Les guerres d'Israël, nettoyage du monde et mission nationale
Le Rav Altar relie les guerres d'Israël à la délivrance, à la mission divine et à la nation plutôt qu'à l'individu.
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Ensuite : Yom HaAtsmaout, fête venue du bas vers le haut, 55 min
En bref
Le Rav développe, le jour de Yom HaZikaron, l'idée que le peuple d'Israël a été choisi avant la création pour porter la lumière divine dans l'histoire humaine, et que la Torah lui est donnée à ce titre. Il explique que les guerres d'Israël, face à l'Egypte et à Amalek, sont des guerres de libération qui visent à faire disparaître la guerre elle-même, et s'inscrivent dans la Gueoula. Il conclut que le soldat agit en porte-parole de la nation et non en individu, ce qui fonde à ses yeux la dignité éthique de Tsahal.
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Quoi de plus approprié, en ce jour de Yom HaZikaron, pour les soldats d'Israël qui se sont battus et qui se battent encore pour notre peuple, pour notre nation et pour notre terre, que de traiter de ce sujet central dans le judaïsme et, d'une manière générale, dans le monde: je veux parler des guerres.
Avant de parler des guerres, il faut comprendre que le peuple d'Israël a été choisi. La Torah est une prophétie qui nous vient du ciel, et la Torah nous précise qu'elle a été donnée, puisque c'est le récit de la Torah, au peuple d'Israël seulement. Autrement dit, le peuple d'Israël a été choisi pour dévoiler l'éthique divine dans ce monde. Je ne parle pas d'un choix qui a été fait après la création du monde; je parle bien d'un choix qui a été réalisé avant la création du monde. Je
veux dire par là que le choix était de créer une forme de vie telle que l'appelle Rabbi Akiva: Chaya Akhat, Omedet Be'em Tzaharakia. Cette forme de vie qui sera capable… ce peuple d'Israël. Un peuple vivant, existant, une réalité terrestre, qui n'a pas de valeurs superflues ni de valeurs volatiles, et qui n'a aucun rapport avec… Vous êtes toujours avec moi ? Le Rav, c'est bon, il y a eu un… ça a bugué, mais là, c'est bon. Ok. Cette forme de vie, donc, Israël, a les capacités de
base pour traduire, pour être le verbe, pour être le porte-parole de ces valeurs de Dieu sur Terre.
Et donc, l'histoire d'Israël, toute l'histoire d'Israël, c'est en réalité ni plus ni moins que l'histoire du projet divin sur Terre. Le projet divin se projette, comme une projection, au travers du peuple d'Israël, qui va être porteur de ce message, pour l'humanité et pour l'univers tout entier.
Le peuple d'Israël se dresse donc au centre même de l'histoire humaine. Je rappelle cette braïta que j'ai citée tout à l'heure: Chaya Akhat Omedet Be'em Tzaharakia. Cette forme de vie, nous dit Rabbi Akiva, se trouve au centre même de tout l'édifice de la création. Le Kuzari nous dit que cette forme de vie, appelée Israël, est le cœur de l'humanité.
Et comme le cœur, dans le corps humain, fait circuler le sang jusqu'aux plus petits membres de ce corps, eh bien Israël est le peuple capable de véhiculer le sang divin, entre guillemets, à travers l'humanité tout entière. Dans ce sang, qui est le sang divin, qui est le sang de l'esprit de l'Infini béni soit-Il, se trouve la vie avant tout, se trouve le bien, se trouve la droiture, se trouve l'équité, se trouve la justice et toutes les valeurs de ce monde: la beauté, l'amour, et ainsi de suite. C'est de cette manière que le monde avance vers la complétude.
Et ils se complètent au fur et à mesure. Ce n'est pas une soumission qu'Israël propose aux nations du monde, mais une libération: une libération de toutes les nations du monde, de toutes les formes d'empêchement qui font obstacle entre ce monde et les valeurs de l'Infini, que le peuple d'Israël a donc été créé pour porter.
Je suis en train de vous dire qu'en réalité, le peuple d'Israël doit jouer un rôle dans l'histoire humaine: faire monter toute l'humanité vers son véritable niveau, inscrit dans le projet divin. Le problème, c'est que dans ce projet divin, et dans tout ce travail qu'Israël doit fournir dans le monde, il y a…
Des obstacles. Des obstacles qui font partie intégrante de cette création et de tout ce projet divin. Je viens d'introduire à l'instant la notion de Touma, que vous traduisez par « impureté », alors qu'en réalité il s'agit d'étouffement. Il s'agit de donner une force hermétique qui ne laisse pas passer la lumière divine à travers le peuple d'Israël.
Le modèle initial de ce blocage, c'est l'Égypte. L'Égypte, c'est en réalité, au-delà d'un peuple, au-delà d'un pays, au-delà d'une terre, une approche matérialiste, circulaire, parce qu'elle est sous forme d'un cercle lié à la nature, qui, elle aussi, est soumise au temps. Esclave de la matière, esclave de tout ce qui est lié au monde naturel, relié, selon nos kabbalistes, au chiffre 7.
Et puis voici qu'arrive un peuple, le peuple d'Israël, qui est lui lié au chiffre 8, à l'au-delà, parce qu'il représente cet au-delà. N'oubliez pas qu'il a été créé pour dévoiler les valeurs de cet au-delà au monde tout entier. La sortie d'Égypte, donc, la sortie d'Israël hors d'Égypte, c'est la libération première de cet être capable de dépasser la nature humaine, de dépasser les lois naturelles inhérentes à la création. Un peuple qui est porteur du chiffre 8.
En hébreu, Choumné est égal au terme de neshama. Il y a donc une preuve que non seulement il existe une force supérieure à la nature, puisque nous pouvons dépasser les lois de la nature, mais qu'en même temps cette force surnaturelle est venue, d'une manière extraordinaire, prendre un peuple, le peuple qui a été choisi pour devenir le porte-parole de l'Infini dans l'histoire humaine.
Ce peuple-là est sorti d'Égypte. On le fait sortir d'Égypte pour le mettre en place sur le podium de l'histoire. C'est ce peuple-là qui va commencer à raconter l'Infini, béni soit-Il, dans notre vie. Ceux qui vivent à cette hauteur goûtent la libération. Ceux qui ne sont pas capables de vivre à cette hauteur ne peuvent pas sortir d'Égypte, ni à l'époque ni aujourd'hui.
La tension qui règne entre Israël, chiffre 8, au-delà de la nature, porte-parole de l'absolu béni soit-Il, et l'Égypte, de l'autre côté, qui représente la nature, qui représente les lois, qui représente la fermeture, qui représente l'esclavage: cette tension entre ces deux pôles, c'est ce qui va engendrer les guerres d'une manière générale dans le monde.
Et les guerres d'Israël, vous êtes en train de le comprendre, puisque c'est le sujet que nous traitons aujourd'hui, ce sont en réalité des guerres du bien contre le mal, de la liberté contre l'esclavage, de la lumière contre les ténèbres. Les guerres d'Israël viennent, et il faut bien l'entendre et bien le comprendre, pour une seule chose: annuler les guerres. Elles ne viennent pas pour maintenir les guerres dans ce monde. Les guerres d'Israël sont anti-guerres. Elles viennent pour annuler la notion même de guerre, à condition qu'il y ait une acceptation de cette loi divine qui gère l'humanité tout entière.
Ces guerres, donc, dont nous sommes en réalité porteurs du message divin, toutes les guerres que mène le peuple d'Israël durant son histoire, ce sont des guerres de la justice divine contre l'invention néfaste de certaines nations du monde. Je voudrais inscrire en réalité toutes les guerres d'Israël dans la notion de Gueoula, dans la notion de libération.
La Guemara, dans le traité de Megillah, à la page 17b, nous dit quelque chose d'extraordinaire. Dans la Amida, que nous avons l'habitude de prier, il y a dix-huit bénédictions.
Il y en a dix-neuf, mais peu importe. Dix-huit. Ces dix-huit bénédictions sont placées les unes après les autres. À la septième position, il y a la bénédiction correspondant à la Gueoula, à la rédemption, à …
Cours d'Orot veKelim
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