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Pirké Avot 1, 11 : le danger des paroles

Rabbi Yehouda Ben Tabaï met en garde contre des paroles mal pesées, et le Rav Botschko en tire des leçons sur la mesure dans l'enseignement.

45 min

Rav Shaoul David Botschko

Ensuite : Hillel : si je ne suis que pour moi, que suis-je, 47 min

En bref

Le Rav Shaoul David Botschko commente les trois premières mishnayot du chapitre sur les paroles ambiguës et le rapport entre les paroles et l'exemple. Il montre que Antigonos de Soko a été mal compris par ses élèves, qui en ont conclu qu'il n'y a pas de récompense, et que demander au-delà des capacités des gens conduit à la chute. Il explique aussi que la paix se construit par la douceur, l'exemple et l'amour sincère des autres, et que l'étude constante de la Torah est ce qui donne sa vie au juif.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Rappel de la Michna

Chalom, chalom. Chavouot tov. Que des bonnes choses à tous. Merci. On a déjà étudié cette Michna, si je ne me trompe pas, non, on l'avait déjà vue. Nous sommes à la Michna Yehouda… Il y a un instant, on partageait. Voilà, c'est bon. Bravo.

Alors, bon Chabbat à tous. On est à la Michna 11 du premier chapitre, et on a l'enseignement d'Avtalion. On sait qu'Avtalion était, on l'a vu la dernière fois, un converti, et il était le av beit din. Son nom indique un peu cela. Av veut dire père, et Talia, en araméen, ce sont des enfants. Le père des enfants, le père des enfants d'Israël.

Il a dit: Hakhamim, hizaharou bidvarekhem, « Sages, faites attention à vos paroles », shema tehouvou hovat galout, « de peur que vous ne soyez condamnés à l'exil », oubitlou lemqom mayim haraïm, « et que vous soyez exilés vers des eaux mauvaises », et que les élèves qui viennent après vous boiront et mourront. Il s'avère alors que le Nom de Dieu sera profané.

En fait, nous avons déjà vu cette Michna au tout début, lorsque nous avons étudié la Michna 3. Il y est dit qu'il ne faut pas être comme des serviteurs qui servent leur maître pour recevoir une récompense, mais qu'il faut être comme des serviteurs qui servent Hachem Chamaïm sans attendre de récompense. Nous avons dit que cet enseignement a été pris de manière fausse par ses élèves. Ce qu'il voulait, Antigonos Issokho, c'est élever ses élèves pour que ce qu'ils font soit entièrement à la gloire d'Hachem.

Eux, ils ont compris qu'il faut agir à la gloire d'Hachem et qu'il n'y a pas de récompense. Ce qui est évidemment faux. Un des fondements du judaïsme, c'est la notion de sakhar et de ônech, de récompense et de punition, qui n'a pas toujours lieu dans ce monde-ci, qui a parfois lieu dans le monde à venir, comme nous l'explique le Ramban. C'est un fondement du judaïsme, la émouna.

Ils ont donc mal compris leurs maîtres, et c'est ce qu'Avtalion vient nous dire. Ils sont devenus ensuite des apikorsim, comment on appelle ça… des familles… des Tsedoukim et des Beïtossim, des sadducéens. C'est ce qui a amené ces quatre (?) qui se sont éloignés du judaïsme et qui ont causé beaucoup de malheur aux Rabanim, à la tradition. Il faut donc faire attention à ce que l'on dit.

J'aimerais ajouter deux choses: une que je vais exposer maintenant, et une autre, un enseignement de mon cousin, le Rav Weingort, qui a écrit un livre sur Pirké Avot, d'une très grande beauté.

Le premier enseignement: quelle était finalement l'erreur d'Antigonos Issokho ? C'est de demander au-delà de ce que les élèves peuvent faire. Il a parlé d'un idéal extraordinaire, mais qui dépasse les capacités de la plupart des hommes. En mettant la barre si haut, il a perdu. Nous savons que c'est déjà une des premières fautes de l'histoire humaine.

Lorsque Hava a dit qu'il ne fallait pas seulement ne pas manger de l'arbre, mais ne pas le toucher, le serpent, le nahach, l'a poussée vers l'arbre, elle l'a touché, et il ne lui est rien arrivé. Elle a alors conclu que ce n'était pas vrai et qu'on pouvait tout faire. Il est donc important de savoir ne pas trop demander.

Lorsqu'on demande trop, en poussant vers une khoumra qui ne convient pas à chacun, on peut ensuite arriver à l'inverse. Je me rappelle une petite histoire personnelle, il y a bien longtemps, quand j'ai commencé à ouvrir des écoles. Il y avait un Chavouot qui s'est terminé très tard à l'internat, et les élèves ont demandé à jouer au football.

Il y a une opinion dans le Choulhan Aroukh, que Rabbi Yossef Karo rapporte, selon laquelle on n'a pas le droit de jouer au ballon le Chabbat. Alors je n'ai pas permis de jouer. Mais c'était une grande erreur. Rabbi Moshe Isserlès dit que, s'il permet, tout le monde n'interdit pas. C'était une très grande erreur, car que vont faire les jeunes ? Ils ne vont pas étudier la Torah toute la journée jusqu'à onze heures du soir. Par conséquent, cela pousse les gens à faire des bêtises.

Après ce Chavouot-là, j'ai fait techouva, et j'ai acheté des tables de ping-pong et tout ce qu'il faut, qui peuvent aussi être utilisées le Chabbat et les fêtes. Car on ne peut pas demander à quelqu'un une dimension qui est au-delà de ce qu'il peut. Cela ne peut que le faire chuter. C'est ce qu'Avtalion nous enseigne: faites attention à vos paroles, n'allez pas au-delà des capacités de vos élèves.

Car, tohtou hovat galout, oubitlou lemqom mayim haraïm: vous amènerez vos enfants, vos jeunes, vos hommes, les gens qui écoutent votre parole, à tout abandonner, à aller en exil, et ainsi le Nom de Dieu sera profané. Voilà l'explication.

C'est la suite de ce que nous disent les Bartenoura. Le Bartenoura a expliqué la notion d'Antigonos Issokho, et j'ai simplement un peu développé. Mon cousin, le Rav Weingort, dans son livre, donne un autre exemple. Il parle de la mauvaise habitude, lorsqu'il arrive quelque chose, de dire: voilà, cela vous est arrivé à cause de ceci. C'est à cause du Chabbat, c'est à cause… vous avez parlé à la synagogue… de faire un lien entre ce qui arrive et la faute qui aurait précédé.

Il dit qu'on n'a pas le droit de le faire, pour deux raisons. La première: on n'en sait rien. On n'est pas prophète, on n'est pas le secrétaire du Hakadosh Baroukh Hou, pour savoir pour quelle raison telle chose est arrivée. Bien entendu, parfois on ne comprend qu'après des centaines d'années. Il faut faire une distinction entre ce que les sages nous ont dit et le reste. Pour cela, est-ce qu'il y avait le roi, le Hakohen Haguadol, est-ce qu'il y avait le Saint-Esprit ? Ils ont pu dire que le premier Temple a été détruit à cause de l'idolâtrie, des gilouï arayot, je ne sais pas comment traduire cela en français, des mauvaises conduites. Et que chefikout damim, les assassinats, et le second Beit Hamikdach à cause de la haine gratuite. Les sages peuvent le faire, mais nous ne le pouvons pas.

Ajoutons, dit-il, la différence entre le faire pour quelqu'un d'autre et le faire pour soi-même. Dans les parachiot que nous allons bientôt lire, nous voyons la vente de Yossef, puis les frères de Yossef qui arrivent en Égypte et se voient accusés d'être des espions. On connaît cela aujourd'hui dans l'actualité: quelqu'un qui a pris une photo d'un palais est accusé d'espionnage. Donc on les accuse d'être des espions. Et que disent-ils ? Hachem, mi-Manakhmou… Eh bien, nous sommes responsables. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas entendu les cris de notre frère qui nous implorait de ne pas le vendre. Aujourd'hui, ce vice-roi d'Égypte est insensible à nos cris et à nos pleurs.

Mida keneged mida, disent les frères de Yossef. Mais Yossef dit tout autre chose. Il dit: ne vous en faites pas, ce n'est pas …

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