Yom HaAtsmaout, de la Galout à la Gueoula
Le Maharal définit la Gueoula, et pourquoi dire le Hallel à Yom HaAtsmaout selon Moshe Rabbeinu.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Halakha et Haggadah : pourquoi étudier Yom HaAtsmaout, 1 h 02
En bref
Le cours part de la mémoire des soldats et des pionniers tombés pour la création de l'État d'Israël, puis pose la question de savoir ce que l'on fête à Yom HaAtzmaout. Il s'appuie sur les critères du Maharal (retour en Israël, réunion du peuple, indépendance) et sur la définition halakhique de la malchout (armée et monnaie) pour établir que nous sommes entrés dans la Gueoula. Il explique enfin pourquoi l'on dit le Hallel ce jour-là et comment la date est liée à des sources de la Torah et de la Kabbale.
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On est partis. Et enfin, shalom à tous, Erev Chag Sameach ! On est tous confinés, donc j'ai envie de vous dire que les préparatifs pour Yom HaAtsmaout sont plus faciles que les années précédentes. On a le temps de se recueillir à la mémoire de tous nos soldats. Et j'aimerais associer à ce Yom HaZikaron et à Yom HaAtsmaout d'autres personnes,
d'autres personnes qu'on n'a pas l'habitude d'associer et qui pourtant sont exactement dans la même lignée. Quand on parle de Yom HaZikaron et des souvenirs de ceux qui ont donné leur vie pour la création de l'État d'Israël, on n'a aucun problème à se représenter le soldat qui s'est battu, qu'il soit dans les rangs de Tsahal ou dans les rangs des Martarot, les groupes armés juifs d'avant la création de Tsahal. Ça nous paraît évident.
Ça nous paraît également évident d'associer toutes les personnes qui ont été massacrées dans des attentats parce qu'elles étaient juives, parce qu'elles étaient israéliennes. Mais il y a d'autres personnes sans qui nous ne serions pas là non plus, qui n'ont pas été tuées par des balles ennemies, qui n'ont pas été tuées dans des attentats. Je parle de toutes ces personnes qui étaient les pionniers d'Israël, qui ont construit ce pays de leurs mains, et qui très souvent…
Alors, on va commencer sans plus attendre.
Notre étude sur Yom HaAtsmaout. Qu'est-ce qu'on fête à Yom HaAtsmaout, Rabotaï ? C'est toute la question. Il faut absolument savoir que dans le judaïsme, il n'y a pas de fête religieuse, pour la simple raison que le judaïsme n'est pas une religion. Lorsque Dieu s'adresse à Abraham, il lui dit: « Je ferai de toi un grand peuple », et non pas « Je ferai de toi une grande religion ».
En d'autres termes, toutes les fêtes du calendrier juif sont des fêtes nationales. Ce sont des fêtes concrètes qui représentent un événement concret. Quel est donc cet événement ? Nous le savons: nous allons fêter la création de l'État d'Israël. Ça, c'est pour le concret. Mais qu'est-ce que cela représente ? En quoi cette fête est-elle si importante, à tel point qu'elle est…
Et je suis prêt à le dire: la fête la plus importante, non pas de l'année, mais bel et bien de l'histoire. Il n'y avait pas de jour plus important que Yom HaAtsmaout depuis Béréchit bara Elohim et hachamayim véet haaretz. Oui, tout à fait. Plus important que la sortie d'Égypte, plus important que le Maamad Har Sinaï. Il y aura dans l'histoire un avant Yom HaAtsmaout et un…
C'est-à-dire un monde avant la Gueoula et un monde après la Gueoula. Car c'est de cela qu'il s'agit. Depuis 72 ans, ce soir, nous sommes passés dans la Gueoula. Comprenez-moi bien: le terme de Gueoula, comme le terme de galout, sont des termes qui, malheureusement, aujourd'hui ont été terriblement galvaudés, puisque ce sont des termes qui ont été
rattachés à une dimension spirituelle, chose qui est complètement étrangère au judaïsme. D'après la Torah, tant la galout que la Gueoula ont des définitions très précises. Le Maharal de Prague, dans son livre Netsah Israël, au chapitre 1, va nous donner une définition très simple et très précise de ce qu'est la Gueoula. Le Maharal nous explique que la Gueoula, c'est l'inverse de la galout.
Jusque-là, je n'ai rien dit d'extraordinaire. Le Maharal va tout simplement nous expliquer ce qu'est la galout, et il dit: donc l'inverse, c'est la Gueoula. Et nous dit le Maharal: la galout, c'est trois choses. Un, quand on n'est pas en Israël. Deux, quand on est dispersé. Trois, lorsqu'on est soumis à d'autres nations. En d'autres termes…
Qu'est-ce que la Gueoula ? D'après le Maharal, c'est lorsqu'on est en Israël, réunis et… Ce qui nous reste à vérifier, c'est de savoir si notre situation est une situation de galout ou de Gueoula. Vous savez, il y a des gens qui disent: « Oui, mais comment peut-on parler de Gueoula ? On est encore en galout, même en Israël. On y vit spirituellement, c'est terrible, et tout ça, machin, nanana. »
Alors, je voudrais dire deux choses à ce niveau-là. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu ce genre de phrases absurdes, de dire qu'on est encore en galout spirituelle. Pour tous ceux qui parlent de galout spirituelle, j'aimerais leur dire la chose suivante: la situation spirituelle du peuple juif n'a jamais été aussi bonne. Jamais. On n'a jamais eu autant d'études de Torah qu'aujourd'hui. On n'a jamais eu autant de yeshivot qu'aujourd'hui.
On n'a jamais eu autant de Torah en Israël qu'aujourd'hui. Donc, ne venez pas me la jouer, allez, « galout spirituelle ». Il y a encore des problèmes, bien sûr. Il y a encore des choses à faire évoluer, dans le bon sens, bien sûr. Mais notre situation est géniale, géniale. Regardez deux secondes à quoi ressemblait la situation spirituelle du peuple juif il y a 200 ans. Regardez à quoi elle ressemblait il y a 400 ans.
Parce que le fait que tout le monde faisait la Torah et les mitsvot il y a 500 ans ne veut pas dire que spirituellement ils étaient élevés. Mais absolument pas. Quand vous regardez la situation du peuple juif il y a 1000 ans, à l'époque de, je ne sais pas moi, des Tossafot, à l'époque de Rabbeinou Tam, alors bien sûr, tout le monde faisait la Torah et les mitsvot. Naturellement ! Seulement, la majorité des gens ne savaient ni lire ni écrire. À part Rabbeinou Tam – je dis Rabbeinou Tam, mais à part, allez ! –
1000 personnes dans le judaïsme qui étaient des Talmidei Chachamim, tout le reste, c'était des Bourim, des Vehameh, des Haratzot, qui ne connaissaient rien du tout. Alors ils faisaient ce que le rabbin disait, le Seder, Toda Rabba, mais quel était leur rapport ajouté ? Leur valeur ajoutée n'existait pas. Aujourd'hui, c'est un peuple juif chacham, piquéach, un peuple juif fort de vouloir connaître.
Alors, des fois, quand on lui donne de mauvaises réponses, il rejette. Et quand on lui donne de bonnes réponses, on voit une vague de Khazara Bitshouva, de retour spirituel absolument incroyable. Donc, ne venons pas dire aujourd'hui que la situation est terrible. La situation peut encore s'améliorer, bien sûr, mais elle est d'ores et déjà fantastique. Nous sommes aujourd'hui en train de nous poser la question: est-ce que, halakhiquement parlant, nous sommes en état de galout ?
Eh bien, d'après le Maharal, on va voir si les trois conditions pour être en état de Gueoula sont réunies. D'abord, est-ce que nous sommes revenus en Israël ? La réponse est évidente: oui. Donc ça, je le mets de côté, c'est réglé. Est-ce qu'on est réunis ? Vous allez me dire: non, tout le peuple juif n'est pas en Israël.
Et je vous répondrais: zehanaḥon, tout le peuple juif n'est pas en Israël. Mais, d'abord, on est pratiquement arrivé à plus de la moitié du peuple juif en Israël. Malheureusement, pour de mauvaises raisons: plus à cause de l'assimilation que grâce à l'Aliya. Mais dans les faits, on a pratiquement passé la …
Cours d'Orot veKelim
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