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Le barbecue de Yom HaAtsmaout et la manne du désert

Pourquoi le mangal est une demande de viande des Bné Israël, et ce que Moshé y répond.

1 h 25

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Yom HaAtsmaout, de la Galout à la Gueoula, 48 min

En bref

Le cours part d'une plaisanterie sur le barbecue de Yom HaAtzmaout pour poser une question sérieuse : pourquoi les Bné Israël ont-ils demandé de la viande dans le désert, et pourquoi cette demande était-elle illégitime alors qu'elle devient légitime à l'époque de la Gueoula ? Le Rav s'appuie sur le midrash de la manne, sur la chutzpah, sur les korbanot (notamment le korban Toda) et sur le Rav Kook pour montrer que l'acte de manger, quand il s'accompagne de reconnaissance envers HaKadosh Baroukh Hou, prend une dimension de réparation de la faute d'Adam Harishon. Il conclut que faire un mangal à Yom HaAtzmaout peut devenir un acte de remerciement fondé sur la kavanah.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Un barbecue ultime

Ce matin, je suis très content de passer d'un cours un peu plus lourd, puisque nous parlions de Yom HaZikaron, à quelque chose de plus festif avec Yom HaAtzmaout. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de barbecue ? Je vais dire une phrase maintenant, et elle va certainement vous faire sourire. Elle porte un petit peu à l'amusement. Mais je suis persuadé que, d'ici 50 ans, 100 ans, ce sera une réalité, ce que je vais vous dire maintenant.

Viendra un temps où, dans les sidourim des mekoubalim, il y aura une tefila meyouhedet, lifné akhilat apargit, beyoma atmaout. Et il y aura un leshem yichoud très particulier à faire. Et il y aura une makhloket entre les mekoubalim achkenazim et les mekoubalim sefaradim: est-ce qu'on met d'abord le bakar et ensuite le poulet, ou est-ce qu'on met d'abord le poulet et ensuite le bakar ? Cela nous fait rire. Mais, franchement, dans la tradition juive, on a vu des tefilot pour des choses qui ont l'air beaucoup plus absurdes que cela.

Donc je suis persuadé que viendra un jour où le mangal de Yom HaAtzmaout ne sera pas seulement un minhag sympathique, mais quelque chose de clairement établi dans les lois de la halakha et dans les kavanot de la kabbale. Alors, maintenant que je dis cela, essayons de rentrer un peu pour voir de quoi on parle. Qu'est-ce que c'est que ce barbecue ultime ? Depuis quand y a-t-il le minhag ? J'ai envie de dire: depuis toujours.

## Une tradition ancienne

Depuis toujours, cela ne veut pas dire depuis 1948. Depuis toujours, lorsque Am Israël a voulu exprimer son indépendance, exprimer le fait qu'il était maître de lui-même, il a voulu manger de la viande. Quand je dis depuis toujours, je nous fais remonter dans le désert, avec mon cher Abéno.

## Dans le désert

Nous sommes sortis d'Égypte. HaKadosh Baroukh Hou nous donne à manger. Il nous donne la manne. Tov, yesh femeot, c'est sympa, la manne. La manne, nous disent nos sages dans le midrash, pouvait prendre tous les goûts qu'on voulait. Donc on pouvait faire un sandwich à la manne goût barbecue.

Seulement, à un moment donné, les Bné Israël en ont assez de la manne, et ils disent: ça suffit, la manne. Dans la paracha de Béhaalotekha, dans le livre de Bamidbar, lorsque les Bné Israël demandent de la viande à Moshé, c'est le seul moment de la vie de Moshé Rabbénou où notre dirigeant s'effondre. Pourtant, il en a vu des vertes et des pas mûres avec les Bné Israël. Chaque fois qu'on a poussé notre maître à bout, il ne s'est pas énervé. Il est resté maître de la situation. Et même quand il s'est énervé, c'était bé-kilou, et il savait toujours quoi faire. Quand il ne savait pas quoi faire, il demandait à Dieu, très calmement.

Alors que les Bné Israël ont demandé de la viande. Je tiens à le préciser: ils n'ont pas demandé de la viande de porc. Ils ont demandé de la viande kachère, ha-ame adrine, arav marpoud, arav landoa, eda kharedit. C'était super kacher, ce qu'ils voulaient. Ils voulaient juste de la viande. Manger de la viande, c'est moutarde.

Lorsqu'ils demandent de la viande, on ne voit donc pas là une demande complètement terrible. Je vous rappelle quand même qu'il n'y a pas si longtemps, ils ont fait le veador, qui est interdit. Et quand ils ont fait le veador, Moshé savait très bien comment réagir. Là, ils demandent de la viande. Réaction de Moshé: il vient voir Dieu et lui dit que la coupe est pleine, tue-moi. Ce n'est pas une blague. Moshé demande à Dieu: horgéni na, ima tatsitakhen ben ékha. Tue-moi, je n'en peux plus, c'est trop, c'est trop. Tue-moi, parce qu'ils ont demandé de la viande.

## La chutzpah

Moshé Rabbénou est tout à fait conscient de ce qu'ils sont en train de demander. Comprenez-moi bien. Premièrement, ils ont de la manne, et ils demandent autre chose que la manne. Ils ont une nourriture céleste, et ils demandent autre chose. Ils sont sortis d'Égypte avec leurs troupeaux. Pourquoi embêter Moshé et Dieu ? Qu'est-ce qui se passe ici ? C'est ce qu'on appelle de la chutzpah.

Le Sefer HaZohar nous dit: chutzpah zemal chuta belataga. C'est une royauté sans couronne. Toutes les personnes qui ont des adolescents à la maison, et qui se rappellent elles-mêmes d'avoir été adolescentes, savent ce que c'est que la chutzpah.

Par exemple, une jeune fille de 13 ans, qui se trouve être ma fille, m'a demandé, après être rentrée à 18h alors qu'elle devait rentrer à 17h, si elle pouvait ressortir avec une copine. Dans ma grande mansuétude, je lui ai dit: d'accord, mais à 18h45, tu es là. À 18h39, elle m'appelle et me dit: papa, je peux rentrer à 19h et pas à 18h45 ? Je lui dis d'accord. Elle arrive à 19h12. Et la première chose qu'elle me demande, c'est si le lendemain elle peut aller dormir chez une copine. Je lui ai répondu que non. À ce moment-là, je suis devenu l'être le plus ignoble de l'histoire de l'humanité. Je lui ai dit: il faut prendre des responsabilités. Et là, j'ai eu droit à tout. « Mais c'est pas de la chutzpah ! »

## Ressembler à Dieu

Dommage que les Hébreux n'aient pas pris les habitudes du pays: les Égyptiens étaient végétariens. Oui, mais, mon ami, moi je pense que les Bné Israël étaient imprégnés de culture thoranique, et qu'ils voulaient tout simplement ressembler à Dieu.

Le problème, c'est que tu ne sais pas si ce que je vais dire maintenant, je le pense, ou si c'est une plaisanterie. Donc ce sera à toi de décider. Mais je pense que les Bné Israël voulaient ressembler à Dieu. Dès le début de l'histoire, deux personnes ont fait les deux premiers korbanot de l'histoire. L'un a apporté un korban végétal, l'autre un korban animal. Caïn a apporté des fruits, Hével a apporté de ses troupeaux. Et Dieu a préféré le barbecue, plutôt que la salade de fruits. Je me dis donc que les Bné Israël ont voulu ressembler aux Créateurs. Mahou rahoum, afata rahoum, mahou chanoun, afata chanoun, mahou oev mangal, gamata oev mangal.

Donc, lorsque les Bné Israël demandent de la viande, c'est de la chutzpah, et Moshé le sait. Le problème, c'est qu'il n'arrive pas à gérer cette chutzpah. Pourquoi ? Parce que Moshé est Rabbénou. Moshé nous enseigne la Torah. Or, quand on enseigne la Torah, on a besoin de boshet panim, on a besoin d'humilité, de hanava. Moshé hanav meod.

Moshé, nous dit le Rav Kook dans le Chemonah Kevatsim, dans le kobetz numéro 8, n'arrive pas à éclairer la chutzpah. Ça, ce sera le travail du Machiah. Le Machiah vient de la chutzpah, puisque l'ancêtre du Machiah, c'est Moav, le fils de Lot et de sa fille. Elle non seulement couche avec son père, mais en plus elle le dit à tout le monde, puisqu'elle appelle son fils Moav, mé-av de papa. En …

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