sommes face à un prophète qui a déjà nommé la terre d'Israël comme étant aussi Médina d'Israël. Il va utiliser cette terminologie précisément de Médina et non pas d'Erets Israël, parce qu'il comprend qu'il faut une Médina, qu'il faut une structure politique. Que la mitsva qui a été donnée au peuple juif de monter sur la terre n'est pas seulement pour se déplacer et former un groupe de Juifs sur un morceau de terre qui s'appelle la Terre d'Israël, mais beaucoup plus que cela: devenir une nation, donc avec un aspect politique, une souveraineté qui reflète le royaume de Dieu sur terre.
Et donc le Rav va écrire à ce sujet quelque chose d'incroyable, et je vous le lis:
« La Médina n'est jamais le grand bonheur de l'homme. » Oui, mais ça, c'est dit al ha-médina régila, pour n'importe quel autre État que l'État d'Israël. Ça veut dire que n'importe quel État dans le monde ne peut jamais devenir le point ultime du bonheur de l'homme. Aucun. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, tous les États ne sont que hévrat ahrayout guédola, un rassemblement de responsabilités. Des personnes se sont regroupées pour créer un groupe beaucoup plus grand, qu'ils vont appeler un État, pour gérer en réalité leur propre vie au niveau individuel.
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