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Avoir un maître et trancher les doutes

Pirké Avot 1,6 : se choisir un maître pour lever ses doutes, et le piège des paroles inutiles.

45 min

Rav Shaoul David Botschko

Ensuite : Interroger les témoins sans les piéger, selon Pirké Avot, 44 min

En bref

Le Rav Shaoul David Botschko revient sur les premières mishnayot du chapitre 1 de Pirkei Avot : il explique que la mishna sur l'accueil de chacun avec un visage souriant doit se comprendre dans son sens moral et non seulement halakhique, puis que la mishna « Assé lecha rav » impose de se choisir un maître et de consulter d'autres sages pour trancher ses doutes, y compris Rabban Gamliel et l'exemple de Rava. Il commente ensuite la mishna sur le silence face aux insultes et la mesure dans la parole, en s'appuyant sur Rabbeinou Bekhaye et le Rambam, avant d'aborder la mishna des trois piliers du monde (din, emet, shalom) et l'équilibre entre justice stricte et compromis.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Chavoua tov, chavoua tov à tous, et bonne santé à tous. Un peu de soleil, un beau soleil maintenant ici. Et, Rav, si vous me le permettez, j'avais une question liée à ce qu'on a étudié la semaine dernière.

— Avec plaisir.

— On avait parlé de la Michna. Le Rav avait fait un lien, alors je vais ouvrir la Michna pour que ce soit plus clair, dans le texte.

On avait vu donc Chammaï qui dit: « Assez... Trakevra, morméat, trassé, herbé, vé'hevé mekabel et kol adam b'sever panim yafot ». Le Rav avait expliqué que « sever panim yafot », le Rav le reliait tout le temps au Kacharout. Voilà, je venais juger du bon côté. Rav, je me trompe ou… ? Je me rappelle plus ce que j'ai dit la semaine dernière, mais ce n'est pas ça, le pchat. « Vehevé mekabel et kol adam b'sever panim yafot », ça veut dire que…

Lorsque quelqu'un vient, eh bien, il faut être gentil avec lui, il faut l'accueillir avec douceur. Et nos sages disent que si on donne la tsedaka, mais en jetant l'argent sans dire un gentil mot, eh bien, on n'a pas fait la mitsva. Je ne me rappelle plus exactement ce que j'ai dit la semaine dernière. J'ai peut-être dit une bêtise, ça peut arriver. Et peut-être que j'ai expliqué parce que…

Je comprends maintenant pourquoi j'ai peut-être dit ça. Parce que Chammaï lui-même, les trois guerim, les trois personnes qui voulaient se convertir, il les a renvoyés. Parce qu'ils ont dit des choses qu'il ne fallait pas dire. Peut-être que s'il avait été dans la Kapschroud, comme il va le faire plus tard…

Je pensais que les intentions dévoilées de ces guerim n'étaient pas les plus généreuses. L'un voulait devenir grand prêtre, l'autre voulait apprendre la Torah sur un pied, et le troisième voulait dire que la Torah écrite n'est pas la Torah orale. Donc il ne les a pas acceptés gentiment. C'est pour ça que j'ai expliqué que Chammaï veut accueillir tout le monde gentiment, et que ce ne sont pas ceux qui se moquent de la Torah.

Et peut-être que s'il avait été dans cette disposition, en pensant que quelqu'un qui dit quelque chose… Vous savez, c'est important, cette idée: des gens disent parfois une bêtise, quelque chose qu'il ne faut pas dire. On a alors l'impression de juger tout de suite l'homme à cause de la chose qu'il a dite, comme si la chose qu'il a dite, c'était lui-même.

Non, ce n'est pas ça. C'est ce qu'Hillel avait compris avec ces trois guerim. Mais le pchat de la Michna, vous avez raison. Vous avez mekabel et kol ha adam. Voilà, c'est marqué et kol ha adam. J'avais expliqué qu'il y avait kol ha adam dans le sens de kavsaru. C'est ce kol ha adam, voir l'homme dans son entité et non pas une partie, qui m'a amené à expliquer comme ça.

Mais bien entendu, le sens littéral, c'est de recevoir chacun, surtout lorsqu'on donne la tsedaka, lorsqu'on aide quelqu'un, sans lui faire ressentir qu'on donne de manière hautaine. Il faut le faire avec beaucoup de gentillesse. On reçoit des invités chez soi, il faut leur dire un gros bonjour. En tout cas, merci d'avoir précisé cela.

Alors on continue: Rabban Gamliel dit: Assé lé'cha rav, ouqné lé'cha haver, ouhimanné min haspeq, ba'al tarbé assé hamadot. Alors, la première partie, on a beaucoup parlé d'une Michna précédente où c'était déjà marqué Assé lé'cha rav, ouqné lé'cha haver. Et ici, le Bartenoura explique la différence avec ce qui était là-bas.

Selon le Rambam, la signification était: « Prends-toi un rav, même quelqu'un qui n'est pas vraiment un rav, mais tu as besoin d'apprendre avec quelqu'un. Tu ne peux pas apprendre seul. » L'idée est donc: « Assé lé'cha rav, ouqné lé'cha haver », c'est-à-dire fais tout pour avoir quelqu'un avec qui apprendre, parce que lorsqu'on apprend seul, on fait des erreurs.

Ici, le Bartenoura explique: Assé lé'cha rav, on parle ici de quelqu'un qui est lui-même rav, et qui peut avoir des questions auxquelles il n'a pas de réponse. Alors, n'hésite pas à contacter quelqu'un d'autre. Regardons les mots du Bartenoura.

Il parle ici de celui qui tranche la halakha. Si une question halakhique se présente devant toi, si tu as un doute pour savoir quelle est la bonne solution, fais-toi un rav, et ainsi tu t'écartes de ton doute.

Et ne tranche pas toi-même. Il y a Rava, un très grand, l'un des plus grands de son époque, de la troisième génération d'Amoraïm. Lorsqu'on venait de lui apporter un animal pour savoir s'il était kasher ou tréfa, il a fait venir les bouchers … Il amenait tous les bouchers, qui étaient aussi des gens hachamim, qui avaient beaucoup d'expérience, pour empêcher qu'une erreur se produise. C'est ce qu'on nous dit ici: il ne faut pas être orgueilleux. Il ne faut pas hésiter à demander, à un rav, à un autre.

Peut-être que l'autre a vu quelque chose qu'il n'a pas vu, une idée qu'il n'a pas. C'est cela que Rabban Gamliel nous enseigne: cette modestie indispensable à ceux qui font la halakha, ne pas se fier uniquement à eux-mêmes. Aujourd'hui, on a un grand cadeau: on a Internet.

On a à la fois le téléphone, le mail, et on a des livres, énormément de livres, de gens qui savent, qui ont rapporté, qui aident beaucoup. Et c'est aussi une idée importante d'utiliser ces livres. D'ailleurs, dans l'introduction du Beth Israël, c'est… le nom de ces cheelot outchouvot m'échappe à l'instant.

Ils parlent de certains auteurs de cheelot outchouvot qui ont dit qu'eux ne regardent pas ce que disent les Aharonim, les rabbins des dernières générations. Ils s'occupent de la Guemara et des Rishonim pour trancher. Ils font un reproche: ce n'est pas bien ce qu'ils font, dit le Beth Israël. Car si c'est ainsi, on ne va pas regarder leur livre non plus, lui-même étant un Aharon.

Il dit: vous pouvez passer à côté de choses très importantes qu'un autre rav a écrites, et il a vu encore d'autres choses que vous n'avez pas vues. Même si vous pensez être très forts, qu'on connaît par cœur le Choulhan Aroukh, le Beth Yossef, etc. Eh bien, si tu regardes ce qu'un autre a écrit, tu peux avoir des lumières. Il s'oppose donc aux décisionnaires qui écrivent de ne pas trop se baser sur les paroles des Aharonim. Le nom de ces cheelot outchouvot m'échappe à l'instant, excusez-moi.

Et la dernière partie de la Michna: Al tarbé lé'assér amadot. Cela va dans l'idée du safek. Je vais expliquer cela. Le Tossefot Yom Tov explique cette partie de la Michna de deux manières différentes: Al tarbé lé'assér amadot. Le maasser, c'est prélever la dîme.

Vous savez que lorsqu'on a la récolte, on a des fruits. Il y a une partie qu'il faut donner au Cohen, c'est la trouma. Ensuite, après avoir donné la trouma, il faut donner le maasser richon, la première dîme, pour les Lévi'im. Les …

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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

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