Le testament de Yehoshua et la Torah en Erets Israël
Le chapitre 23 : pourquoi la Torah et les mitsvot prennent toute leur force en Erets Israël, et ce qu'elles dévoilent au monde.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : L'alliance de Shechem et le choix de servir Hachem, 55 min
En bref
Le Rav Eytan Fiszon reprend l'étude du livre de Yehoshua par les deux derniers chapitres, qui forment la conclusion du livre. Il montre que Yehoshua n'est pas seulement l'élève de Moshe mais son continuateur, et que la fin du livre clôt la période de la Torah ouverte avec le Pentateuque. Il s'arrête sur le testament de Yehoshua, qui rappelle que la conquête de la terre et son implantation ont été rendues possibles par l'intervention de HaKadosh Baroukh Hou, et que cette terre doit servir à faire connaître la volonté divine au monde.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture de la nouvelle année
Bonjour à tous. On vous demande de fermer les micros; on les rallumera pendant les quinze dernières minutes pour les questions. Quel plaisir de vous retrouver ce matin pour relancer cette année de yeshiva. Je ne sais pas trop que répondre: vous nous avez tous manqué, et nous sommes très heureux de nous retrouver pour une nouvelle année de nouvelles aventures, et beaucoup plus que ce que vous croyez. On ne peut pas en dire plus pour l'instant.
On agit sous le sceau du secret, parce que c'est Torah Tassoud, les secrets de la Torah. Mais Bezrat Hachem, vous avez reçu un programme avec deux jours d'études extraordinaires, et ne croyez pas que ça va s'arrêter là. Je ne peux pas en dire plus. Eh bien, les amis, nous sommes dans le livre de Yehoshua.
Je rappelle que j'avais fait une proposition avant la pause estivale, qui n'a pas été retenue par le haut conseil de Mohed Seth Rahmet à Doroth, parce que vous deviez tous partir en vacances. J'ai donc étudié tout seul les chapitres 23 et 24.
Je ne vous en ferai pas profiter. Non, je plaisante, évidemment ! Les amis, nous reprenons notre étude du livre de Yehoshua. Nous sommes aux deux derniers chapitres du livre, perek kaf-guimel. Il est peut-être finalement préférable que nous nous soyons arrêtés là où nous nous sommes arrêtés, après le petit-déjeuner extraordinaire, parce que cela va nous permettre de terminer le livre de Yehoshua avant les fêtes.
J'imagine que juste avant les fêtes, nous ferons aussi une étude liée aux fêtes. On peut donc se dire qu'après les fêtes, ce sera la vraie deuxième rentrée, et nous commencerons très certainement le livre des Chofetim juste après les fêtes. Toutes les introductions sont terminées, on y va. Chapitre 23 du livre de Yehoshua. Comme cela fait quand même deux mois que nous ne nous sommes pas vus…
Qu'avons-nous dit à la fin du chapitre 22 ? Sur quoi avons-nous laissé Yehoshua ? Le livre de Yehoshua peut se diviser en trois grandes parties, mais je dirais même quatre. Il y a l'introduction, dans les deux premiers chapitres, où l'on met en place le rôle de Yehoshua comme successeur de Moshé.
Ensuite, il y a la première grande partie du livre, qui va du chapitre 3 au chapitre 11 — on peut dire que le chapitre 11 sert de conclusion — et qui fait état de la conquête de la terre d'Israël. Donc du chapitre 3 au chapitre 12, nous avons la conquête de la terre d'Israël. Le chapitre 12 se termine sur la liste des rois battus par Yehoshua.
Et ensuite, du chapitre 13 au chapitre 22, nous avons ce qu'on appelle la hitnahalout, c'est-à-dire la prise de possession de sa terre par chaque tribu. On a expliqué quel était l'endroit donné à chaque tribu, comment chacune a pris possession de son lieu, et on a terminé au chapitre 22. Juste avant la pause, nous avons fini avec la fameuse histoire des tribus de Reouven, de Gad et de la moitié de la tribu de Ménashé, qui se sont installées de l'autre côté du Jourdain après avoir rempli leur mission, et il y a eu la grande crainte de savoir si elles allaient rester rattachées au peuple juif ou non.
Nous entamons aujourd'hui les deux derniers chapitres du livre, qui forment la conclusion du livre de Yehoshua.
Sept ans de kibboutz, sept ans de conquête du pays, et sept ans d'implantation: quatorze années de guerre. Quand on suit nos deux ans de guerre à Gaza, il n'en reste plus que douze. Voilà, c'est réglé. Non, j'espère que ce sera beaucoup plus rapide, bien évidemment. En tout cas, à l'époque de Yehoshua, quatorze ans: sept ans de conquête, sept ans de yitnahalou.
La question est la suivante, et nous y avons déjà répondu. Si on a conquis toute la terre d'Israël en sept ans, pourquoi faut-il encore sept ans de hitnahalout ? Pendant cette hitnahalout, les Bné Israël vont devoir faire face à d'autres ennemis. Si l'on a déjà conquis le pays, c'est parce que la conquête de Yehoshua, durant les sept premières années, est une conquête générale du pays, et que maintenant il y a des poches de résistance dans chaque endroit.
C'est pour cela que chaque tribu va parfois avoir beaucoup de mal à s'implanter concrètement. Donc sept ans de conquête et sept ans d'implantation. Nous arrivons donc au chapitre 23: Vayehi.
Ah, mais ça, c'est un problème. Vous vous rappelez que le Talmud nous a appris que là où il est écrit Vayehi, c'est un langage de malheur. Le Talmud, dans le traité Megilla, nous dit que là où il est écrit Vayehi bimei, « et il advint en ces jours-là », c'est sûr que c'est un malheur. Mais lorsqu'il est écrit seulement Vayehi, cela peut être un malheur comme cela peut être un bonheur. Sauf que, ici, c'est un malheur.
De quoi parle-t-on ? D'abord, rappelez-vous ce que vous connaissez certainement par cœur. Je fais juste une piqûre de rappel: pourquoi le Talmud a-t-il créé le concept du vav hippouh, le vav conversif ? Je vois derrière David les livres des éditions Vav. Est-ce qu'il s'agit du vav qui relie le ciel et la terre ? Je pense que oui. Mais il existe un autre vav dans l'hébreu, appelé vav conversif. Il transforme un futur en passé, ou un passé en futur. Yehi est un futur: cela veut dire « ce sera ». Vayehi devient un passé: « et ce fut ». Et ce n'est pas « et », c'est simplement « ce fut ». À l'inverse, Haya est un passé, « c'était », et véhaya est un futur, « cela sera ».
Le Talmud dit donc que Vayehi est un malheur, Véhaya est une joie. Avant de savoir ce qui est écrit après, la question est: pourquoi l'un représente-t-il un malheur et l'autre une joie ? C'est très simple. Le passé, il est passé. Qu'il soit porteur de souvenirs positifs ou négatifs, il est fini.
Qu'est-ce que la hitnahalout ? Voilà une bonne question, mais elle a cinq minutes de retard. Je vais répondre. La hitnahalout, c'est l'implantation: le moment où chaque tribu prend possession de sa nahala. La nahala, c'est le lopin de terre qui a été donné par HaKadosh Baroukh Hou. Quand on parle aujourd'hui en hébreu moderne des hitnahalouyot, des implantations, cela vient de ce terme de nahala, le lopin de terre donné par HaKadosh Baroukh Hou.
Je reviens à notre histoire, Yehi et Vayehi. Le passé est passé, et il est donc porteur de souvenirs. Mais que ces souvenirs soient bons ou mauvais, on ne peut plus rien y faire: c'est figé. Si ce sont de bons souvenirs, cela évoque en moi une certaine nostalgie, et parfois une tristesse de savoir que c'est passé. Et si ce sont de mauvais souvenirs, cela me ronge de savoir que c'était mauvais et que c'est fini, et qu'on ne peut pas changer. Donc le passé est porteur, de manière générale, de sentiments assez tristes.
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