La brit milah et l'entrée en terre d'Israël
Pourquoi Yehoshua fait circoncire le peuple avant le premier Pessah en Erets Israël, et ce que dit la halakha sur la bénédiction.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : L'ange à l'épée nue devant Jéricho, 57 min
En bref
Le Rav Eytan Fiszon commente Yehoshua chapitre 5 : après le passage du Jourdain, Yehoshua fait circoncire tout le peuple à Guilgal, ce qui met fin à la honte de l'Égypte et permet la première Pessa'h en terre d'Israël. Il explique pourquoi la brit milah relie le peuple à la terre d'Israël, pourquoi Moshe n'avait pas circoncis son fils, et pourquoi la pleine entrée dans le pays se marque par la consommation de la récolte locale. Le cours aborde aussi la règle de cacheroute sur le lait et le miel, ce qui fait de ces deux produits l'image de la terre.
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Et bien, Shalom l'kulam, Boker Tov, Shavouot Tov, Chodesh Tov. Voilà, tous les Tov possibles et imaginables. Et voilà, on attend impatiemment le texte. Il y a fait. Mais nous sommes donc dans notre étude du livre de Yehoshua, et nous sommes au Perek Dalet, chapitre 4, du livre de… Yehoshua, chapitre 5. On ne m'a pas appelé plus tôt. Ah non, chapitre 5. Autant pour moi. Ok, on est arrivés là ? Bisoukha. D'accord. Bel seder, yapi. Bel seder, gam. Eh bien, les amis, Bogartov le Ghoulam, on y va, c'est parti. Péréchit ! Donc dans le livre de Yehoshua. Vayehi ! Kishmoa !
Alors, évidemment… L'entrée des Bné Israël en terre d'Israël, en passant le Jourdain, qui s'est ouvert miraculeusement, ça fait… ben, ça fait un sacré truc ! Évidemment, pour ce qui est des peuples de la région, vous imaginez bien qu'ils se disent: « Les carottes sont cuites. » Maintenant, il y a dix peuples en Canaan, Amamek Nahan, ce sont dix peuples. Or…
On va revoir très souvent dans le livre de Yehoshua et de Shoftim deux représentants principaux, à savoir les Émorites et les Cananéens. Pourquoi est-ce que ce sont principalement ces deux peuples qu'on retrouve ? Tout simplement parce que, un, c'étaient les deux plus puissants dans la région, et c'étaient surtout ceux qui dominaient les montagnes et la plaine. La plaine, c'est pour les Cananéens.
Et les montagnes de Judée et de Hévron, c'est pour les Émoréens. Hémor, Hémori, Hémarata: c'est une dimension de grandeur. Donc les Émoréens sont dans la montagne, alors que le Kena'ani, Kéna'an, Kniya, soumission, est en bas, en contrebas. Maintenant…
Évidemment, Va'éma'as levavam ? Déjà, lorsque les deux explorateurs sont arrivés chez Rahav, on avait vu qu'elle leur dit: nous n'avons aucune chance, on le sait, on a tous très peur de vous. Donc là, il s'agit d'imprimer dans le cœur de nos ennemis une terreur avant l'heure. C'est ce qu'on appelle la guerre psychologique. La guerre psychologique montre que…
Avant même de commencer, on est beaucoup plus fort. C'est quelque chose qui n'a pas à changer. Quand tu veux faire la guerre, le meilleur moyen de limiter les pertes humaines, c'est, eh bien, de faire le show avant que ça commence: montrer ta puissance, de sorte que ton ennemi n'ait pas envie de se battre. Ça va un tout petit peu marcher ici, on le verra plus tard.
Avec l'histoire des Guivéonim et l'histoire des Girgachi, mais ça, on le verra plus tard. Nous entrons donc en Israël, mais nous avons un énorme problème. Nous sommes en Israël, alors que nous traînons avec nous Hérpat Mitsraïm. Nous traînons avec nous la… comment dire… Hérpa, le… Hérpa, c'est… La honte ? Comment tu dis ? La honte ?
Ouais, ouais, très bien. La honte de l'Égypte avec nous. C'est quoi, cette honte de l'Égypte ? Eh bien, regardez, on y va. Il va falloir que Yehoshua fasse la brit milah à tout le monde. Ma ? Ma kara ? Pourquoi ?
Alors, de quoi on parle ?
Il va falloir qu'on se pose deux secondes là-dessus. La brit milah, son rôle, il est double. Le premier, c'est de montrer mon appartenance au peuple d'Abraham, et également d'être l'outil qui peut recevoir la promesse d'HaKadosh Baroukh Hou de la terre d'Israël. Rappelez-vous que la brit milah…
C'est une brit, donc c'est donnant-donnant, c'est une alliance. Dieu nous a dit: vous vous coupez un petit bout, et moi je vous donne un gros bout. C'est ça, le deal. D'après le livre de Béréchit, ce qu'il a dit à Abraham, c'est: si vous faites la brit milah, alors je vous donnerai Erets Knaan. Donc évidemment, c'est un comble de rentrer en Erets Knaan sans avoir fait la brit milah. Alors on va revenir sur pourquoi on n'est pas mahoul, mais dans deux secondes. Chez les Ashkenazim, il y a une halakha très particulière: lorsqu'on fait la brit milah en dehors d'Israël, on ne dit pas la bracha de Chéhé'héyanou, qui dit: Chéhé'héyanou vé'kiyémanou vé'higuiyanou lazman hazé, on remercie Dieu qui nous a permis d'arriver à ce moment-là. Maintenant, pourquoi ne fait-on pas cette bracha-là ? Nous dit la halakha: biglal tsaara de yanouka, à cause de la douleur du bébé.
Tu es en train de faire une opération chirurgicale au bébé, le bébé pleure, il a mal, et toi, tu vas dire une bracha, tu es heureux ? Donc on comprend pourquoi on ne dit pas. Le problème, c'est: comment ça se fait qu'on la dit quand on est en Israël ? Parce que, ben, ça vaut le coup. Le bébé pleure, mais il hérite de la terre d'Israël, donc ça vaut le coup. Mais quand tu es à Paris, tu pleures juste, tu n'hérites de rien. Donc c'est pour ça qu'on ne dit pas la bracha.
Chez les Séfaradim, on dit quand même la bracha tout le temps, parce qu'on se dit: OK, pour l'instant il n'hérite pas, mais il héritera. En tout cas, l'idée, c'est que la brit milah me connecte directement avec la terre d'Israël. La brit milah, et ça, c'est quelque chose qui n'est pas directement lié avec ce qu'on lit là maintenant, mais quand même: d'où vient l'ordre, pour nous, de faire la brit milah ? C'est-à-dire…
D'où est-on obligé de faire la brit milah ? Est-ce qu'il s'agit d'une obligation qui vient d'Abraham ? Eh bien, la réponse est non. Nous connaissons tous l'histoire d'Abraham, je viens de la rappeler: Dieu lui a fait une promesse, ce que tu veux. Mais l'obligation pour moi de faire la brit milah à mon fils, elle nous vient du livre de Vayikra, dans la paracha de Tazria. Là-bas, dans le livre de Vayikra, paracha de Tazria, il y a un verset qui dit:
« Et le huitième jour de la naissance du bébé, tu devras lui faire l'orla de mila. » Cette phrase-là vient de Moshé Rabbénou. Et ça, c'est un concept fondamental. La Torah est le seul élément qui est mechaïev pour moi. C'est la seule révélation qui fait force de loi pour moi. L'histoire des patriarches…
Ne fait force de loi que parce qu'elle a été rapportée dans la Torah. Avant la Torah, Abraham a fait la brit milah à son fils. Yitzhak l'a faite à Yaakov, et Yaakov l'a certainement faite à ses enfants. Mais c'était du domaine, j'ai envie de te dire, du minhag, de la mitsva qu'ils ont reçue de leur père. Ce n'est pas encore ce qui va me rendre moi obligé. Ce qui me rend moi obligé, c'est que Moshé…
Moïse, dans la Torah, m'a redonné la mitsva de faire la brit milah. Ok ? Et donc, maintenant qu'on a dit ça, la brit milah, c'est le véritable moyen de me connecter avec le peuple juif. Entre parenthèses: à l'époque du Second Temple, après l'histoire de Hanouka, et une fois que le peuple juif avait retrouvé de sa grandeur, il y avait beaucoup de gens, y compris dans l'Empire romain,
Cours d'Orot veKelim
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